Non l’équipe de France n’a pas pris un préparateur mental, un gourou ou un spécialiste de l’hypnose pour aborder ce Mondial. Et pourtant, quelle force de caractère cette équipe démontre depuis deux semaines au pied des pyramides de Gizeh ! Encore une fois, lors du quart de finale face à la Hongrie, les Bleus sont passés par tous leurs états, avec des hauts et des bas, mais c’est bien la tête haute et une nouvelle victoire dans la poche, la 7e en autant de rencontres en Egypte, qu’ils sont repartis (35-32, a. p.).
Ce groupe s'est forgé dans la douleur et aime la compétition
"Ce que je veux ressortir, c’est l’état d’esprit des joueurs, a d’ailleurs souligné Guillaume Gille, au micro de beIN Sports, après ce nouveau succès au forceps. Il y a beaucoup de choses à parfaire dans cette équipe, mais elle a cette envie de se confronter. Ce groupe aime la compétition et se bagarre pour ça, c’est ce que je retiens de ce Mondial pour le moment". Des bagarres, il y en a eu, beaucoup, côté français dans ce Mondial. Surtout lorsqu’on s’y attendait le moins.
Championnat du monde
Le dernier carré au bout du suspense
27/01/2021 À 21:16
Face à la Suisse (25-24) lors du tour préliminaire, ou contre l’Algérie (29-26) et l’Islande (28-26) pendant le tour principal. Trois rencontres agrémentées de fins de rencontres irrespirables, avec une équipe de France sur courant alternatif. Comme ce mercredi face à la Hongrie. Menés de 6 buts après 11 minutes et une entame catastrophique, les Bleus auraient pu paniquer, exploser en vol, mais non. Grâce cette fois à leur capitaine Michael Guigou, ils ont progressivement refait leur retard. "Depuis le début de notre préparation, avec la configuration dans laquelle nous sommes, ce groupe s’est forgé dans la douleur, en trouvant des solutions parfois difficiles mais on a toujours réussi à trouver la lumière. Cela valide ce travail et l’engagement des garçons qui refusent la défaite et veulent continuer de grandir et d’avancer", a tenté d’expliquer Guillaume Gille après la qualification en demie.
Ce qui fait qu'on est aussi costauds dans la tête ? Notre passé peut-être...
Une idée validée par ses joueurs, notamment Valentin Porte, toujours au micro de beIN Sports : "Je n’ai pas la recette, je ne sais pas ce qui fait qu’on est aussi costauds dans la tête. C’est un peu notre passé peut-être, la compétition de l’an dernier qui ne s’est pas bien passée (élimination dès le tour préliminaire à l’Euro, NDLR), les deux matches face à la Serbie où on passe pour des guignols (défaite et nul début janvier en match pour la qualification à l’Euro 2022, NDLR)… Tout ça fait qu’on n’a plus envie de revivre ça et d’exploiter au maximum notre potentiel tactique, technique et mental". Les Français l’ont encore fait avec brio prenant peu à peu le pas sur des Hongrois qui, en face, se sont progressivement mis à déjouer.

Dika Mem et Kentin Mahé lors de France - Algerié au Mondial 2021

Crédit: Getty Images

Ce succès, les Bleus le doivent aussi à la force de leur collectif, et à une profondeur de banc plus grande que celle de la Hongrie : "On s’est dit avec Hugo (Descat), Yann (Genty) et Nicolas (Tournat), qu’il fallait remettre un petit coup d’accélérateur, c’est notre rôle de seconde lame de remettre un petit coup après la mi-temps, on l’a fait et tant mieux", a ainsi expliqué Valentin Porte. Avec Romain Lagarde, ces 4 joueurs ont en effet forcé la décision, tant en deuxième période que dans la prolongation, où les Bleus n’ont pas faibli après avoir gâché une avance de 3 buts dans le money-time. "On a essayé de rester calmes, forts dans nos têtes, ça nous a permis de récupérer des ballons en défense et ça nous a aidés à gagner ce match dans les prolongations", a résumé Guigou après coup.
On a montré que, même en étant menés, on peut gagner
"On s'est battu pendant 70 minutes, a apprécié Lagarde. J'ai su me mettre dedans pour les prolongations (il est rentré en jeu après la blessure de Timothey N'Guessan). On sait qu'on va souffrir à tous les matches et maintenant on a une demi-finale à jouer (vendredi contre la Suède). On a montré que, même en étant menés, on peut aller chercher la gagne". Cette force de caractère, c’est vrai, pourra faire la différence lors des deux derniers matches des Français, d’abord opposée à une équipe de Suède sûrement plus fraiche. Le scénario fou du quart entre l’Egypte et le Danemark un peu plus tôt en est une autre preuve.
"C’est plutôt une bonne nouvelle pour la suite parce que maintenant les matches vont beaucoup se jouer au mental, c’est déjà une bonne chose si on a ça", s’est d’ailleurs réjoui Valentin Porte. "Tous les matches qu’on a eus, à part le Portugal et la Norvège, étaient des matches accrochés, et c’est vrai qu’on a soit sorti des bonnes défenses, soit des arrêts, soit des bonnes dernières attaques. C’est forcément crucial quand on arrive aux matches couperets", a également abondé Michael Guigou, qui fêtera ses 39 ans ce 28 janvier. Et qui espère bien continuer à prouver que, dans ce Mondial, ce sont bien les Français les rois du mental.
Tokyo 2020
"On a essayé de vous donner du bonheur derrière vos écrans en ces temps difficiles"
07/08/2021 À 15:08
Tokyo 2020
Pour les Bleus et Michaël Guigou, la porte ou l’Histoire
11/03/2021 À 23:00