Lewis Hamilton s'est vu gagner le Grand Prix des Pays-Bas, dimanche à Zandvoort, et son échec l'a mis dans une rage folle à la radio. Jusqu'à l'inconcevable : insulter son équipe.
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Saison 2022
Pérez derrière les Ferrari, Hamilton devant Russell : la grille type 2022
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Son plan de course à un arrêt était aussi brillant qu'inattendu : il consistait à démarrer en "medium" et finir avec des "dur", pourtant pas très populaires depuis les essais. Il a failli s'avérer meilleur que celui du Néerlandais volant Max Verstappen (Red Bull), sur une séquence classique "dur", "medium", "tendre".
Le Britannique attendait le second pit stop du Batave avec la certitude de passer en tête, et la possibilité de voir son coéquipier, George Russell, s'intercaler et faire perdre un temps précieux à la RB18 n°1. Mais ce scénario rêvé a pris du plomb dans l'aile lorsque Yuki Tsunoda a garé son AlphaTauri en bord de piste au 48e des 72 tours, soupçonnant qu'on lui avait mal fixé une roue au stand. Le déploiement de la voiture de sécurité virtuelle a incité Max Verstappen à rentrer au stand pour finir en "dur". "La voiture de sécurité virtuelle nous a bien eus !", s'est alors exclamé l'Anglais de 37 ans, assez frustré. Normal : Max Verstappen venait de ressortir de la pit lane toujours en tête, avec plus de 12 secondes de marge sur lui.

Le choix perdant de rester en piste

"Tu peux attaquer !", lui a alors indiqué Peter Bonnington, son ingénieur de course, histoire de le calmer. La Red Bull était moins à l'aise avec les gommes "dur" que la Mercedes, mais le coiffer sur le fil était quand même devenu une mission pratiquement impossible…
Cependant, Lewis Hamilton n'était pas au bout de ses déceptions et de sa colère. Qui explosa après un nouveau coup de théâtre : l'abandon, moteur cassé, de son ancien coéquipier, Valtteri Bottas (Alfa Romeo), au 55e passage. La neutralisation totale de la piste effective, chacun a alors fait ses choix, très vite. Max Verstappen a répondu à l'appel de l'option offensive de passer des "tendre", et George Russell aussi, de son propre chef. Mais pas Lewis Hamilton… S'est-il laissé griser par sa position de leader ? Douze tours à boucler avant le drapeau à damier, c'était la promesse de revivre la même scène qu'à Abou Dabi 2021…

"Notre plus grosse erreur"

Ce "fail" restera une énigme, et Lewis Hamilton a très vite compris dans quel pétrin il s'était mis, tout seul. Sans l'assumer. "Est-ce que ça va être dur de tenir avec les gars derrière moi ?", s'inquiéta-t-il, un tour avant le restart. Poser la question, c'était déjà y répondre, et "Bono" ne l'a pas pris de cours en confirmant par un "Oui" néanmoins calme.
Mal inspiré au redémarrage de la course - pourquoi avoir accéléré avant le dernier banking et donné encore plus d'aspi à Verstappen ? -, LH44 s'est fait aussi croquer par son coéquipier George Russell (qui avait passé des "tendre"), sur une manœuvre assortie d'un coup de volant rageur et plutôt dangereux de sa part. Puis Charles Leclerc (Ferrari), lui aussi en "tendre".
"Ce fut notre plus grosse erreur", a lâché le pilote de la Flèche d'argent, désespérément à la recherche d'une première victoire cette année.
"Je n'y crois pas comment vous m'avez eu (b#!&é dans le texte) ! Je ne peux pas vous dire combien je suis énervé !", a-t-il fini par crier, à la radio. Au fond du garage Mercedes, son patron Toto Wolff, déjà bien tendu, a préféré relever son micro pour ne pas tomber dans l'escalade verbale.

"Nous n'avons pas gagné depuis si longtemps"

Classé quatrième, Lewis Hamilton s'est calmé en écoutant ses propos apaisants à l'arrivée. "Désolé Lewis que ça n'ait pas payé, lui a dit Toto Wolff. Nous en avions discuté en réunion ce matin. Nous avons pris un risque qui n'a pas payé."
"A tous les mécaniciens, merci pour tout le travail fantastique, a répondu dans la foulée Lewis Hamilton. Nous avons fait les meilleurs arrêts au stand de l'année. Merci pour tout ça ! On continue de pousser." Et "Bono" de s'avouer soulagé par ces excuses en mettant un terme à la polémique par ce message : "Nous apprécions le message"
"Premièrement, je suis un combattant, et nous n'avons pas gagné depuis si longtemps, a justifié ensuite Lewis Hamilton, sur Canal+. Mon cœur en avait envie et ce fut une expérience pénible aujourd'hui. Mais je veux m'excuser auprès de l'équipe pour les mots que j'ai eus. Je ne sais plus ce que j'ai dit, mais je suis tellement fier : nos arrêts au stand ont été incroyables, la voiture a été bien tout le week-end. Et la stratégie a bien marché jusqu’à ce dernier moment. Sans cette voiture de sécurité, je ne sais pas si on aurait pu gagner… Mais on aura une victoire cette année. J'en suis certain."

"Nous sommes la poubelle pour le pilote"

"Il avait des pneus 'tendre' et l'aspiration, a-t-il ajouté à propos du dépassement final. Il y avait très peu de chance que je tienne ma positon. Même si j'avais tenu jusqu'au premier virage, il m'aurait dépassé après. C'est sûr qu'on aurait dû s'arrêter pour prendre des "tendre'. C'est vraiment la voiture de sécurité qui nous a mis dedans."
Toto Wolff l'a ensuite défendu. "Nous en avions discuté le matin même, a indiqué le manager autrichien, à Sky Sports. Prenons-nous un risque pour la victoire ? Oui, nous prenons des risques. Ses 'medium' avait cinq tours de plus, et tenir la position était la bonne chose à faire."
"Nous sommes la poubelle pour le pilote, a-t-il résumé. Ils sont hautement émotionnels. Ce combat rapproché pour la victoire, puis on est battu. Chaque émotion remonte. Dans le cockpit, on ne voit pas tout."
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