Une joie finalement assez mesurée pour un exploit monumental. Dimanche à Sotchi, Lewis Hamilton n'a pas totalement exulté après avoir signé sa centième victoire en Grand Prix. Un cap pourtant extraordinaire mais pas une fin en soi, étant donné l'issue incertaine de la lutte qu'il mène au championnat contre Max Verstappen (Red Bull), classé deuxième, pour l'obtention d'un huitième titre mondial.
Le film de la course
A sa descente de voiture, l'émotion se mêlait au stress de derniers tours haletants, et pour tout dire chaotiques. Lancé désespérément en chasse du leader Lando Norris (McLaren), le septuple champion du monde a poussé aussi loin que possible la logique de l'affrontement, en pneus lisses sur un bitume détrempé.
Grand Prix des Etats-Unis
Première ligne explosive Verstappen - Hamilton : "C'est ce que les gens adorent"
24/10/2021 À 00:08
Centième victoire héroïque d'Hamilton, sous un déluge
Au 48e des 53 tours de ce Grand Prix de Russie désormais mémorable, l'Anglais de 36 ans avait refusé de rentrer au stand. "C'est très glissant mais il ne pleut pas vraiment", avait-il assuré dans la boucle précédente. Jusqu'à réaliser, à force de glissades, que son adversaire n'était pas Lando Norris (McLaren), mais la pluie.
L'équipe a pris une super décision en me faisant rentrer
Deux tours plus tard, il est donc rentré pour prendre des "intermédiaire", afin de doubler un Lando Norris totalement à la dérive dans un échappatoire, avec ses pneus lisses.
"Un bel effort, les gars !, a-t-il remercié à la radio, dans son tour d'honneur. Ça a pris un long moment pour arriver à 100 mais je suis si reconnaissant envers vous tous ! Vous avez pris une fantastique décision à propos des pneus." Cela faisait quatre courses qu'il courait après cette centième, et il commençait à douter sérieusement.
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"Quelle course avec cette météo !, a-t-il commenté à chaud, au micro de Damon Hill, champion du monde en 1996. Lando a fait un travail formidable. Il avait un rythme incroyable et il fait un tel boulot pour McLaren ! C'était un sentiment doux-amer de voir mon ancienne équipe devant, et ils ont couru de façon fantastique."
"L'équipe a pris une super décision en me faisant rentrer à la fin, a-t-il expliqué. Je ne voulais pas laisser Lando s'échapper et j'ignorais le temps qu'il allait faire. Cela aurait été dur de le passer qu'il ne rencontre du trafic ou qu'il ne commette une erreur, qu'il ne faisait pas. C'est alors que la pluie est arrivée et il fallait être très opportuniste."

Une prudence qu'il a payée

Depuis deux jours, il était même en plein doute. Vendredi, il avait raté une arrivée au stand et renversé un mécanicien. Samedi, il avait tapé deux fois un mur sous la pluie, en Q3. "En me couchant hier soir, je n'étais pas le plus heureux du job que j'avais fait dans la journée, a-t-il reconnu. J'étais si déterminé quand je me suis réveillé ce matin décidé à faire le meilleur boulot possible."
Et de rappeler que pour se mettre en situation de l'emporter, il s'était remis d'un départ catastrophique. "J'ai perdu beaucoup de terrain au départ en essayant de rester en dehors des problèmes", a-t-il expliqué. Dans la frénésie du run de 890 mètres conduisant au freinage du n°2, il s'est fait enfermer à droite de la piste par Lando Norris pendant que le pilote de McLaren cédait les commandes à Carlos Sainz (Ferrari). George Russell (Williams) impassible à la troisième place, Daniel Ricciardo (McLaren) et Lance Stroll (Aston Martin) n'ont pas hésité à la déborder, et Fernando Alonso (Alpine) à le devancer en coupant. Avant de lui redonner P6.
LH44 a alors dû faire preuve de patience. Il a pris soin de ses gommes "medium" puis il est passé parmi ses mécaniciens au 27e tour pour chausser des "dur", suivi de Max Verstappen. Un timing parfait pour lui et une erreur grossière de Red Bull qui aurait dû laisser le Néerlandais profiter plus longtemps de ses gommes "dur" du départ.
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Hamilton n'a pas réalisé la meilleure affaire dimanche

"Nous pouvons gagner cette course !", lui lança Toto Wolff à la radio. Mais au 30e tour, le directeur d'équipe de l'équipe Mercedes ignorait ce qui attendait son pilote. Il savait juste que Max Verstappen avait déjà lâché l'affaire en fin de premier relais, et qu'il était bloqué dans le trafic par Carlos Sainz (Ferrari) et Daniel Ricciardo (McLaren).
C'était sans compter les extraordinaires talents d'équilibriste du Batave sous la pluie. Qui ont finalement limité le gain de Lewis Hamilton à 7 points ce dimanche. Tout juste de quoi reprendre la place de n°1 mondial pour deux unités. "Max doit avoir fait un super job pour être revenu de dernier à deuxième, s'est étonné le nouveau leader du championnat du monde. Nous avons du pain sur la planche…"
Il faut l'avouer, Lewis Hamilton n'a pas réalisé la meilleure affaire dimanche. Il ne lui reste que deux moteurs pour finir la saison, puisque le n°1 défaillant le vendredi à Zandvoort est hors service. Alors que Max Verstappen a désormais de quoi voir venir avec trois groupes propulseurs et une série de trois circuits - Istanbul, Austin et Mexico - réputés favorables à sa RB16B.