C’était l’un des pires cauchemars de Yamaha. C’est aujourd’hui le scénario rêvé. En 2006, Valentino Rossi perdait un titre qui lui était promis lors de l’ultime Grand Prix de la saison. Seize ans et une semaine plus tard, le constructeur japonais s’accroche à ce souvenir pour croire, encore, à un miracle qui offrirait une deuxième couronne de champion du monde. L’enjeu est le même, le circuit et le timing aussi. Alors, si c’est arrivé à la firme nippone, pourquoi pas aux autres ?
"Pour Valentino, gagner aurait dû être une formalité, s’est empressé de rappeler Lin Jarvis, patron de l’équipe Yamaha, juste après le Grand Prix de Malaisie auprès de motogp.com. Mais l’impensable est arrivé. Vale a chuté et Nicky a remporté le titre. Je sais que Valence est une piste très difficile donc tout peut arriver." Pour conserver son trône, Fabio Quartararo doit absolument s’imposer et espérer, aussi, une contre-performance de son rival, Pecco Bagnaia. Car s’il ne termine pas au-delà de la 14e place, l’Italien sera sacré dans tous les cas, indépendamment du résultat du Français.
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Cette fois, Fabio Quartararo doit finir premier
La conjoncture rend la comparaison avec l’incroyable dénouement de 2006 plus difficile. A l’époque, seuls huit points séparaient "Le Docteur", leader du championnat avant la dernière manche à Valence, de son dauphin Nicky Hayden. L’Américain avait donc pu se contenter du podium à l’arrivée pour rafler la mise, alors que l’Italien était remonté jusqu’au treizième rang. "Je pense que c’est assez différent, a ainsi souligné Paolo Ciabatti, le directeur sportif de Ducati. […] C’est possible, je suis d’accord avec Lin. Mais on verra."
Dans ce drôle de jeu de communication, où chaque camp tente de rejeter tout le poids de l’enjeu chez le rival, le clan Ducati reste pragmatique. "Cette fois, Fabio doit finir premier, a insisté Ciabatti. La saison dernière [...] Ducati a fait un triplé en qualification mais aussi en course sur ce circuit. On croise les doigts parce qu'on est superstitieux mais on peut être confiants dans notre situation."
D'autant que cette fois, les consignes susceptibles d'être passées par la firme italienne ont toutes les raisons de plaire aux différents pilotes de la marque, puisque tout homme privant Quartararo d'un succès sacrera Bagnaia. Il n'empêche, s'il n'a aucun intérêt à prendre le moindre risque, "Pecco" a d'ores et déjà démontré qu'il ne se contenterait pas des places d'honneur.

Fêter le titre, c'est bien... le faire avec une victoire, c'est mieux

Ces dernières semaines, l'Italien a souvent laissé entendre qu'il souhaitait se débrouiller sans les consignes d'équipe. Et il n'a pas franchement calculé, en Malaisie, lorsque Enea Bastianini a donné des sueurs froides à la direction ducatiste en jouant la gagne coûte que coûte. Pour Bagnaia, c'est à la fois une question d'ego, un signal pour 2023 et la meilleure manière de fêter un titre de champion du monde.
À Sepang, le leader des Rouges a aussi relevé très haut le curseur de sa résistance à la charge mentale. Au même titre que Fabio Quartararo, costaud pour retarder l'échéance sur un circuit difficile pour sa monture. "Valence est un tracé que j'apprécie, a confié le Français. [...] Tout ce que je dois faire est me battre pour gagner. Ensuite, on verra."
L'année dernière, "El Diablo" était devenu champion du monde après avoir succédé à Rossi chez Yamaha. Ce dimanche, il faudrait une intrigue similaire à celle vécue par l'Italien en 2006 pour que le Niçois double la mise. Sinon, le titre reviendra à Bagnaia, l'un des produits de l'académie créée par Le Docteur. Qui n'avait encore jamais placé l'un de ses élèves au sommet de la catégorie reine.

Fabio Quartararo (Yamaha) et Francesco Bagnaia (Ducati) sur le podium du Grand Prix de Malaisie 2022

Crédit: Getty Images

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