Grand Prix de Hongrie 2025 | Charles Leclerc (Ferrari), les raisons de la colère : "Quand on a une seule chance de gagner dans l'année..."
Mis à jour 03/08/2025 à 20:13 GMT+2
Plombé par des problèmes de châssis, Charles Leclerc a perdu pied au Grand Prix de Hongrie, ce dimanche. Après un premier relais contrôlé et un deuxième plus compliqué, le poleman monégasque a assisté au doublé McLaren de très loin. Attaqué par George Russell, le pilote Ferrari a laissé éclater sa frustration à la radio et en piste, terminant quatrième avec une pénalité de cinq secondes.
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L'incrédulité du samedi a laissé place à l'exaspération du dimanche. Poleman vaincu en Hongrie, Charles Leclerc est un habitué de ces week-ends aux deux facettes, lui qui n'a converti que cinq de ses 27 pole positions depuis 2019. Mais la mésaventure vécue sur le tourniquet magyar a déclenché - chose très rare - la colère noire du Monégasque, alors qu'il semblait en mesure de décrocher son premier succès depuis octobre.
Quatrième derrière les McLaren et George Russell (Mercedes) après avoir contrôlé la course pendant 40 tours, Leclerc, passablement remonté à la radio, s'est livré sans équivoque au micro de F1TV : "Je ne tire aucun positif de ce week-end quand on le termine de cette manière. Quand on a une seule occasion dans l'année de gagner une course, il faut la saisir, et aujourd'hui, nous ne l'avons pas fait."
Prometteur jusqu'au 40e tour
La frustration du Monégasque est intelligible, tant il pensait avoir fait le plus dur en allant chercher, la veille, le meilleur temps de la qualification au nez et à la barbe des McLaren, sur un circuit du Hungaroring où doubler est une gageure. Le pilote azuréen avait en prime l'avantage de partir du côté propre de la piste, et il s'en est servi pour résister à Oscar Piastri (McLaren) à l'envol, avant de rapidement créer un écart de trois secondes avec ses poursuivants.
Si la tentative d'undercut de l'Australien a été couverte, le passage aux gommes dures a toutefois occasionné des turbulences chez le Monégasque. Bien moins en contrôle à partir du 20e tour que lors de son premier relais, il s'est accroché aux avant-postes pendant une vingtaine de boucles avec Piastri à ses trousses.
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Ce dernier ne plaisantait pas avant la course lorsqu'il a déclaré que le meilleur endroit pour doubler en Hongrie était la voie des stands. Alors, avec McLaren, ils ont élaboré un stratagème pour pousser leurs concurrents italiens à la faute stratégique. L'écurie de Woking a bluffé en provoquant l'agitation de ses mécaniciens à la fin du 39e tour, et celle de Maranello est tombée dans le panneau en précipitant le second arrêt du leader... cinq tours avant le réel passage de Piastri !
Perte de performance et énervement
Ressorti avec sept secondes de retard sur Norris, futur vainqueur de l'épreuve, Leclerc n'avait pas encore hypothéqué ses chances de victoire. Mais il comprenait très rapidement que quelque chose clochait sur sa SF-25 et qu'il allait devoir composer avec un problème technique qui lui faisait perdre jusqu'à 2 secondes au tour. Un gouffre. Doublé par Piastri au 51e tour, il ouvrait les vannes à la radio : "C'est incroyablement frustrant. Nous avons perdu toute notre compétitivité, vous auriez dû m'écouter, j'aurais trouvé une manière différente de gérer ces problèmes. La voiture est juste impossible à piloter. Impossible ! Ce sera un miracle si nous finissons sur le podium."
Leclerc avait alors une idée bien précise de la situation, et ce n'est qu'à l'arrivée que son équipe l'informa de la nature exacte du souci : "J'ai parlé trop vite, je suppose, car en sortant de la voiture, j'ai eu plus de détails sur ce qui s'est passé. Je pensais que c'était lié à autre chose dont nous avions discuté, mais malheureusement, c'était un problème sur le châssis. Cela ne me console pas du tout, on se battait pour la victoire..."
Ferrari doit travailler
Le Grand Prix de Hongrie a donc tourné au cauchemar pour le représentant de la Principauté, qui a fini par céder sa troisième place à George Russell (Mercedes). La direction de course a peu goûté à sa défense rugueuse, un mélange de frustration et de désespoir, et lui a infligé une pénalité de cinq secondes pour "conduite erratique".
"C'est dur pour lui comme pour nous. En regardant le bon côté des choses, on se dit qu'on peut se bagarre avec McLaren quand tout est en ordre. Il y a également une grosse frustration pour toute l'équipe car la victoire n'était pas loin et nous a échappée", témoignait Frédéric Vasseur au micro de Canal +. Le patron de Ferrari poursuivait : "Je comprends Charles. On travaille depuis un an pour rattraper McLaren et se battre avec eux. C'était presque là, à portée de main..."
Alors que la trêve estivale de trois semaines débute officiellement demain pour les pilotes et les écuries, Charles Leclerc pointe au cinquième rang au Championnat (151 points), avec pour meilleur résultat une deuxième place à Monaco et cinq podiums lors des 14 premières manches de la saison. Les vacances arrivent au bon moment pour la Scuderia qui, si elle affiche ses limites actuelles en étant incapable de transformer ses rares opportunités en victoires, reste la deuxième force du plateau en attendant la rentrée à Zandvoort.
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