Max Verstappen avait expliqué après l'erreur en qualification qui lui avait coûté la pole position que "les pilotes ne sont pas des robots." Lewis Hamilton l'a rejoint sur ce point après sa bourde du 31e tour, dimanche, rappelant tout simplement : "Je suis humain". On l'avait oublié, le septuple champion du monde peut commettre des erreurs.
Le film de la course
L'an dernier, il avait réalisé un sans-faute et brillé en Turquie, dans des conditions particulièrement délicates - piste sèche, froid - qui ont dominé le Grand Prix d'Emilie-Romagne, dimanche. Mais ça, c'était en 2020, à Istanbul, et il avait fait preuve de patience. Qui lui a curieusement manqué à Imola.
Grand Prix d'Émilie-Romagne
"Tu veux nous tuer ?" accuse Russell, "c'est 100% la faute de George" répond Bottas
18/04/2021 À 16:45
Par deux fois, le pilote de la W12 n°44 a été pris en défaut. Suite à son départ raté, il s'est fait coincé au milieu de la piste par les Red Bull, et Max Verstappen, infiltré à sa gauche, a viré en tête au premier virage. En rendant sa deuxième place plus précaire à travers une touchette avec la RB16B n°33 qui a détérioré son aileron avant. Toujours lancé à la poursuite du Néerlandais qui venait de lui filer sous le nez au 31e des 63 tours après son retour en piste, il s'est précipité dans le trafic. A Tosa, il a filé tout droit dans les graviers, encore cassé son aileron avant et perdu sept places en marche arrière pour se sortir du piège. Incisif, capable de contester à Max Verstappen le meilleur tour en course, il a opéré une belle remontée jusqu'à la deuxième place. Avec le point bonus du meilleur tour en poche, il a ainsi conservé sa première place au classement du championnat du monde Pilotes.

Une erreur qui a coûté 0"2 par tour

"J'ai eu un super rythme sous la pluie et je remontais, mais j'ai été un peu impatient, peut-être, avec les retardataires, a-t-il concédé. Je suis juste humain, ces erreurs peuvent donc arriver. J'étais heureux de pouvoir reprendre la course, et remonter pour finir deuxième."
"La voiture a eu des temps durs aujourd'hui, a-t-il poursuivi. J'ai démarré premier, j'aurais dû finir premier mais ces choses-là sont faites pour nous tester et nous avons une grande bataille à livrer. La partie continue !"
"Mener le Championnat du monde pour un point grâce au meilleur tour en course est une chose, mais le côté positif est que nous avons apparemment une voiture vraiment rapide en course sur le mouillé", a constaté Toto Wolff, le directeur d'équipe.
Et elle a été solide ! Avec un aileron abîmé, Lewis Hamilton a quand tenu sa deuxième place, jusqu'à menacer Max Verstappen (Red Bull), qui a cru perdre sa position de leader lors du premier arrêt au stand. "L'allure s'est améliorée quand l'extrémité de l'aileron s'est détachée mais il manquait une partie de la charge aérodynamique, qui faisait défaut, a noté Andrew Shovlin, le chef ingénieur. De là, nous avons été surpris de voir Lewis revenir sur Max vers la fin du relais (le premier) en pneus "intermédiaire". La transition vers le sec a été convenable, mais nous étions moins bons pour faire chauffer les pneus que nos rivaux, et nous n'avions pas le temps de changer l'aileron car ça allait être difficile de maintenir Max sous pression."
"L'incident du premier virage après le départ nous a coûté 0"2 par tour sur la voiture de Lewis", a précisé Toto Wolff.

"Ça vaut un 10/10"

Au 31e passage, la situation s'est donc singulièrement dégradée pour Lewis Hamilton à Tosa, puisqu'il a chuté au neuvième rang, le temps de sortir des graviers de Tosa. cassé pour de bon, l'aileron avant était la perspective de perdre plus d'une demi-minute et quelques places supplémentaires dans la pitlane la plus longue du Championnat du monde, mais l'accident de Valtteri Bottas avec George Russell (Williams), à peine un tour plus tard, a tout précipité.
"La suspension de la course nous a permis de réparer la voiture et dans le dernier relais, nous avons vu de quoi nous étions capables. Ce fut une remontée géniale de la part de Lewis (ndlr : au détriment de Sainz, Leclerc et Norris) et un impressionnant meilleur tour."
"Le pilotage de Lewis après le deuxième départ a été vraiment brillant, ça vaut un 10/10", a acquiescé Toto Wolff.
Pour ce qui est de Valtteri Bottas, le bilan fut évidemment plus sombre. Le Finlandais, qualifié de façon médiocre (8e), n'a pas existé dans des conditions qui ne l'ont jamais mis en valeur. Il était en train de se faire aspirer par George Russell quand l'espoir de Williams, qui rêve de prendre sa place l'an prochain, s'est précipité pour le dépasser, et a provoqué l'accident à Tamburello.

Bottas "particulièrement mauvais" à un moment

On sait que le Finlandais n'a pas été tendre avec le Britannique. "Cela aurait pu être pire à cette vitesse. George s'est rapproché et s'est décidé à manœuvrer, a-t-il relaté. La piste est étroite, il n'y a qu'une trajectoire sèche et il est allé à l'extérieur. Il y a toujours eu de la place pour deux voitures mais il a de toute évidence perdu le contrôle et m'a tapé. Je ne pouvais pas entendre ce qu'il avait à me dire et nous avons des points de vue différents."
"Dès le départ, j'ai eu du mal à faire mon chemin mais je dois tirer ce que je peux de positif de tout ça", a-t-il conclu. "Valtteri a trouvé plus difficile que Lewis de monter les pneus en température, il a plus galéré avec les pneus arrière. Ce fut le cas pour lui en 'intermédiaire' comme en slick, mais sur la phase de transition vers le sec c'était particulièrement mauvais."
A l'issue de cette journée contrastée, Toto Wolff a donné la feuille de route à son équipe pour les prochaines semaines en déclarant : "Nous commençons lentement à comprendre la voiture, mais selon les data nous n'avons pas encore une voiture et un groupe propulseur au niveau de la Red Bull - Honda." Max Verstappen appréciera sûrement.
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