Grand Prix de Hongrie I Soutenu par Lewis Hamilton et Charles Leclerc, Frédéric Vasseur s'inscrit dans la durée chez Ferrari

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Les valises ? Quelles valises ? Annoncé comme partant dans la presse italienne ces dernières semaines, Frédéric Vasseur a été officiellement prolongé à la tête de la Scuderia Ferrari jeudi. Une annonce qui a pris tout le monde de court, mais qui répond à un besoin de continuité du côté de Maranello, où la saison 2026 est déjà dans toutes les têtes.

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La nouvelle s'était rapidement répandue à Maranello, le fief de Ferrari. Le 12 juin dernier, à l'ouverture de la presse italienne qu'ils reçoivent chaque matin dans leur boîte mail, les salariés de la Scuderia apprenaient que Frédéric Vasseur, le team principal de l'écurie depuis 2023, était sur la sellette. Et que sans progrès constatés d'ici aux prochaines courses, son sort serait même scellé. L'information fit alors grand bruit, au point qu'elle traversa même l'océan Atlantique pour atterri tout droit dans le paddock réuni à Montréal. "Les accusations de certains journaux italiens ? Je n'ai rien lu, je l'ai appris ici", confirmait un Lewis Hamilton visiblement surpris par le possible départ du Français. Quant au principal intéressé, dont les toutes premières rumeurs de départ étaient arrivées à la veille du Grand Prix de Monaco, il n'avait pas caché son amertume et sa colère.
"Je voudrais juste revenir sur ce que certains médias italiens ont écrit. On ne va pas parler de moi, je sais gérer ce genre d'attaque et cela fait partie de mon boulot, balançait Vasseur en conférence de presse. Je voudrais plutôt parler des gens de l'équipe qui sont touchés. Je ne vois pas l'intérêt de lancer le nom de certains de nos employés dans la presse pour dire que leur poste est menacé. Ils ont une vie, une famille, ils sont touchés et je dois les protéger. Si ces gens veulent faire du mal à l'équipe, ils ont réussi leur coup. Je veux que cela s'arrête et je suis fatigué, comme peuvent l'être Lewis ou Charles de répéter semaine après semaine les mêmes propos et de devoir les démentir, semaine après semaine. Cela suffit. Passons à autre chose." C'était mal connaître les médias transalpins, pas vraiment du genre à se montrer conciliants lorsque la Scuderia, véritable patrimoine national en Italie, enchaîne les contre-performances.
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Malgré les démentis et les déclarations du week-end, ils confirmaient dans la foulée que l'ancien patron d'Alfa Romeo était bien dans l'œil du cyclone. En cause, notamment, une SF-25 en grande difficulté et des résultats trop décevants. Si l'écurie au Cheval cabré a touché du doigt la couronne mondiale l'an dernier - se battant jusqu'au dernier GP de la saison pour le titre constructeurs -, les choses semblent un peu plus compliquées cette année. Deuxième du championnat, talonnée par Mercedes et très loin derrière les puissantes McLaren, Ferrari est la seule écurie du Top 4 à n'avoir encore gagné aucun GP en 2025 - en dépit de cinq podiums en 13 courses. La communication de Vasseur a aussi parfois irrité les hautes sphères de Ferrari.
Pour le remplacer, un nom commençait même à circuler de l'autre côté des Alpes. Celui d'Antonello Coletta, chef de l'endurance (WEC) et grand artificier des derniers succès aux 24 Heures du Mans. Au fil des jours, son ombre a sérieusement commencé à planer au-dessus du box Ferrari.

Hamilton et Leclerc, soutiens décisifs

Pas inquiet et bien rôdé depuis le temps, Frédéric Vasseur n'a pas tremblé pour autant. Serein, il a poursuivi son travail comme si de rien n'était, soutenu publiquement par ses deux pilotes. "Fred est la principale raison pour laquelle je suis ici et je lui en suis reconnaissant, rappelait Lewis Hamilton. Nous vivons cette aventure ensemble et je veux qu'il reste. Je pense qu'il est la personne qui peut nous amener au sommet. Ce sont des rumeurs non fondées. Tout ne va pas comme sur des roulettes et il y a beaucoup à faire, mais il n'y a pas de discussions sur la position de Vasseur. Fred a mon total soutien. Et à ceux qui écrivent des articles disant que j'envisage de ne pas courir, je viens d'arriver et je suis là pour le long terme. Je suis venu dans la durée. Dans ma tête, il n'y a aucun doute. Arrêtez d'inventer les choses."
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"J'ai toujours dit combien j'aimais Ferrari. On partage la même vision Fred, Lewis et moi, et on travaille sur le retour de Ferrari à la première place. C'est notre plan", lui emboîtait le pas Charles Leclerc, dont la proximité avec son team principal remonte à plusieurs années en arrière. Pour les deux pilotes en rouge, il n'y avait donc aucun doute : Vasseur demeure la personne qu'il faut à Ferrari pour retrouver le chemin du succès. Il faut croire qu'en haut lieu, à Maranello, on a fini par s'y résoudre aussi. Jeudi, à la surprise générale, la prolongation de contrat du Français "pour plusieurs années" était annoncée.
"Aujourd'hui, nous voulons reconnaître ce qui a été construit et nous engager pleinement envers ce qui reste à accomplir, a déclaré Benedetto Vigna, le PDG de Ferrari, cité dans le communiqué. Cela reflète notre confiance dans le leadership de Fred - une confiance fondée sur une ambition partagée, des attentes mutuelles et un sens clair des responsabilités". En deux ans et demi, "Fred" a su imposer la méthode Vasseur, en ayant notamment largement restructuré ses équipes. "Là où il a fait la plus grande différence, c'est dans sa vision globale des choses", selon Leclerc. "Fred a toujours su garder son sang-froid (dans les moments difficiles, ndlr) pour aider l'équipe à être un peu plus lucide".

Continuité

Si le soutien du duo Leclerc/Hamilton a donc fortement pesé dans la balance, la Scuderia a également souhaité miser, pour une fois, sur la continuité. Surtout en vue du grand chambardement que connaîtra la F1 en 2026, et l'arrivée d'une nouvelle réglementation technique qui risque de rebattre les cartes parmi les équipes. Plutôt que de tout changer pour redémarrer de zéro, comme ce fut le cas après les départs des deux derniers prédécesseurs de Frédéric Vasseur, Maurizio Arrivabene (2019) puis Mattia Binotto (2022), Ferrari préfère changer de stratégie et poursuivre sur les bases actuelles. On ne cède plus à la panique et à la pression générale, et peu importe si médias et tifosi s'impatientent de retrouver un titre des pilotes qui manque depuis 2007 (Kimi Raïkkonen) mais aussi celui des constructeurs (2008).
Au lendemain de cette prolongation, La Gazzetta dello Sport, principal quotidien sportif italien, ne manquait justement pas de rappeler en Une que le titre pilotes "manque depuis 18 ans" à Maranello. Le tout entre parenthèses et juste en dessous du titre "Vasseur reste". Éloquent. Pour Il Fatto Quotidiano, "le message est clair : la continuité a été privilégiée, aucun changement radical ni autre changement n'est nécessaire pour remporter la victoire".
"Reconnaissant de la confiance" que Ferrari lui accorde, Vasseur a évoqué lui le "défi" qui l'attend après avoir "posé des bases solides" lors de ses 30 premiers mois aux commandes. Le Français veut désormais "franchir ensemble la prochaine étape" et "répondre aux attentes" des supporters et de la direction de Ferrari. À l'aube du Grand Prix de Hongrie, Lewis Hamilton et Charles Leclerc se sont félicités pour la grande nouvelle.
Cette annonce "n'est pas vraiment une surprise", pour le Monégasque, qui s'est dit "vraiment heureux" après des semaines de spéculations. "Ce qui est très difficile chez Ferrari, c'est que l'émotion fait partie intégrante du travail quotidien, et c'est ce qui la rend si spéciale (...) La stabilité est toujours très importante et Fred est évidemment la personne (...) qui dirige l'équipe. Le garder de nombreuses années est sans aucun doute une très bonne chose", a encore salué le "Predestinato". "Il n'y a rien d'autre à ajouter, j'ai déjà dit que c'était le bon choix", a également estimé Hamilton, arrivé cette saison dans les rangs de l'équipe italienne. "Fred m'a fait signer ici, nous voulions travailler ensemble", a conclu le Britannique. Il ne reste plus, maintenant, qu'à transformer ce "travailler" en "gagner".
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