Grand Prix de Chine 2026 | George Russell (Mercedes) est-il sur un boulevard vers le titre de champion du monde ? Non, il est sur une autoroute
Par Julien Pereira
Mis à jour 13/03/2026 à 21:01 GMT+1
George Russell est dans la position dont tous les pilotes de Formule 1 rêvent. Poleman et vainqueur en Australie, de nouveau en pole du Sprint du Grand Prix de Chine ce samedi, le Britannique est le grandissime favori pour le titre de champion du monde. Parce que l'écart qui le sépare de son coéquipier Kimi Antonelli est presque aussi grand que la marge existante entre Mercedes et ses rivales.
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Un an - presque jour pour jour - plus tard, la punchline est encore plus savoureuse. En 2025, après avoir été écœuré par la performance des McLaren en qualification à Melbourne, George Russell suggérait à l'écurie de Woking "d'arrêter le développement maintenant pour se concentrer pleinement sur la monoplace de 2026", compte tenu de "l'avantage considérable" qu'elle avait affiché d'entrée de jeu.
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Ironie de l'histoire, le pilote britannique pourrait désormais donner le conseil à sa propre équipe de focaliser ses efforts sur 2027 et peut-être même bien au-delà. En Australie, Russell avait dominé la qualification et la course. Vendredi, lors de la qualification du sprint en Chine, il a non seulement démontré que la marge dont dispose Mercedes sur le reste de la concurrence était peut-être plus inquiétante que l'on pouvait le craindre pour le suspense, mais aussi qu'il n'avait vraiment que peu de soucis à se faire dans sa quête d'un premier titre de champion du monde.
Bien sûr, de la même manière qu'il faille sans doute patienter encore avant d'émettre un jugement définitif sur la nouvelle réglementation, la prudence doit également être de mise au moment de tirer des conclusions sur les rapports de force. L'histoire, très récente, a démontré qu'ils pouvaient évoluer significativement, y compris au cœur d'une même saison.
Mais le cas de figure qui nous intéresse est quelque peu différent, puisque le secret de la toute puissance de Mercedes se situe dans le moteur, ou plutôt les moteurs (thermique et électrique). Et cet écart-là ne peut être comblé ni en quelques semaines ni par d'autres forces étudiées notamment par Ferrari, comme ses excellents départs ou son fameux aileron "Macarena", dont la pertinence reste encore à prouver.
Six dixièmes ! où sont-ils passés ?
Vendredi, après une séance durant laquelle il pensait avoir effectué un excellent tour, Lewis Hamilton a interrogé son ingénieur sur l'écart qui le séparait de Russell, auteur du temps de référence. Et lorsqu'il a été informé que son retard était de six dixièmes, il a semblé sonné : "Ah, c'est incroyable mec, c'était pourtant un super tour. Six dixièmes ! Où sont-ils passés ?" Réponse de son interlocuteur : "C'est surtout lié à la puissance."
C'est en réalité un peu plus complexe que cela. On savait, depuis des mois - et peut-être avant même que Russell incite McLaren à se concentrer sur 2026 - que Mercedes avait mis au point le moteur le plus performant et exploitant au maximum les zones grises. On savait, aussi, que le constructeur allemand s'était concentré très tôt sur cette nouvelle réglementation, après avoir échoué à mieux comprendre la précédente. Comme elle l'avait fait au début de l'ère hybride.
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Ce temps et cet investissement-là permettent aux Flèches d'Argent de maîtriser parfaitement leur sujet, et bien mieux que les clientes McLaren, Alpine et Williams. "Je pense que notre gros avantage ici [en Chine, NDLR] est dans les virages, a observé le patron Toto Wolff dans des propos rapportés par Autosport. Pierre Gasly, par exemple, était le plus rapide en ligne droite mais nous sommes plus rapides en virages."
Antonelli n'est pas encore un rival
George Russell ne s'est donc pas trompé, dimanche dernier en Australie, lorsqu'il a dit "adorer cette voiture, et adorer ce moteur". Jeudi, avant le deuxième rendez-vous de l'année, il a admis disposer de la monoplace la plus rapide, tout en prenant soin de préciser que c'était une réalité du moment. Difficile pourtant d'imaginer les rivaux compenser, à court et à moyen terme, les nombreux mois durant lesquels Mercedes a construit son avantage.
Le Britannique est dans une situation particulièrement enviable et finalement assez rare à l'échelle de l'histoire. Une monoplace qui domine le reste du plateau, c'est assez courant. Qu'un pilote dispose d'un tel avantage, en plus de dominer nettement un coéquipier aussi inexpérimenté que Kimi Antonelli, ça l'est beaucoup moins.
À 28 ans, Russell est non seulement dans la fleur de l'âge mais il a déjà fait ses preuves, d'abord en rivalisant avec Lewis Hamilton (qu'il a devancé 34 fois sur 68 en course, mais 39 fois en qualification), ensuite en surperformant, souvent, au volant d'une Mercedes loin d'être dominante, à l'époque. Époque révolue, donc. En quête d'un premier titre de champion du monde, Russell n'est pas sur un boulevard. Mais sur une autoroute bien plus large que la ligne droite de Shanghai.
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