Grand Prix de Chine | Premier pilote italien vainqueur de Grand Prix depuis 2006, Kimi Antonelli, talent déjà brillant... mais encore perfectible

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Kimi Antonelli (Mercedes) a décroché son premier succès en F1 à l'occasion du Grand Prix de Chine, dimanche matin. Parti depuis la pole position, le prodige italien a enfoncé le clou dans le second relais, enchaînant les meilleurs tours jusqu'à commettre une erreur en fin d'épreuve. Heureusement sans conséquence, elle est venue rappeler que le pilote Mercedes restait encore un gamin de 19 ans.

"Un rêve" pour Antonelli, un podium "complètement fou" pour Hamilton : les réactions après la course

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Kimi Antonelli n'était pas encore né le 19 avril 2006 lorsque Giancarlo Fisichella remportait le Grand Prix de Malaisie sur une Renault. Près de 20 ans plus tard, c'est bien lui qui a fait de nouveau résonner le Fratelli d'Italia pour célébrer la victoire d'un pilote transalpin, la sienne, en Chine, dimanche matin. Au lendemain d'une pole déjà historique, le jeune Bolonais a remis la Botte sur le devant de la scène en Formule 1.
Il était en pleurs, forcément, dans le Parc Fermé, où l'attendaient son papa Marco et tout ce que l'écurie Mercedes comptait de mécaniciens et d'ingénieurs sur le circuit international de Shanghai. Un peu plus tôt, alors qu'il saluait la foule dans le tour de décélération, il avait entendu Peter Bonnington le féliciter et l'appeler "fiston". Ce même "Bono" qui le sermonna à la radio au 53e des 56 tours, après une erreur de son poulain au virage 14, alors que ce dernier filait vers son premier succès. "Ramène la voiture à la maison", lui ordonna gentiment celui qui parlait autrefois à l'oreille de Lewis Hamilton.

Il a tenu tête à Hamilton

Ce tout-droit lui coûta environ deux secondes et fut sans conséquence, Antonelli coupant la ligne d'arrivée avec une avance confortable sur son coéquipier George Russell. Mais cette faute est venue rappeler que l'Italien n'a que 19 ans et 202 jours, et qu'il fait son âge, dans les bons jours comme dans les mauvais.
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Sa fougue, cette manière d'attaquer chaque virage, est la même énergie qui, parfois, le perd : un passage à vide, un sentiment de toute puissance, un geste trop vif. "J'ai failli faire une crise cardiaque avec mon erreur en fin de course", souriait le gamin dans la Cool Room avec ses camarades de podium. "Hier, j'ai dit que je voulais vraiment ramener l'Italie au sommet, et on l'a fait aujourd'hui. Même si je me suis fait une petite frayeur avec un plat, ç'a été une bonne course", avait-il précédemment indiqué au micro du promoteur.
Devenu le septième pilote de Mercedes à remporter un Grand Prix, Antonelli aurait également pu mentionner le premier envol de sa carrière depuis la pole position, durant lequel il vit Lewis Hamilton lui faire l'extérieur du premier virage en vieux roublard. La veille, le prodige de Mercedes avait déjà laissé entrevoir ses lacunes au départ, raté de façon alarmante lors d'un Sprint conclu à la cinquième place.

Quel rythme !

Des approximations qui rappellent que le talent brut ne suffit pas toujours à effacer la fébrilité de la jeunesse. Et le Bolonais en sait quelque chose, lui qui avait balancé sa Flèche d'argent dans le mur lors de la troisième séance d'essais libres à Melbourne, obligeant son équipe à reconstruire la monoplace n°12 avant la qualification.
De l'histoire ancienne ? Dimanche, hormis ce blocage de roues coupable, Antonelli a livré une prestation très propre. Exempté de bagarres en piste, contrairement à Russell avec les Ferrari, il a fait montre de solidité et de maîtrise. Après avoir rattrapé Hamilton au troisième tour, il a fait la course en tête, accélérant le rythme dans son second relais pour se mettre définitivement à l'abri.
"Il est probablement un peu au-dessus de la trajectoire que j'avais imaginée."
En témoignent ses huit meilleurs temps entre le 17e et le 52e tour, le dernier en 1'35"275 pour entériner sa domination. "Je suis sans voix. Je suis sur le point de pleurer pour être honnête, mais merci infiniment à mon équipe parce qu'ils m'ont aidé à réaliser ce rêve", a confié le vainqueur.
"Cela fait un moment que je suis en Formule 1, mais ce podium est probablement l'un des plus beaux moments que j'aie jamais vécus", admettait Toto Wolff auprès de Sky Sports F1. "Je pense que c'est peut-être arrivé plus tôt que je ne le pensais. L'année dernière, on s'était dit que ce serait une année très difficile, avec des hauts, des bas et des erreurs. Et puis, boum, deuxième course de sa deuxième saison, il gagne. Il est probablement un peu au-dessus de la trajectoire que j'avais imaginée", concluait le patron de Mercedes, la voix encore chargée en émotion pour ce gamin de 19 ans.
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