Grand Prix du Japon | Tout ce qu'on sait, c'est que Max Verstappen (Red Bull) ne laissera rien aux pilotes McLaren
Par Julien Pereira
Mis à jour 08/04/2025 à 17:32 GMT+2
À Suzuka, Max Verstappen a fait du Max Verstappen. En course comme en qualification, le Néerlandais n'a laissé aucune marge de manœuvre à McLaren, malgré le déficit de performance de sa monoplace par rapport à celles de Lando Norris et Oscar Piastri. Ce Grand Prix du Japon a encore démontré que le champion du monde était capable de tout compenser.
Lando Norris e Max Verstappen si stringono la mano al termine del GP Giappone 2025, Formula 1
Crédit: Getty Images
Lando Norris n'a pas attendu ce dimanche pour le savoir, mais sa sortie des stands, au Japon, lui a permis de s'en souvenir. Contraint de s'aventurer dans l'herbe, alors qu'il était aux côtés de Max Verstappen à ce moment-là, le Britannique a lui-même fait la bonne analyse, à l'arrivée : "Il ne faut pas attendre de Max qu'il vous laisse beaucoup de place." Ce constat s'applique non seulement à ce petit fait de course mais aussi, plus globalement, à tout ce qui touche de près ou de loin à la piste. Le Néerlandais prendra tout, tout le temps. Et ne laissera jamais rien aux autres.
Tout cela n'est évidemment pas bien nouveau. Ce qui a changé, c'est que cette particularité-là semble être aujourd'hui sa principale arme pour conserver sa couronne. Il est toujours difficile de mesurer le réel écart de performances entre la McLaren et la Red Bull. Côté "papaye", on cherche à le minimiser pour ne pas avoir à justifier tout autre résultat qu'un doublé à chaque Grand Prix. Côté autrichien, c'est l'inverse. Dimanche, lorsque Viaplay l'a interrogé sur ce qu'il aurait été capable de faire au volant de la monoplace de ses deux rivaux, Verstappen n'a pas hésité une seule seconde : "Vous ne m'auriez pas vu".
Tant d'écart de performances pour un seul point
Et lorsque que Sky Sport a demandé à Helmut Marko si un autre pilote aurait pu gagner avec Red Bull, comme Verstappen l'a fait à Suzuka, sa réponse était elle aussi très claire : "Non. Il n'y a que lui. Il est incroyable. Il a fait 53 tours sans absolument aucune erreur. Et tactiquement, dès que Norris se rapprochait de la zone DRS, il remettait deux dixièmes d'écart."
Dimanche, le clan McLaren n'a cessé de répéter que la course s'était en réalité jouée samedi, en qualification, et qu'il n'aurait rien pu faire de mieux durant le Grand Prix. Les pilotes de l'écurie de Woking comme leurs dirigeants ont sans doute de (bonnes) raisons de le croire. Cela n'enlève pourtant rien au mérite de Verstappen, bien au contraire : il était encore plus difficile de mater les "papayes" sur un tour, en se jetant comme il l'a fait dans la dernière chicane, que sur l'entièreté d'une course offrant de faibles opportunités de dépassement.
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La joie de Max Verstappen, vainqueur du GP du Japon en 2025.
Crédit: Getty Images
Sûre de sa force et de ses hommes, l'entité McLaren préfère relativiser, se satisfaisant du "très bon résultat d'équipe" décroché à Suzuka, qui a non seulement permis à Lando Norris de conserver la tête du championnat, mais aussi à Oscar Piastri d'y grimper à la troisième place. Pourtant, après trois Grands Prix et un Sprint, Verstappen a accentué la menace en réduisant son retard sur le pilote britannique à un seul petit point.
Et si le vent tournait ?
Lorsque Piastri part en aquaplanning à Melbourne, lorsque Norris loupe complètement son départ lors du sprint à Shanghai avant d'y terminer le Grand Prix avec des freins à l'agonie, le Néerlandais, lui, maximise. "Cela montre que si nous réussissons vraiment tout, nous pouvons être parmi les meilleurs, a insisté le quadruple champion du monde en titre. Mais de notre côté, nous voulons faire mieux que de simplement figurer parmi les meilleurs de temps en temps."
Rien n'indique, en effet, que Red Bull ne comblera pas ne serait-ce qu'une partie de son retard sur McLaren dans les prochaines semaines ou prochains mois. "Nous connaissons nos limites, a admis le Néerlandais. Il nous faut donc essayer de les contourner autant que possible. Ce n'est pas encore réglé. J'espère que ce sera bientôt réglé, mais je ne peux pas vous donner d'échéance."
Tout le retard qu'il n'accumule pas, en attendant, se transformera peut-être en avance un peu plus tard. "Max me rappelle moi en 2012, a souligné Fernando Alonso auprès d'Autoracer.it. Il maintient le championnat en vie en ayant seulement la troisième ou quatrième meilleure voiture." Cette année-là, l'Espagnol avait perdu le titre avec trois petits points de moins que Sebastian Vettel. Et il n'est vraiment pas certain que l'écart soit beaucoup plus grand en décembre prochain.
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