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MotoGP - Pour Fabio Quartararo, champion en titre, la saison 2022 sera charnière
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Publié 01/02/2022 à 23:41 GMT+1
Il est le meilleur pilote du monde et le champion en titre mais pour Fabio Quartararo, le plus dur commence. Insatisfait du matériel proposé par Yamaha, le Français va jauger les progrès de la firme, ainsi que ceux de ses rivaux, avant de prendre une décision pour son avenir. Les essais de Sepang, ce week-end, pourraient déjà donner une idée de la marge dont il dispose pour défendre sa couronne.
Pour Fabio Quartararo (Yamaha), 2022 est une année charnière
Crédit: Eurosport
On va déjà savoir. Au moins en partie. Premiers "vrais" essais de l'année, les tests prévus à Sepang, ce week-end (5 et 6 février) devraient donner quelques indices sur ce que sera la saison 2022 de Fabio Quartararo, qui, elle-même, définira son avenir à court terme. Meilleur pilote du monde, le Français s'apprête à aborder la défense de son titre face à une armée rouge, une cohorte de rivaux et une machine dont il attend beaucoup plus.
Ce n'est d'ailleurs un secret pour personne. Malgré la conquête du titre, le Niçois avait bouclé le précédent exercice quelque peu amer, avec un double doute. "Yamaha sait ce dont on a besoin pour l'année prochaine, avait-il confié au terme du Grand Prix de Valence, où il avait difficilement fini cinquième. Nous ne sommes pas en pleine confiance mais nous sommes champions du monde."
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Quartararo en mode domination : les chiffres d'une saison de champion
Video credit: Eurosport
C'était là un moyen de mettre un gros coup de pression sur son employeur, avant un hiver charnière où la course au développement est repartie de plus belle après une saison de gel réglementaire lié à la pandémie. Quelques semaines plus tôt, à Misano, "El Diablo" avait eu l'occasion de tester un premier prototype mis au point pour 2022. "J'espérais un peu plus de chevaux", avait-il commenté après cet essai.
Il y a bien longtemps que la puissance moteur est l'un des points faibles de la M1 mais le problème est devenu beaucoup plus urgent. À Valence, en novembre dernier, les missiles supersoniques de Ducati ont frappé un grand coup. "Tout le monde disait que ce n'était pas un circuit pour eux mais ils ont fait un triplé en qualification et un autre en course, soulignait le champion tricolore. Ils ont franchi un gros cap et ça m'inquiète."
D'autant que la firme de Borgo Panigale a encore grossi ses rangs, puisqu'elle alignera pas moins de huit machines sur la grille, fournissant les structures Pramac et Gresini ainsi que l'équipe de Valentino Rossi. "Plus de Ducati, c'est plus de problèmes, avait résumé Quartararo. Elles sont super difficiles à dépasser pour nous." Et cela ne risque pas de s'arranger : dans une interview accordée à Sky Sport, le cerveau de la performance chez Ducati, Gigi Dall'Igna, a sous-entendu que le nouveau moteur italien pourrait développer encore plus de puissance... Tour de force, coup de com' ou coup de pression ?
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Fabio Quartararo (Yamaha) lors du Grand Prix d'Algarve, le 7 novembre 2021
Crédit: Getty Images
Peut-être un peu des trois puisque l'usine bolognaise, capable de concevoir la meilleure machine depuis plusieurs années, s'est toujours heurtée au talent des pilotes des constructeurs rivaux. C'était Marc Marquez, ce fut aussi Joan Mir, c'est désormais Fabio Quartararo. Et si les doléances du Français constituaient un moyen de pousser Yamaha à se réinventer, la confiance des Ducatistes est aussi une tentative de séduction.
Quartararo a l'embarras du choix
Le constructeur italien n'a jamais caché son intérêt pour "El Diablo", ce depuis 2019, et la progression du pilote français, depuis, n'a probablement pas changé la donne. Ducati a beau compter dans ses rangs deux pilotes particulièrement talentueux, le vice-champion du monde Francesco Bagnaia et le rookie de l'année 2021 Jorge Martin, Fabio Quartararo a tout du pilote capable d'installer une domination hégémonique. Et sa filiation technique avec Jorge Lorenzo, dernier pilote à avoir considérablement influencé les innovations de la marque, est un autre argument.
Plus fort, plus mature, plus tout, Quartararo est aussi... bientôt libre, puisque son contrat expire en fin d'année. La qualité du matériel mis à sa disposition et à celle de ses rivaux aura donc une influence considérable sur son avenir. Le Français aura l'embarras du choix. Le journaliste espagnol Manuel Pecino, très bien renseigné, avait révélé en décembre dernier que la direction d'Honda avait pris le pouls, envisageant la succession de Marc Marquez, fragilisé physiquement et bientôt trentenaire.
"Fabio ira là où c'est le mieux pour lui, précisait son manager Eric Mahé auprès d'AutoHebdo. Tout est ouvert. Pour le moment, rien n'est clair pour 2023." Il y a deux ans et quatre jours, Yamaha avait pris les devants en officialisant le remplacement de Valentino Rossi par le Niçois avant même le début de la saison. Cette fois, Quartararo devrait prendre son temps avant d'entériner sa décision, à laquelle est suspendu l'ensemble du marché des pilotes. C'est l'un des privilèges du champion.
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