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Pourquoi Suzuka est magique

Pourquoi Suzuka est magique

Le 12/10/2019 à 23:46Mis à jour Le 13/10/2019 à 00:04

GRAND PRIX DU JAPON - Dès que les pilotes évoquent Suzuka, c'est un concert de louanges sur ce circuit réjouissant et sélectif. Esses du premier secteur, Degner 1 et 2, 130R... Voici pourquoi Suzuka est vraiment à part.

Arrivé au calendrier en 1987, le tracé de Suzuka s'est rapidement imposé comme un haut lieu du pilotage, et un test à propos des qualités d'une monoplace.

"Suzuka possède des caractéristiques dignes des circuits à l'ancienne et j'adore cela. C'est rapide et fluide tout en restant assez brut et bosselé", explique Daniel Ricciardo (Renault). "C'est l'une des meilleures, sinon la meilleure piste du calendrier, estime Lance Stroll (Force India). C'est là que l'on voit tout ce qu'une monoplace de Formule 1 peut faire et chaque portion de la piste a quelque chose de spécial. C'est une combinaison de virages à moyenne et haute vitesses mais, par dessus-tout, le rythme général et la vitesse sont incroyables."

Virage n°1

Il est piégeur car il ne faut pas toucher les freins à l'entrée à 295 km/h. En qualification, l'accélération latérale est de 5G lorsque le pilote appuie enfin sur la pédale de frein. Ce premier virage est déterminant car il conditionne les esses suivant.

Au départ, il offre une prime à celui qui peut s'y engager sur la bonne trajectoire. Souvent, on remarque que l'écart entre le leader et son poursuivant à la fin du premier tour est conséquent, plus que sur beaucoup d'autres circuits.

Flashback : Nigel Mansell en 1991. Déventé par la McLaren d'Ayrton Senna qu'il suit de trop près, le Britannique file dans les graviers et y laisse ses dernières illusions au championnat du monde.

Les esses

De la sortie du virage n°1 à l'entrée dans le n°7, la piste est une alternance de virages à gauche et à droite tout en montée, sur une trajectoire unique de laquelle tout écart est sanctionné au chronomètre. En tout, six changements de direction se succèdent en presque 2 kilomètres, entre 215 km/h et 250 km/h.

C'est vraiment là où il y a le plus à perdre, ce que confirme Max Verstappen : "La piste est vraiment étroite et rapide, c'est important de l'utiliser entièrement. Il faut trouver le bon équilibre de la voiture en matière de réglages et le bon rythme dans les virages 3, 4, 5 et 6 car si on prend mal un virage, on est en mauvaise posture pour la séquence suivante."

Cet enchaînement emblématique du tracé est un plaisir pur de pilote, et Max Verstappen résume assez bien l'avis général de la profession en estimant que "c'est le meilleur premier secteur de tous les circuits". Au moment de Silverstone, tous les ans, on parle beaucoup de Maggots - Becket - Chapel, mais les esses nippons n'ont rien à leur envier.

Flashback : Nigel Mansell en 1987. Le vendredi, il sort à la fin des esses, part en tête-à-queue et percute le mur de pneus en marche arrière. Sa Williams rebondit, décolle et le Britannique se fait mal au dos lorsqu'elle retombe au sol. Il est forfait pour la course et Nelson Piquet champion du monde.

Degner 1 et 2

C'est l'appellation des virages n°8 et n°9. Degner 1 se négocie à 240 km/h, Degner 2 à 145 km/h. Ces difficultés sont assez liées et une erreur dans la première se paie cash dans la seconde. Au mieux, c'est la sortie de piste, au pire le mur car le dégagement n'est pas large à cet endroit.

"Mon virage préféré est Degner 1, qui est selon moi le virage le plus impressionnant de l'année, déclare Lance Stroll (Racing Point). C'est probablement l'un des virages les plus étroits du circuit, mais on le prend en cinquième, à 260 - 270km/h, et c'est très impressionnant."

Flashback : Charles Leclerc (Sauber) out en 2018.

Spoon

Il correspond aux virages n°13 et 14 à l'autre bout du circuit, mais son nom, dû à sa forme de cuillère, est resté. C'est un 180° interminable parcouru à 75 km/h qui ouvre sur la seconde portion de ligne droite du circuit. Adhérence en entrée et traction en sortie indispensables.

Flashback : L'accrochage entre Sebastian Vettel (Ferrari) et Max Verstappen (Red Bull) en 2018.

130R

Son nom tient de son angle ouvert à 130 degrés. Il se négocie à 315 km/h et se risquer à dépasser exige d'être "courageux" selon Nico Hülkenberg (Renault).

Flashback : Fernando Alonso (Renault) double Michael Schumacher (Ferrari) à l'extérieur en 2005.

La Chicane

C'est la dernière difficulté du circuit, et non des moindres, car une faute de placement à l'entrée gâche la sortie, et toute la descente de la ligne droite des stands.

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