Red Bull donne deux leçons à Mercedes, Ferrari dans les choux : écoutez notre podcast

Des arrêts au stand inégalés

La domination du pitcrew de Milton Keynes ne date pas d'hier. Elle dure depuis des années, et certaines écuries - McLaren et Williams - ont tenté de lui faire concurrence en s'y perdant.
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Parfaitement exécuté, ce ballet permet au pilote de bénéficier de bonnes conditions de piste lors de son retour à l'action, et idéalement d'augmenter ses chances de "doubler" un adversaire sur la séquence du tour de rentrée, temps dans la pitlane, tour de sortie des stands.
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Red Bull détient les six pitstops les plus rapides de la saison, avec un record à 1"93 pour Max Verstappen à Sakhir. L'équipe de mécaniciens semble faire un effort particulier lorsque le Néerlandais se présente pour un changement de pneus puisqu'elle elle a signé pour lui cinq de ses six exécutions les plus efficaces.
La position de leader du Mondial de Max Verstappen ne l'a pas incité à assurer cette opération où il y a tant à perdre : elle a réglé le passage de son pilote vedette en 1"98 à Bakou.

Les 10 pitstops les plus rapides de la saison 2021

Red BullVerstappenSakhir1"93
Red BullVerstappenBakou1"98
Red BullVerstappenPortimao1"98
Red BullPérezSakhir2"00
Red BullVerstappenMonaco2"02
Red BullPérezLe Castellet2"04
Aston MartinStrollPortimao2"08
WilliamsRussellBakou2"13
Alfa RomeoRäikkönenBakou2"13
Aston MartinStrollMontmelo2"16

Des stratégies agressives

Red Bull sort d'une victoire spectaculaire au Castellet, qui a prouvé sa capacité à aller loin dans la notion du risque, un domaine qui semblait réservé à Mercedes.
Par sa position de challenger ces dernières années, l'écurie de Milton Keynes nous avait fait oublier cette force des années Sebastian Vettel. De 2016 à 2020, Max Verstappen et Daniel Ricciardo ont signé 16 victoires en usant de stratégies décalées, où la volonté de provoquer Mercedes n'était jamais très loin à cause d'un handicap de départ : la rareté des pole positions (3 victoires acquises en partant devant de 2016 à 2020).
La saison 2021 a marqué un tournant dans ce domaine. L'équipe n'hésite pas à remettre tout en question pour dérouler le plan qu'elle estime juste. Au Paul-Ricard, Max Verstappen a abandonné sa première place pour repartir de derrière et coiffer Lewis Hamilton. C'est plus audacieux que les deux précédents gros coups du septuple champion du monde. A Budapest en 2019 et à Montmelo cette année, Lewis Hamilton avait été gagnant à deux arrêts contre un, mais c'est parce qu'il était coincé derrière la machine bleu marine et qu'il n'avait rien à perdre.

La meilleure paire de pilotes

Max Verstappen n'a pas sept titres à son palmarès, ni même un seul, mais il est désormais un pilote aussi complet que Lewis Hamilton car il s'est débarrassé de son côté impulsif. La nouveauté, c'est qu'il a à ses côtés le meilleur coéquipier qu'il n'ait jamais eu, ce qui change tout pour RBR : Sergio Pérez fait régulièrement mieux que Valtteri Bottas, son alter ego chez Mercedes.
Verstappen - Pérez, c'est devenu plus fort que Hamilton - Bottas, et ça se voit depuis trois courses : Red Bull a marqué 102 points contre 36 à Mercedes.
Pour l'écurie de Milton Keynes, c'est un formidable retour à la belle époque. Non pas celle du tandem Verstappen - Ricciardo (2015-2018), qui souffrait d'un matériel pas au niveau, mais celle des années Vettel - Webber (2009-2013). D'autant plus que "Checo" assume son rôle de n°2 bien mieux que Webber ou Ricciardo.
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Un châssis qui n'a plus rien à envier au Mercedes (au contraire)

La RB16 a réalisé un gain spectaculaire en compétitivité de 2020 à 2021 en encaissant mieux la réduction de 10% des appuis générés par le plancher par rapport à la Mercedes, grâce aussi à son avant qui pique du nez, le fameux "rake" qui n'est pas aussi prononcé chez sa rivale.
Néanmoins, l'équipe d'Adrian Newey, qui a laissé son poste de directeur d'équipe au Français Pierre Waché mais conservé la haute main sur les grandes orientations techniques, est parvenue à améliorer encore le niveau d'appui. La RB16B semble bien avoir pris le lead par rapport à la W12. Et pas seulement à coup d'aileron arrière flexible, beaucoup plus encadré depuis le Grand Prix de France. James Wolves, le stratège de Mercedes, reconnait d'ailleurs que la RB16B a "beaucoup d'appuis purs". Ce qui a en fait toujours été dans l'ADN des machines d'Adrian Newey.
Un avantage encore constaté au Castellet : Max Verstappen n'a pas manqué de souligner qu'il roulait avec moins d'appui que Lewis Hamilton. Grâce à une monoplace qui génère un peu plus d'appui mais aussi peut-être moins de traînée (l'effet de frein créé par l'ai turbulent autour des ailerons) comme l'a soupçonné le Britannique. Ce dernier a évalué à 0"35 l'avance de la Red Bull sur sa Mercedes dans les lignes droites du Paul-Ricard.

Un moteur Honda (peut-être) au niveau du Mercedes

Le motoriste nippon n'a pas réagi comme nombre de ses rivaux qui ont quitté la scène en roue libre. Le HRC s'est empressé de mettre en service cette année toutes ses nouveautés prévus pour 2022, dont une "taille zéro" donnant à l'arrière de la Red Bull un corps de guêpe.
Mais l'équipe de Masashi Yamamoto ne s'est pas arrêtée là en avançant au Grand Prix de France le lancement de son évolution prévue pour cet été. Une phase importante comme le prouve le logo "e.Technology" ajouté au Honda visible sur le capot, qui se veut la vitrine des nouvelles solutions d'électrification de la gamme du constructeur au plan industriel.
V6, turbo, récupérateurs d'énergie (MGU-H et MGU-K) étaient nouveaux dans les RB16B dans le Var. Masashi Yamamoto avait expliqué qu'il serait très attentif au feedback des pilotes. Lewis Hamilton a bien souligné qu'il soupçonnait que Honda avait réalisé un pas en avant. Peut-être pour devenir le meilleur moteur du plateau.
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Une puissance politique et technique

Red Bull a remplacé depuis quelques mois Ferrari dans le rôle de plus important influenceur du paddock après Mercedes, en obtenant de ses rivaux de geler le développement des V6 à compter de 2022. Une décision que Mercedes a accepté pour ne pas voir un acteur disparaître du sport (avec ses écuries RBR et AlphaTauri), et que Ferrari regrette.
Puissant négociateur, Christian Horner est passé à l'étape suivante en réalisant une véritable saignée dans les rangs des motoristes de Mercedes dans le but de préparer son propre moteur pour 2025.
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