La lumière au bout du tunnel pour Montpellier

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LIGUE DES CHAMPIONS - Vainqueur de la deuxième Ligue des champions de son histoire face à Nantes dimanche à Cologne, Montpellier retrouve le toit de l'Europe et le bonheur, quelques années seulement après la fin brutale de son emprise sur le hand Hexagonal. Les fruits d'un travail minutieux de reconstruction.

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On dit qu'après la pluie, vient le beau temps. Si c'est bien le cas, alors le deuxième titre de champion d'Europa glané ce dimanche par Montpellier à Cologne face à Nantes figure comme un rayon de soleil éclatant pour le MHB, comme le rappelait le pivot Ludovic Fabregas après avoir soulevé le trophée : "C'est encore plus beau, vu ce qu'a connu le club. On est passé par la galère, mais on a travaillé dur". Archi dominant de la fin des années 90 à 2012, où il a remporté 36 de ses 41 titres, tant en France qu'en Europe, avec l'obtention de la première Ligue des champions de l'histoire du hand français en 2003, le club montpelliérain avait connu un coup d'arrêt monumental, il y a 6 ans, avec l'affaire des paris truqués.
Paris truqués, Montpellier plombé
Le fait divers, qui avait touché non pas le club mais plusieurs de ses joueurs, dont ses stars Nikola Karabatic, Dragan Gajic et Samuel Honrubia, ainsi que certains membres de l'encadrement, est un véritable raz-de-marée qui emporte tout sur son passage, dont les frères Karabatic donc. Car l'institution était déjà sur le point de vaciller après une gestion catastrophique de ses finances (notamment la masse salariale), le club atteignant presque les 400 000 euros de dettes en 2014. Durant ces années, on parle presque plus de faillite que de handball dans l'Hérault.
Remy Lévy, qui a repris les rênes du club depuis 2011, épaulé de son inamovible coach à la double casquette (il est également manager) Patrice Canayer, vont alors entreprendre de tout changer. Avec le départ des stars touchées par la disgrâce, à l'exception de Vid Kavticnik, toujours présent aujourd'hui, le MHB s'ouvre à des capitaux étrangers, et cherche d'autres profils de joueurs, moins clinquants peut-être, mais surtout moins chers. "Depuis les secousses que le club a pu connaître, ils sont partis sur une logique d’équipe plus homogène dans le talent, constituée de joueurs expérimentés, revanchards, et aussi de jeunes prometteurs, et ça marche de mieux en mieux", nous confiait avant ce week-end le gardien du HBC Nantes Arnaud Siffert, qui a passé trois ans dans cette cathédrale du hand tricolore (2013-2016). "C’est ce qui fait notre force, appuyait l'un des visages de cette nouvelle politique le jeune (22 ans) Melvyn Richardson. On arrive à produire du beau jeu, du beau handball, on prend du plaisir à jouer ensemble, et on voit que le public aime nous voir jouer, et c’est ça qui est beau !"
Arnaud Siffert, lui, ne pensait pas si bien dire puisque le groupe de Canayer a lui-même dépassé ses plus folles attentes : "C'est vraiment un soulagement, particulièrement pour moi qui n'avait jamais rien gagné en club. Commencer par une Ligue des champions, je n'en demandais pas tant (sourire) ! J'étais venu (en 2016, NDLR) pour ça, mais jamais je ne pensais qu'on y arriverait aussi tôt", déclarait, médaille d'or autour du coup, l'international français Valentin Porte, au micro de beIN Sports. Son entraîneur, lui s'est montré beaucoup plus poétique : "Cette semaine on a grandi tous ensemble, on a tout connu. C'est ça qui est fabuleux, la compétition c'est un raccourci de la vie, et il faut savoir surmonter les épreuves. C'est dans les moments comme ceux-là qu'il faut donner tout ce qu'on sait faire".
Prophétique, en 2016, après la première saison blanche de son équipe depuis 1998, et alors que le PSG était devenu le club numéro 1 en France, il déclarait au Figaro : "Si vous enlevez l’hégémonie du PSG, sur les trois dernières saisons, on n’est pas loin de retrouver le Montpellier des grandes heures. On a été confronté à la montée en puissance d’un club avec une économie très particulière. Je ne pleure pas par rapport à ça. Au contraire, c’est peut-être une chance pour nous. Cela nous a obligés à nous remettre en cause. Peut-être que sans Paris, on n’en serait pas là aujourd’hui". C'est sûr même puisque la bataille acharnée que se sont livrées les deux équipes cette saison en championnat explique peut-être le parcours incroyable de ce Montpellier sur la scène européenne.
Très au-dessus dans son groupe de poule basse, les Montpelliérains ont réalisé l'exploit de sortir le FC Barcelone- champion d'Europe 2015 -en huitièmes, avant d'écarter le lauréat 2014, Flensburg, au tour suivant. Preuve que cette talentueuse équipe, où l'Argentin Diego Simonet, l'inarrêtable Michael Guigou- déjà sacré en 2003 -et l'infranchissable Vincent Gérard guident les nouvelles têtes d'affiche de l'équipe de France championne du monde (Fabregas, Porte), ainsi que les jeunes prometteurs (Richardson donc mais aussi le Suisse Portner aux cages, Grebille, Causse, Bonnefond ou Faustin), a des ressources, elle a abordé ce week-end la tête à l'envers. Battus à Saint-Raphaël (25-26), mardi, les Héraultais venaient de perdre leur première place en Lidl Starligue, probablement pour de bon.
Face au vainqueur de la dernière Ligue des champions, le Vardar, samedi, ils ont répondu de la meilleure des manières avant de finir en apothéose ce dimanche contre l'un de leur rival le plus farouche, Nantes. "La défaite face à Saint-Raphaël nous a motivé pour être aussi forts ce week-end, racontait après le sacre Diego Simonet, drapeau de l'Argentine sur le dos. Si on joue bien, on peut batte n'importe qui, c'est une équipe jeune qui ne réussit pas tout tout le temps, mais quand ça marche c'est merveilleux", disait ce passionné de peinture, qui a dessiné le chef d'œuvre final face au "H" ce dimanche. Une réaction de champion, inspirant ces mots à Patrice Canayer : "C'est un grand club, et maintenant c'est devenu une grande équipe". Qui a retrouvé sa place au sommet de l'Europe.
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