Grand Prix de Chine 2026 | Comment Lewis Hamilton (Ferrari) est redevenu une bête de course
Par Julien Pereira
Mis à jour 18/03/2026 à 17:12 GMT+1
Il a fait le show. Dimanche, en Chine, Lewis Hamilton a décroché le premier podium de sa carrière chez Ferrari, au prix d'une longue et intense bagarre avec son coéquipier Charles Leclerc. Performant, incisif, très à l'aise avec la nouvelle réglementation, le septuple champion du monde revit après une très longue période de doutes. Et des changements bienvenus.
"Hamilton a retrouvé le plaisir de piloter, il est parti pour s'amuser pendant 4-5 ans"
Video credit: Eurosport
Deux Grands Prix lui ont suffi pour faire ce qu'il n'avait jamais réussi durant une saison entière. En Chine, Lewis Hamilton a décroché son premier podium avec Ferrari. Ce résultat, et plus encore la manière avec laquelle il l'a obtenu, dit beaucoup du niveau et de l'état d'esprit qu'il a retrouvés.
À Shanghai, le septuple champion du monde a bataillé, parfois au millimètre près, avec un coéquipier qu'il n'avait jamais été capable de dominer ainsi. L'année dernière, Charles Leclerc était monté sur la boîte à sept reprises et Hamilton n'avait existé qu'à travers un succès en sprint, également en Chine. Mais il avait été étouffé par la double disqualification subie le lendemain.
Après cela, le Britannique avait tenté d'accélérer son adaptation à cette si particulière écurie rouge, la seule où la langue de Shakespeare n'y domine pas toujours. Ferrari, c'est une culture différente, une philosophie à part et un autre rapport au travail. Et on avait fini par croire que le défi était impossible pour un pilote de son âge, de son palmarès et de son statut.
Oubliées, les monoplaces à effet de sol
Hamilton avait bouclé la saison 2025 lessivé psychologiquement. À tel point que c'en était devenu lisible sur son visage, ses expressions, ses mots et son humeur. La Scuderia n'en était pas entièrement responsable : on avait déjà vu "King Lewis" plonger chez Mercedes, lassé par une génération de monoplaces à effet de sol qu'il n'est jamais parvenu à dompter durablement.
Au sein de l'écurie allemande, on avait même rapidement admis que ces voitures "ne convenaient pas à son style de pilotage", notamment en raison de leur rigidité et du manque de ressenti avec l'avant. Cette donnée-là, couplée à toutes les difficultés culturelles et philosophiques qu'il a rencontrées chez Ferrari, l'avaient conduit à vivre "la pire saison de sa carrière en 2025".
Il n'y avait pas beaucoup plus d'optimisme, lors des tests de pré-saison, où le Britannique a rapidement estimé que les nouvelles F1 étaient "trop complexes". Il a complètement revu son opinion en Australie, après avoir, déjà, animé la course et fini relativement proche de son coéquipier.
"Les voitures sont plus faciles à suivre, bien meilleures que les précédentes, a-t-il détaillé dimanche. Vous pouvez vous approcher très près, il n'y a plus cet air sale qui vous fait perdre beaucoup d'appui. [...] Je pense que c'est la meilleure course que j’ai jamais vécue en Formule 1. [...] Ça ressemble aux courses de karting."
De l'importance des révisions
Revoici le pilote de Stevenage remobilisé, et requinqué physiquement par une préparation hivernale extrêmement soutenue. "J'ai le sentiment d'être de retour à mon meilleur niveau, tant mentalement que physiquement, a-t-il détaillé. Cet hiver, l'entraînement a été le plus lourd et le plus intense que je n'ai jamais eu."
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Russell-Antonelli, rivalité pour le titre: "Au fond d'eux, ils savent que cette échéance va arriver"
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Les changements opérés dans sa structure de management - il s'est séparé de Marc Hynes - et dans son équipe opérationnelle ont aussi joué un rôle. Riccardo Adami, l'ingénieur de piste avec lequel il y avait souvent eu de la friture sur la ligne, a été écarté. "Tout cela a évidemment été un coup de pouce", a résumé le Britannique.
Le septuple champion du monde récolte désormais les fruits de son implication dans le développement de la SF-26 et dans... ses révisions, pour appréhender les nouvelles subtilités de la course. "J'aimerais que le monde puisse voir tout le travail en coulisses, la quantité d'études, a-t-il confié à Sky Sports. C'est comme réviser pour un examen tous les jours. Je n'ai jamais été très doué pour les examens. Mais heureusement, je pilote bien." Certains avaient fini par en douter. Il les a de nouveau convaincus.
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