Fabio Quartararo est tout beau, tout neuf, tout pimpant et prêt pour la rentrée des classes, ce week-end au Qatar. Transfuge de Petronas vers Yamaha Factory cet hiver, un transfert officialisé dès janvier 2020, le Français entame sa troisième saison de MotoGP avec beaucoup d’ambition et surtout l’envie d’effacer l’exercice 2020 de sa mémoire. Vainqueur de ses premiers Grands Prix en catégorie reine la saison dernière à Jerez, lors des deux premières sorties de la saison, puis vainqueur une troisième fois lors du Grand Prix de Catalogne fin septembre, le Français a surfé pendant les trois quarts de la saison sur ce départ canon, avant d’échouer.
Comment expliquer cet échec ? Il a été la conséquence d’un ensemble de facteurs plus que d'un seul. En premier lieu, il faut pointer du doigt la machine : sa Yamaha a été en grande difficulté hors des tracés espagnols et le constructeur japonais a galéré toute la saison à cause de sérieux problèmes avec le moteur. Ce raté a aussi été un peu la faute du Français qui a mis carrément mis la charrue avant les bœufs à certains moments alors que son coéquipier Franco Morbidelli a fait exactement l'inverse : il a terminé la saison en trombe et réussi à rester régulier. Du côté des Yamaha officielles, la saison n'a été que hauts et beaucoup de bas.
Pour Quartararo, ne pas réussir à aller au bout de son défi ultime, celui de devenir champion du monde, a peut-être été un mal pour un bien si on prend les choses avec beaucoup de philosophie. C’est le cas d’El Diablo. Il a appris sa leçon.
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J'ai réussi à me sortir de la tête que je prenais la place de Rossi
Cet échec, Quartararo l'explique par les soucis mécaniques et sa perte de feeling avec sa Yamaha Petronas, mais aussi par le retour de ses démons. Quand il sur-pilote, il se trompe. "L’année dernière, ce qu’il s’est passé c’est que... même dans les catégories Moto3, Moto2, je n’ai jamais eu l’opportunité d’être leader d’un championnat. Et l'année dernière, j’étais leader du championnat pendant la moitié du championnat. On a eu des difficultés niveau mécanique, niveau moteur. On a eu tellement de problèmes qu’on n’avait pas les moyens de se battre pour la victoire, mais j’essayais quand même de forcer et je tombais et je faisais des résultats médiocres", a-t-il analysé dans un entretien donné à Canal +.
Cette saison, avec la Yamaha bleue, il agira différemment. Place à l'extrême régularité. "Je pense que si on a l’opportunité de finir 6e ou 7e, et bien, il faut prendre ces positions là et ne pas pousser au-delà de nos limites, tomber, et perdre énormément de points. Donc, ça, ça sera quelque chose que je prendrai en compte cette année pour vraiment marquer le maximum de points avec le meilleur matériel qu’on peut avoir." En conférence de presse, jeudi, il a reconnu avoir pris beaucoup d'expérience. "Cette fin de saison a été difficile, mais j'ai beaucoup appris."
Il l'assure, s'il y a un an remplacer son idole Valentino Rossi et passer dans une écurie officielle lui mettait une chape de plomb sur la tête, ce n'est plus le cas maintenant. De ce côté-là aussi, il a fait le vide. Dans l'appréhension des événements, des attentes, il a progressé. "Je n'ai pas vraiment de pression, j'ai réussi à me sortir de la tête que je prenais la place de Valentino. Surtout, je peux me dire que je suis pilote officiel Yamaha. Mes objectifs sont clairs. J'ai plus de motivations, mais, surtout, j'ai vraiment hâte de commencer."

Quartararo a trouvé les bon réglages pour Losail

Revenu aux affaires il y a quinze jours lors des tests de pré-saison à Losail, le Français a reconnu que sa première saison avec Yamaha Factory avait mal débutée, si on peut l’exprimer ainsi. Rien de très grave, rassurez-vous. Le Niçois l’a reconnu volontiers, il a eu du mal à se remettre dans le bain après trois mois de coupure. Mais ça lui a mis un coup de fouet. "Ce n’était pas facile, mais on a travaillé pas mal de choses sur le rythme. Donc je suis content", expliquait-il à Canal + après la première journée d’essais. Ces tests lui ont en réalité plus servi à découvrir sa nouvelle machine, la M1-2021, une évolution de la machine de 2020.
Quartaro a évidemment fait le job pendant ces essais. Il a testé son rythme. Il a aussi affolé les chronos lors du cinquième jour en claquant un impressionnant 1’54"5, le troisième meilleur temps combiné des cinq jours et du shakedown. Tout près du meilleur temps de Jack Miller (Ducati), à 0"080, et dans les échappements de son coéquipier Maverick Viñales, à 0"019, le Niçois a fait forte impression. Prudent, il a rapidement mis de côté cette pré-saison. "Le grip qu'on a en ce moment ne sera plus le même en course, pareil pour les chronos en mode attaque : on ne fera pas ce rythme-là en course", concluait-t-il à Canal +.
Questionné à nouveau dans l'émission En Pole, sur Canal, mercredi, Quartaro a donné plus d'indications sur ce repérage grandeur nature à Losail. "C'était vraiment positif en sachant qu'on a fait quatre jours de tests en essayant beaucoup de choses. Lors du dernier jour, on a fini sur un très beau chrono. Mais on ne s'est pas concentré sur un seul chrono. Je me suis concentré à trouver le positif de chaque pièce qu'on devait essayer", a-t-il détaillé. Avant d'annoncer la couleur. Il semble avoir trouvé les bons réglages sur un tracé où Yamaha est clairement moins à l'aise que Ducati, grand favori de ce week-end d'ouverture. "Dès la première séance, on va partir sur une moto avec laquelle j'aimerais vraiment pouvoir montrer mon rythme et essayer de me battre pour la victoire."

El Diablo est "prêt"

Quartaro a changé de statut. Sa saison 2020, bien qu'incomplète, est passée par-là. Au moment de faire la grande photo de classe avec sa nouvelle combinaison et sa nouvelle monture, Quartararo s'est fait arrêter dans la ligne des stands pour un check et une bonne discussion avec le grand patron de la Dorna, et promoteur du MotoGP, Carmelo Ezpeleta. Une scène qui paraît banale à première vue dans un paddock, mais El Diablo ne laisse pas indifférent. Même quand il s'agit du Bernie Ecclestone de la Moto. Sa personnalité positive attire et fait de lui un vrai personnage du Championnat du monde.
La prochaine étape pour lui sera de décrocher ce titre de champion du monde MotoGP. Il faudra pour cela devenir plus régulier du vendredi au dimanche, battre son coéquipier, et un plateau qui a vu la saison 2020 offrir beaucoup d'opportunités pour jouer devant. Reste à trouver celui qu'il faudra vraiment terrasser. La question a été directement posée à Quartararo en conférence de presse. "L'homme à battre ? C'est celui qui a le numéro 1. Pour moi, l'homme à battre c'est Joan (Mir)."
Et oui, en l'absence de Marc Marquez (Repsol Honda) lors des deux premiers Grands Prix, au minimum, celui qui a la pression sur lui, c'est bien le champion du monde en titre. De son côté, Quartararo trépigne d'impatience. Sur son compte Instagram, il a annoncé la couleur jeudi soir : "Les gars... Je suis prêt".
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