Red Bull ne sera peut-être bientôt plus la reine des pitstops. L'écurie qui année après année finit en tête des bilans pour sa rapidité d'intervention, ne devrait plus bientôt descendre aussi aisément et régulièrement sous la barre des deux secondes en course. Une directive de la FIA vient en effet de remettre en question ses standards opérationnels, face auxquels ses rivales ne parviennent pas à s'aligner. Dont Mercedes, qu'elle soupçonne d'avoir téléguidé l'opération.
Pourquoi et comment Red Bull est devenue meilleure en tout
Jeudi, l'instance dirigeante du sport automobile a notifié les dix écuries du Championnat du monde de Formule 1 d'un changement de procédures, afin d'obtenir des délais humains, qui ne le sont plus aujourd'hui.
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25/06/2021 À 12:58
A compter du Grand Prix de Hongrie (30 juillet-1er août), un laps de 0"15 devra être respecté entre l'instant où le dernier écrou de roue sera fixé et le moment où les préposés aux lève-vite avant et arrière pourront descendre la monoplace. De même, il devra s'écouler 0"2 avant que le pilote ait le droit (par signal visuel aujourd'hui) de quitter son emplacement.

Le pitstop de Ferrari à Sakhir en 2018 pointé du doigt

Sans surprise, cette mesure a fait bondir Red Bull. "Quand vous ne pouvez pas être battu, la chose la plus logique à faire pour vos concurrents est d'essayer de vous ralentir. Et c'est de tout évidence ce qui se passe", a estimé Christian Horner, le directeur d'équipe de RBR.
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Comme elle en a l'habitude, la FIA a mis en avant la question prioritaire de sécurité pour faire passer sa mesure en urgence, sans l'accord des équipes, ni même concertation préalable. "Le point clé est que c'est une mise à jour proactive en matière de sécurité, reposant sur des délais dans les procédures pour assurer que les décisions sont prises par les manipulateurs des équipements, et non automatisés, ce pour protéger les équipes de mécaniciens d'incidents similaires à ceux survenus il y a quelques années au Grand Prix de Bahreïn", a justifié un porte-parole de la FIA, à la BBC.
L'incident en question est le pitstop qui avait vu Kimi Räikkönen repartir trop tôt du stand Ferrari, en roulant sur le mécanicien chargé de la roue arrière droite de sa voiture, à Sakhir en 2018. Le préposé avait eu une jambe cassée.
Mais cette justification de la sécurité, là encore Christian Horner n'a pas voulu la recevoir. "Ralentir de 0"2, on ne peut presque pas considérer que c'est dangereux parce qu'on juge les écarts, a expliqué l'Anglais. Le gars qui relâche la voiture doit juger, et je pense qu'il (le délai de 0"20) n'a pas été bien pensé."

La "question technique" de Mercedes


Pour le patron de Max Verstappen et Sergio Pérez, la Formule 1 doit être une vitrine de la performance dans tous les domaines. "La F1 c'est l'innovation et la compétition, a-t-il rappelé. Voir des pit stops sous les deux secondes est remarquable et on devrait encourager ça, pas essayer de contrôler ça, autrement où est-ce que ça va s'arrêter ? J'imagine qu'on va bientôt nous dire quel chemin emprunter pour aller au garage, où on doit s'assoir sur le muret des stands, et sur quel bouton appuyer. Je trouve ça décevant. C'est la charge du concurrent d'assurer que la voiture est sécure, et la pénalité pour un écrou pas serré est qu'on doit stopper la voiture immédiatement".
Malheureusement, le tête-à-queue de Valtteri Bottas, en partant de son box chez Mercedes lors des essais libres 2 vendredi, a rappelé que le danger est partout dans la pitlane, et que le législateur n'en fera jamais assez pour le prévenir.
Mais au fond, l'agacement Christian Horner, qui sait qu'une limite a été atteinte en matière de pit stops, vient surtout du fait qu'il est persuadé qu'il s'agit d'un coup bas de Mercedes. Ce dont son patron s'est défendu habilement. "Nous avons fait une demande de précision à la FIA sur le mécanisme de sécurité, qui est relatif au système que nous utilisons, et s'il pouvait être optimisé, a expliqué Toto Wolff. Ça date, je dirais, d'il y a trois ou quatre semaines. Et c'était une question technique. Alors, est-ce que ça a déclenché quelque chose d'autre ? Peut-être. Je ne sais pas."
En réalité, Mercedes a utilisé le stratagème en vigueur depuis cette année dans les équipes pour interdire subtilement les pistolets de Red Bull, qui indiquent aux mécaniciens des lève-vite que les écrous sont bien fixés. L'équipe allemande a, par une simple question, attiré l'attention des délégués de la FIA sur un point précis qui la dérangeait. En demandant de façon faussement innocente si elle pouvait reproduire le système de Red Bull. De bonne guerre à l'heure des ailerons flexibles qui ont fait l'actualité récente chez Red Bull, pour le stabilisateur arrière, et l'avant pour Mercedes.
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