C'est un nouveau retour et, à force, on a arrêté de les compter. Après deux semaines de plus en enfer, qui ont suivi l'une des pires chutes de sa carrière, Marc Marquez va retrouver l'un de ses circuits fétiches, au Texas, dans le cadre du Grand Prix des Amériques. Désormais, plus grand monde ne spécule sur son éventuelle victoire dimanche, bien qu'elle soit imaginable, à défaut d'être réaliste. Les deux dernières saisons vécues par l'Espagnol ont fait bouger les intérêts. Marquez est là, apte à rouler. Et c'est déjà bien.
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Il faudra patienter, au plus tôt jusqu'à samedi - et la qualification - au plus tard jusqu'à dimanche soir, pour savoir si ces incessantes galères peuvent réellement peser moins lourd que la supériorité numérique. À Austin, le Catalan est venu huit fois. Il a gagné à sept reprises. Ce week-end, sa priorité est ailleurs : "Je ne cherche pas la victoire, a-t-il confié jeudi. Juste de la confiance. Je ne vais pas attaquer plus que de raison parce que je ne veux pas plus d'accidents."

Marquez aurait pu revenir en Argentine

La différence est là. Malgré sa triple opération de l'humérus en 2020, le retour de sa diplopie en 2021, Marquez n'avait jamais semblé aussi affecté psychologiquement que physiquement. Il avait eu des coups de mou. Avait vécu de grands moments de doute. Mais jamais de quoi changer sa nature profonde, celle d'un pilote hors norme dont le rapport au risque est longtemps resté différent de celui des autres. Et maintenant ? La donne a changé.
Il y a quelques mois, le pilote de 29 ans aurait peut-être tenté un retour dès le Grand Prix d'Argentine, la semaine dernière. "J'aurais pu, mais je n'étais pas prêt à prendre ce risque, a-t-il avoué. J'en ai discuté avec mon médecin et j'ai décidé de rester sage et de rester à la maison."
Pour le champion qu'il est, en quête d'un retour au sommet, chaque coup d'arrêt devient de plus en plus difficile à surmonter. "C'est un mélange de plusieurs choses, a-t-il expliqué. Ce n'est pas tant la blessure en elle-même, la diplopie. Mais plutôt le fait que je me sois blessé une nouvelle fois. Si je suis ici, c'est parce que je ressens toujours cette passion qui surpasse toutes les souffrances."
Le risque sera le même ce week-end ou dans un an
Et les inquiétudes ? En conférence de presse, Marquez a avoué ne pas se souvenir de la chute de Mandalika. Il n'a en tête que les images qu'il a revues après coup. Il sait, aussi, que ce problème de double vision qu'il avait découvert en 2011, et qui l'avait épargné durant plus de dix ans, est maintenant une menace permanente.

Marc Marquez dans son box lors du Grand Prix d'Indonésie, le 18 mars 2022

Crédit: Getty Images

"J'ai parlé au médecin, je lui ai demandé quelles étaient les chances que cela se reproduise, a confié le sextuple champion du monde. Il m'a dit que le risque sera le même ce week-end ou dans un an. C'est un nerf qui bouge avec l'impact. C'est maintenant mon point faible. Mais si je suis là, c'est pour courir. Je ne vais pas penser à la chute." À Austin, il a bien d'autres bons souvenirs à se remémorer.
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