On ne pensait pas Ferrari "capable" de creuser encore au bout d'une semaine qui aura été terrible pour elle. Comme rarement. D'anciens pilotes ou acteurs du paddock, qu'ils soient désintéressés mais fans de la Formule 1 ou amoureux indignés de voir dans quelle impasse s'est mise la Scuderia, avaient établi leurs propres diagnostics sur les insuffisances de la gouvernance sportive et technique du Cheval cabré. Incarnées par un homme à la double casquette, Mattia Binotto. Que certains voulaient voir partir, mais même pas tout de suite sous peine d'aggraver la situation.

On parlait de Gerhard Berger, Jean Alesi, Ralf Schumacher et de Ross Brawn aussi. Avec la précaution de langage imposée par son poste de directeur sportif de la F1 à Formula One Group, l'ex-complice des années dorées de Michael Schumacher et Jean Todt avait mis l'accent sur l'influence aussi considérable que néfaste de la presse transalpine.

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Puis, vendredi, l'ex-directeur technique James Allison, aujourd'hui chez Mercedes, avait insisté sur cette passion sans mesure que l'Italie transforme en fardeau sur les épaules de chaque employé dès que ça ne va pas. Samedi enfin, Toto Wolff, boss de Mercedes F1 et personnage le plus influent du paddock, avait explosé d'exaspération devant les fausses excuses de Mattia Binotto sur la prétendue iniquité du règlement technique moteur le privant subitement - pour faire court - de 60 chevaux.

"Changer de cap si nécessaire"

Pour tout dire, on se demandait comment l'Italo-suisse pouvait résister à tant d'ondes négatives. Dimanche, ses SF1000 sont parties cinquième et sixième avec Sebastian Vettel et Charles Leclerc et ont fini sixième et onzième, à un tour de la Mercedes du vainqueur, Lewis Hamilton. Derrière Lance Stroll et sa Racing Point - parodie de Mercedes - pour ce qui est de l'Allemand, et derrière la seconde RP, une Renault et surtout une Haas, quant au Monégasque.

Tout est allé de travers : Sebastian Vettel a été stoppé un tour trop tard en début d'épreuve pour prendre des "slick". Il a vu défiler un bon lot de voitures dans la pitlane avant de pouvoir être libéré. Stoppé selon le bon timing, soit un tour plus tôt, statut de pilote n°1 oblige, Charles Leclerc s'est embarqué dans la seule stratégie dont personne ne voulait à part quelques outsiders pour continuer en gommes tendres. Difficile d'être moins clairvoyant…

"C'est un dimanche extrêmement décevant et le résultat est dur à avaler, a reconnu Mattia Binotto. En qualification, nous avions tiré le maximum de la voiture, mais en course ce ne fut pas le cas. Se faire prendre un tour est très douloureux pour nous et pour les fans. Maintenant, nous devons retourner à la maison après un très long séjour et faire tout notre possible dans chaque secteur. Chacun devra analyser son travail et avoir le courage de changer de cap si nécessaire, parce que la dynamique actuelle est inacceptable. Il n'y a pas d'autre solution que cerner la situation." Pour autant, le manager ne s'est pas étendu sur ce qu'il pensait, lui, devoir changer en tant que directeur technique et directeur d'équipe.

Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix de Hongrie 2020

Crédit: Getty Images

"Tout simplement lents"

"C'est une meilleure performance que lors de ma première course en Autriche, a estimé Sebastian Vettel. Mais on aurait pu faire mieux au début si on avait fait le pari plus osé de stopper au tour 3 plutôt qu'au tour 4. J'ai perdu beaucoup de temps en devant laisser passer d'autres voiture qui remontaient la pitlane avant de pouvoir repartir de mon emplacement. Mais au bout du compte, cinquième ou sixième était notre maximum. Vers la fin, j'ai galéré avec les pneus. Mais même si j'aurais aimé me battre plus, je n'aurais pas pu tenir Alexander Albon (Red Bull) derrière moi". Il n'a d'ailleurs pas essayé.

"Je ne suis pas sûr de ce que nous avons fait sur la voiture, mais elle était extrêmement délicate à conduire, étant donné que l'équilibre était bien pire que vendredi ou samedi, a commenté Charles Leclerc. Ça n'avait pas l'air d'être la même voiture. Nous avons stoppé plus tôt que les autres (au 3e tour) et c'était peut-être un peu trop optimiste. Mais c'était une bonne décision et j'ai pu faire quelques bons tours rapides. Il n'y avait qu'une trajectoire et je ne pouvais doubler et, à y repenser, les 'tendre' n'était pas le meilleur choix. Après ça nous avons été tout simplement lents. Beaucoup de travail nous attend."

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