Après les championnats d'Europe 2026 - A deux ans des JO de LA, Marchand peut-il viser le record de six titres individuels ?

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Les championnats d’Europe de Saint-Denis ont dessiné ces derniers jours de nouvelles perspectives pour Léon Marchand. Privé de 4 nages et de brasse à cause d’un adducteur qui siffle, le quadruple champion olympique s’est concentré sur le crawl avec un succès inattendu. Désormais référencé sur la nage libre, peut-il viser le fabuleux total de six médailles d’or individuelles à Los Angeles en 2028 ?

Leon Marchand

Crédit: Getty Images

Quatre à Paris, six à Los Angeles ? Et si, dans deux ans en Californie, Léon Marchand signait un exploit inédit : remporter six titres olympiques en individuel. Personne n’y est jamais parvenu. Ni Mark Spitz, ni Michael Phelps. Le Français peut-il réussir l’insensé pari ? C’est évidemment beaucoup trop tôt pour être catégorique. Léon Marchand lui-même ne sait pas sur quelles distances il s’alignera en 2028.
Mais les championnats d’Europe de Saint-Denis ont ouvert de nouvelles perspectives. Privé de 4 nages et de brasse à cause d’une blessure à l’adducteur, il en a profité pour recentrer ses efforts sur le crawl. À la clé, la sixième meilleure performance de l’histoire, et la meilleure de l’année, sur 200m en 1'43"76, le titre européen et le record de France du 400m en 3'43"14. Une semaine complètement folle qui a fait surgir le Toulousain parmi les références du crawl.
J’ai trouvé mon truc avec le crawl
On aurait pu se douter qu’il serait à la bataille mais pas qu’il fasse déjà partie des meilleurs sur la nage où la concurrence est la plus sévère. "J’ai trouvé mon truc avec le crawl, a-t-il commenté en fin de compétition. J’ai vraiment envie de continuer sur cette lancée. J’ai bien bossé ces deux dernières années sur ma technique, sur ma puissance, mes bras, sur la façon dont je faisais mes battements."
Suffisant pour viser l’or sur les deux distances en 2028 ? "Attention à la concurrence quand même", nous prévient Alain Bernard. Sur 200m crawl, Marchand devra ferrailler avec David Popovici, l’une des plus grandes légendes de la distance, qui piaffe d’impatience d’affronter le Français. Sur le 400m, Lukas Märtens a des références incomparables. Champion olympique et recordman du monde, il était fatigué ce dimanche par l’enchaînement des courses. Sa défaite face à Marchand est à relativiser et le vice-champion d’Europe, le Hongrois Oliver Papai (3'44''46), n’a que 16 ans et une marge de progression phénoménale.
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David Popovici & Léon Marchand

Crédit: Getty Images

Avec Léon, on sent qu’il n’y a plus de limite
"Je suis encore loin du meilleur niveau mondial, tempère Marchand. Sam Short a nagé 3’40 vendredi. J’affrontais Märtens qui a nagé 3’39. Mes concurrents avaient beaucoup nagé cette semaine et moi, j'ai eu trois jours de récupération." Reste qu’en une semaine, le quadruple champion olympique s’est invité parmi les prétendants.
"Léon a beaucoup de plaisir à faire ça, on le sent, nous explique Bernard. Il peut aller chercher les courses en mode défi. Il a un coach (ndlr : Bob Bowman, ancien entraîneur de Phelps) qui, en plus, a l’habitude de ce genre d’enchaînement. Avec Léon, on sent qu’il n’y a plus de limite. Il veut des nouveaux concurrents. Il a peut-être aussi envie de se sentir vulnérable, ça peut lui donner envie de s’entraîner." Sa marge sur le 200m et 400m 4 nages, sur le 200m brasse et sur le 200m papillon lui a permis d’explorer d’autres pistes, d’envisager de nouveaux terrains de jeu.
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Léon Marchand après son 400m nage libre des championnats d'Europe

Crédit: Getty Images

Un calendrier des JO 2028 sur mesure ou presque

Bonne nouvelle, le programme des Jeux Olympiques lui permet d’envisager un enchaînement inédit. La session natation débutera par le 400m nage libre et s’achèvera par le 400m 4 nages. Seules les finales du 200m papillon et du 200m nage libre se percuteront le même jour. Mais en 2024, il avait prouvé qu’il pouvait relever ce genre de défis. "Il a une capacité de récupération exceptionnelle, argumente Bernard. On l’a vu encore ce dimanche. Il n’avait que 20 minutes entre la finale du 400m et le relais du 4x100m 4 nages et il a été monstrueux."
"C'est un nageur exceptionnel, un champion exceptionnel dans sa capacité d'être performant. C'est juste que le garçon a une palette d'une richesse incroyable et donc c'est compliqué de tout faire", note Denis Auguin, le DTN de la natation française. Qu’en pense le principal intéressé ? "Le 200 et le 400m nage libre à Los Angeles, pourquoi pas… Je vais voir comment ça évolue, comment je soigne mon adducteur pour la brasse dans les prochains mois. Je vais voir aussi comment ça se passe à Pékin en décembre pour les Mondiaux en petit bassin."
Voilà pour son prochain rendez-vous, avant les Mondiaux à Budapest dans un an. Sa trajectoire a semé de grands espoirs. Marchand fracasse tous les plafonds de verre. "S’il se mettait à faire du 200m dos sérieusement, il serait peut-être le meilleur du monde", se marre à moitié Alain Bernard. De quoi envisager une sacrée razzia en Californie.
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