Ils sont au panthéon du sport français depuis un bail. Mais ils n’ont de cesse d’y cimenter leur place. Samedi à Tokyo, les handballeurs de l’équipe de France ont ajouté une ligne de plus à leur inénarrable légende, en décrochant un troisième titre olympique en quatre éditions, triomphant en finale du Danemark (25-23). Trois hommes ont été de ces trois campagnes victorieuses (2008, 2012, 2021 - lors des JO de Tokyo 2020) : Luc Abalo, Michaël Guigou et Nikola Karabatic.
Un Karabatic qui a bien cru rater le rendez-vous olympique tokyoïte, lorsqu’il a été opéré du genou droit en octobre dernier. D’où une émotion débordante qu’il a partagée à notre micro quelques instants après cette nouvelle consécration. "Je n’ai pas de mots, a-t-il soufflé. Merci à ma famille, au staff du PSG, au staff de l’équipe de France, à toutes les personnes qui m’ont envoyé des messages, pour me soutenir, pour me booster et cela m’a vraiment motivé."

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Pour l’arrière-gauche parisien, cette médaille a définitivement une saveur particulière : "Celle-là, elle est aussi pour tous les blessés, les blessés du genou, des épaules... Vous m’avez donné de la force, on a essayé de vous donner du bonheur derrière vos écrans en ces temps difficiles. Merci et celle-là elle est pour vous." Ce titre est singulier pour son compère Michaël Guigou aussi. L’ailier de 39 a annoncé qu’il mettait un terme à sa carrière internationale, au micro de France Télévisions.
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"J’ai du mal à réaliser, on a tous un peu du mal à réaliser, a commenté Guigou, dont la première sélection remonte à juillet 2002. C’était une compétition particulière, sans public, où il faut aller chercher encore plus loin, tous ensemble. C’est une victoire incroyable. Surtout que je finis comme ça (…) Sortir sur une médaille d’or olympique, c’est une belle sortie." Un doux euphémisme.

Finale de rêve et finish de fou : le résumé du sacre des Bleus

On a maîtrisé le match pendant 45-50 minutes
Guigou se dit "pas très matérialiste", mais il admet qu’il est temps de se retourner vers les exploits accomplis, symbolisés par une collection royale : "Dix médailles d’or (en grande compétition NDLR), c’est fou. Je vais les rassembler quand même (...) Je suis très, très fier de cette longévité, d’avoir su aider l’équipe dans des rôles différents. C’est incroyable."
L’électron libre des débuts a laissé place à un relais privilégié du sélectionneur Guillaume Gille. "Être capitaine c’est se poser beaucoup de questions pour le groupe. Sur le terrain, j’ai essayé d’accompagner au maximum l’équipe, détaille l’ancien joueur de Montpellier, qui poursuit sa carrière à Nîmes depuis deux ans. Je suis très fier de tout ce groupe, qui s’est vraiment servi de tout ce qu’il avait pour aller chercher la médaille d’or."

Un kung-fu pour débuter : le superbe but de Karabatic pour lancer les Bleus

Certes ému, Karabatic n'a pas perdu son flegme, pour débriefer cet énième sacre : "Il y avait de la dramaturgie (dans cette finale), beaucoup d’engagement, d’intensité. Un gros match défensif des deux côtés. Les défenses ont pris le pas sur les attaques." Un temps, l’équipe de France a semblé se diriger vers une large victoire (18-12 à la 36e minute), mais elle a tremblé jusqu’au bout, comme le raconte la star du PSG : "On a maîtrisé le match pendant 45-50 minutes. On prend deux fois ‘2 minutes’, c’est là où ils reviennent et où l’on se met dans une fin de match difficile."
C'est la revanche de 2016, on était alors favoris...
Perfectionniste, jusqu’au bout : "On rate encore des choses faciles pour se mettre à l’abri et on s’en sort avec notre défense, avec un gros arrêt de Vincent [Gérard], une grosse défense de Luka [Karabatic, son frère] à la fin, où l’on tient." Pour tenir, les cadres des Bleus ont peut-être puisé dans la frustration de l’échec de Rio. Il y a cinq ans, le Danemark avait fait tomber la France, double tenante du titre, en finale des JO.

Abalo : "Ça fait cinq mois que j’imaginais ce match contre les Danois"

"Cela fait cinq mois que je pense à ce match contre les Danois, que j'imagine toutes les actions, nous a confié Luc Abalo, qui a lui aussi vécu une préparation très contrariée. J'étais persuadé que j'allais faire un bon match (...) Les prestations que l'on a réussi à faire depuis le début de ces Jeux Olympiques m'ont rassuré.Il s'est passé quelque chose collectivement. Il y a eu des embrouilles, des trucs qui n'allaient pas, mais on a réussi à se parler."
"C’est la revanche de 2016, a noté Guigou. On était alors favoris. Peut-être qu’aujourd’hui on l’était un peu moins… C’est une médaille (d’argent) parmi les autres, qui a servi à nous faire avancer, peut-être à aller chercher le titre mondial en France en janvier 2017." La morale de l’histoire, selon lui ? "Tout sert à quelque chose." Son palmarès donne envie de le croire.

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