C'est l'histoire d'un petit gars d'Evreux qui n'a de cesse de prouver qu'il méritait sa place en Formule 1. Devenu le quatorzième Français à remporter un Grand Prix, dimanche en Hongrie, Esteban Ocon (Alpine) est un phénix. Un vrai de vrai. A chaque coup de la vie, il s'est relevé. "Je remercie tout le monde pour le soutien apporté. Ce n'est pas forcément dans les meilleurs moments qu'il faut le recevoir", déclarait-il au micro de Canal+, après avoir soulevé sa récompense. Car la carrière du Normand en F1 est faite de hauts et de bas. Un parcours digne des montagnes russes. De ses plus grandes peines sont nées ses plus grandes joies.
Le film de la course
Grand Prix de Hongrie
Ocon et Alpine, le jour de gloire
01/08/2021 À 15:09
Sans perspective après avoir remporté le championnat d'Europe de F3 en 2014, il est récupéré par Frédéric Vasseur pour un passage en GP3. Soutenu dès l'année suivante par Toto Wolff et Mercedes, qui voyaient en lui un futur champion, Ocon a gravi patiemment les échelons jusqu'à se retrouver au volant d'une Manor en 2016 pour neuf courses, avant d'être placé chez Force India pendant deux saisons.
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Dans l'écurie aux voitures roses, il est confronté à la concurrence du véloce Sergio Pérez, qui lui administre un apprentissage à la dure durant deux saisons, entre contacts en piste et relation fraîche voire glaciale. Ocon tient bon, sûr de ses forces et de son talent dans l'auto, en témoignent sa 8e place au classement des pilotes en 2017 et son point marqué lors du Grand Prix inaugural en Australie, qui fit de lui le plus jeune pilote français à accomplir cette prouesse. Mais, encore une fois, il est contraint d'écrire une nouvelle page de son histoire ailleurs, chassé par le nouveau propriétaire de l'écurie Lawrence Stroll et le fils de ce dernier.
Ocon, un premier succès d'une main de maître : "On revient là où on mérite d'être"
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Une prolongation de trois ans avec Alpine

Une saison blanche. A 22 ans. Comment s'en relever ? Wolff le récupère comme pilote de réserve et de développement pour la saison 2019. A la fois si loin et si proche de la piste et des sensations de course. C'est depuis l'ombre que le Normand verra son compatriote Pierre Gasly conquérir son premier podium au Brésil. La rage au ventre. L'envie de réussir chevillée au corps. "Esteban est l'un des jeunes pilotes les plus prometteurs, il mérite d'être dans une Formule 1, et nous voyons cela avec l'intérêt qu'il peut générer", affirmait le patron de Mercedes en juin 2019, en référence aux sollicitations dont faisait l'objet le Français. Vint alors la perspective Renault. L'horizon étant bouché dans l'écurie à l'étoile avec Lewis Hamilton et Valtteri Bottas en duo inamovible et la promesse George Russell qui toque également à la porte, Ocon poursuit son rêve de F1 dans l'écurie française. L'attente est grande pour les deux parties.
Après une année d'adaptation avec Daniel Ricciardo comme coéquipier, conclue par sa deuxième place au Grand Prix de Sakhir en novembre dernier, Ocon voit arriver dans ses pattes Fernando Alonso, précédé de ses deux titres mondiaux et d'une réputation de "mauvais équipier". Nombreux sont ceux qui redoutent que le jeune Français se fasse dévorer par l'expérimenté pilote espagnol. Les mêmes sempiternelles montagnes russes. Pourtant, son début de saison 2021 avait convaincu le groupe Alpine-Renault de le prolonger pour trois saisons.
"Esteban a gagné en confiance et en stature pour obtenir régulièrement de bons résultats et contribuer au développement de la voiture avec l'écurie. Malgré son jeune âge, il est très expérimenté en Formule 1 et sur une trajectoire positive de par sa maturité et son talent au volant. Il est un atout majeur dans nos rangs aujourd'hui, mais aussi pour l'avenir au moment de relever le défi de la nouvelle réglementation. Nous avons toute confiance en Esteban pour mener l'équipe et la marque au niveau supérieur et atteindre ses objectifs à long terme", insistait alors Laurent Rossi, PDG d'Alpine.

L'art du rebond

Mais ces dernières semaines, Ocon paraissait en retrait, dominé par Alonso en qualification comme en course, ne parvenant pas à trouver de remèdes aux maux qu'il subissait, semblant lutter avec sa voiture. Le point culminant intervenait en Autriche. Qualifié à une dix-septième position indigne de son rang lors des deux week-ends de course à Spielberg, il terminait la première à une anecdotique 14e place, puis jetait l'éponge dès les premiers hectomètres dans la seconde après un accrochage. La victoire dimanche balaie d'un impressionnant coup de volant cette phase moins vertueuse.
"Avec cette victoire, Esteban passe dans une nouvelle dimension. Il sait dorénavant qu'il est en mesure de gagner une course, il y pensera à chaque départ, estimait Alain Prost, quadruple champion du monde ambassadeur de Renault et conseiller de l'écurie Alpine, pour Canal+. Ça le met dans un statut différent au niveau de l'équipe. Je suis content humainement pour Esteban, qui a passé des moments et des semaines très, très compliquées."
"Ce n'était pas une passe difficile, défendait un peu plus tard Laurent Rossi, toujours au micro de la chaîne cryptée. Il avait senti que quelque chose n'allait pas avec son châssis. Voilà Esteban. Voilà le gars qui se qualifie 4, 5, 6 et qui termine premier. Ça explique pourquoi on signe un mec comme ça pour trois ans. Ce champion vient de remporter la première de ses très nombreuses victoires à venir !" Un champion qui maîtrise à la perfection l'art du rebond. C'est ce qui le rend encore plus grand et dangereux pour la concurrence.
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