Grand Prix de Singapour | Dérapage : Red Bull dans l'impossibilité de sanctionner, la FIA avertit Helmut Marko

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On va sans doute en rester sur l'impression que les propos discriminatoires tenus par Helmut Marko vis-à-vis du "Sud-américain" Sergio Pérez n'étaient qu'une maladresse, une parenthèse dans la vie de Red Bull Racing. Car Christian Horner, patron de l'équipe F1, a assuré n'avoir officiellement aucun pouvoir de sanction. Mais ça, c'était juste avant que la FIA ne monte au créneau.

Sergio Pérez et Helmut Marko (Red Bull) au Grand Prix de Singapour 2023

Crédit: Getty Images

Helmut Marko n'en était plus à une outrance près, à un jugement de valeur à l'emporte-pièce. Alors il s'est autorisé un dérapage en mettant les résultats fluctuants de Sergio Pérez cette saison chez Red Bull sur le compte de ses origines sud-américaines ; un comble pour un Mexicain... Au-delà de ses lacunes en géographie - il voyage pourtant beaucoup et ça ne date pas d'hier - le conseiller sportif auprès de Red Bull Racing n'a évidemment pas montré le respect élémentaire qu'il doit à son pilote ; ou à quiconque de toute façon. Faute avouée à moitié pardonnée, dit-on. A ceci près qu'on restera sans doute dans un entre-deux regrettable dans cette affaire, une forme d'ambiguïté que Red Bull ne lèvera jamais complètement.

Pas de condamnation ferme

Fidèle à son personnage bourru, Helmut Marko en avait d'ailleurs rajouté une couche au début de la levée de bouclier. Et tenté, par réflexe, de justifier ses déclarations ; avant d'arrêter d'accélérer vers le mur dans lequel il fonçait. Et finalement présenter des excuses que "Checo" avait acceptées.
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Helmut Marko (Red Bull) au Grand Prix d'Italie 2023

Crédit: Getty Images

Malheureusement donc, Christian Horner, n'a pas clos le chapitre exactement comme il aurait dû ou pu le faire, vendredi dans le paddock du Grand Prix de Singapour. A travers un embarras, un constat désolé et poli, le directeur d'équipe de Red Bull en Formule 1 n'a pas exprimé de condamnation ferme, laissant les observateurs sur leur faim. Et Lewis Hamilton (Mercedes) dans sa colère rentrée.
"Ces commentaires n'étaient pas corrects, a admis le patron anglais de la division Formule 1 de Red Bull, vendredi lors d'un rendez-vous fixé aux médias. Je pense qu'Helmut l'a rapidement reconnu et s'en est excusé publiquement et directement auprès de Sergio. Il en a parlé directement à Sergio. On apprend toujours dans la vie, même à 80 ans. Ce sont des leçons."

"Il n'est pas un employé de Red Bull Racing"

Cette gêne, Christian Horner l'a exprimée par rapport aux fans de son équipe, plus qu'il ne l'a fait par rapport à son propre pilote. "Nous avons un énorme public dans le monde entier et nous prenons cela très au sérieux et de manière très responsable, a-t-il assuré ; les fans qui suivent - pas seulement Checo mais l'équipe et la F1 - nous en sommes conscients."
Mais le patron de l'écurie championne du monde s'est arrêté là, au moment où on espérait un jugement sans concession sur les propos discriminants de son collaborateur. Qui à l'entendre n'est pas directement sous sa responsabilité. "Du point de vue d'Helmut, il s'est excusé, a-t-il réaffirmé, avant de justifier une certaine distance en tant que manager de l'équipe F1. Il n'est pas un employé de Red Bull Racing. C'est pour cela que nous n'avons pas publié de communiqué ; il fait partie du groupe Red Bull au sens plus large. Le groupe a formulé des excuses sur Servus TV (qui appartient à Red Bull)."
Voilà pour le traitement de cette affaire, qui ne connaitra a priori pas de suite en interne. Donc pas de sanction disciplinaire. "Helmut est un employé ou un consultant du groupe. Ce n'est pas vraiment à moi de répondre à cette question", a coupé celui qui est aussi Monsieur Geri Halliwell à la ville.
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Chris Horner (Red Bull) au Grand Prix d'Arabie saoudite 2023

Crédit: Getty Images

Gasly humilié, plusieurs fois

Il faut espérer que Helmut Marko, ex-pilote de Formule 1 et vainqueur des 24 Heures du Mans, puisse mesurer la portée de ses propos, et refréner son goût pour les commentaires acides dès qu'il s'agit de formuler un avertissement, exprimer un mécontentement. Par le passé, trop de pilotes dont il a eu la charge à l'académie Red Bull, qu'il gère, ont eu à les subir. Trop souvent, ils ont été délibérément blessant voire humiliant. "Si ça ne va pas, il devra mettre des couches", avait-il confié au magazine Autosport en 2019, à propos de Pierre Gasly, alors atteint par un virus et de vives douleurs à l'estomac. "Gasly a des problèmes dans le trafic, il perd des places, n'aime pas doubler", avait-il lancé à la publication allemande Auto Bild, pour justifier sa rétrogradation de Red Bull à AlphaTauri, quelques mois plus tôt. Des exemples consternants, parmi d'autres...
Helmut Marko a trop souvent choisi la voie du pire, l'acharnement publique comme moyen de mettre un pilote sous une pression extrême, dans le but de savoir le plus rapidement possible s'il pouvait la supporter.
Peut-il changer, à 80 ans ? Il n'est jamais trop tard mais l'enjeu se situe ailleurs, au-delà, selon Toto Wolff. "Ce n'est pas seulement ce qu'il a dit, mais aussi la façon de penser qui fait arriver à ses choses-là. Ça n'a pas sa place en Formule 1", estime le patron de Mercedes Motorpsort.
La réponse la plus tranchante à cette affaire est arrivée de la FIA, vendredi soir à Singapour. L'instance a révélé avoir adressé un avertissement écrit à Helmut Marko, en lui rappelant "ses responsabilités de figure publique dans le sport automobile." Un avertissement qui sonne comme un ultime rappel.
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