Dakar 2025 - Sans Sebastien Loeb et Carlos Sainz, qui pour concurrencer Nasser Al-Attiyah ?
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 08/01/2025 à 17:19 GMT+1
Sans deux des trois favoris du Dakar 2025, le nonuple champion du monde des rallyes Sebastien Loeb et le vainqueur de l'édition 2024 Carlos Sainz, dont les voitures endommagées ont été disqualifiées, le Qatarien Nasser Al-Attiyah se retrouve bien seul, entouré d'outsiders. Cela pourrait donc bien être l'année des seconds couteaux, mais beaucoup manquent de certitudes derrière le pilote Dacia.
Rally - Dakar 2025 - Stage 3 - Clip - Loeb's crash and repair
Video credit: Eurosport
Certes, le format de ce Dakar 2025 ne donne pas vraiment envie aux favoris d'aller chercher les victoires d'étapes. Le vainqueur de la veille doit ouvrir une route trop souvent vierge de passages le lendemain. Sur un peu moins de la moitié du parcours, les parcours des motos, et des autos qui ont l'habitude de suivre leurs traces, ont été différenciés. Mais tout de même, on ne peut plus vraiment penser que les retards accumulés par certains favoris du Dakar relèvent de la stratégie.
Pour Carlos Sainz (Ford), vainqueur en titre de la course, et Sébastien Loeb, cinq fois sur le podium en neuf participations, l'hypothèse est même définitivement écartée. L'Espagnol a été contraint, littéralement, par la FIA à quitter la course. L'arceau de son Ford Raptor abimé par un tonneau dans les dunes de l'étape 48h Chrono l'était trop pour continuer selon l'instance. Le Français s'est retrouvé dans la même situation ce mardi soir. Et ils ne sont pas les seuls à avoir été mis à mal par cette étape placée comme un filtre au tout début du Dakar. Le dauphin de Carlos Sainz en 2024 Guillaume De Mevius (Mini) pointe à 2h31 de retard. Et Nani Roma, l'un des rares vainqueurs en auto et en moto, a plus de 60h de retard sur son Ford Raptor.
Alors, en jetant un coup d'œil au top 10, le nom de Nasser Al-Attiyah (Dacia) se retrouve déjà bien seul parmi les favoris. Lui a déjoué les pièges tendus par les dunes, et est deuxième avec seulement quelques minutes de retard sur le leader Henk Lategan (Toyota). "Je suis vraiment satisfait de la performance de la voiture, et nous nous sommes rapprochés au classement général" souriait-il après sa 6e place lors de la troisième étape du Dakar ce mardi. Sûrement avait-il lui aussi constaté ce vide des grands noms autour de lui au classement général. Parmi les 10 premiers au scratch, seul le Saoudien Yazeed Al-Rajhi et le Brésilien Lucas Moraes comptent un top 3 sur l'épreuve reine du rallye-raid.
Les Toyota en force
Et les deux pilotes Toyota seront sûrement ses principaux concurrents pour les prochains jours, au minimum. Pour Yazeed Al-Rahji (4e), il y a même un côté presque romanesque. Eternel second de Nasser Al-Attiyah au championnat du monde de rallye-raid, il attend depuis plusieurs saisons de détrôner le roi de la discipline. Depuis la fin de saison 2023, il a même retrouvé le navigateur qui avait permis à son concurrent de remporter le Dakar 2011, l'Allemand Timo Gottschalk. Sa Toyota exploitée par Overdrive Racing ne pointe ainsi qu'à 4min30 de la Dacia Sandrider d'Al-Attiyah, grâce à une très bonne étape marathon. "On est surtout là pour prendre du plaisir" se cachait-il ce lundi. Mais les espoirs doivent sûrement croitre, dans un coin de sa tête.
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La Toyota de Lucas Moraes lors du prologue du Dakar, le 3 janvier 2025
Crédit: Getty Images
Tout comme ceux du Brésilien Lucas Moraes (5e), troisième du Dakar 2023 pour sa toute première participation et pilote officiel Toyota Gazoo. L'année passée, le Brésilien, plutôt jeune pour un pilote de rallye-raid (35 ans), était à nouveau au pied du podium de l'épreuve jusqu’à un souci sur l'avant-dernière étape. Et c'est lui qui a terminé la saison de championnat du monde de rallye-raid à la troisième position, derrière Al-Attiyah et Al-Rahji. En toute discrétion, il a bien lancé son Dakar 2025, pointe à une douzaine de minute d'Al-Attiyah et attend son heure. Surtout, il peut compter sur la présence de ses deux coéquipiers dans le top 10 de la course et donc certainement à proximité en cas de pépin.
Car avec trois voitures officielles et deux clientes dans le top 10, la première star de ce Dakar est Toyota. Le leader Sud-Africain Henk Lategan est l'un d'entre eux. "C’est la première fois que je mène le Dakar, c'est un peu une surprise" s'étonnait-il ce mardi à l'arrivée de la troisième étape, symbole de sa place dans un peloton dont il n'est pas vraiment un habitué. Difficile de dire s'il sera capable de conserver longtemps, ou non, une place dans les hauteurs du classement. Tout comme Mattias Ekström (3e), qui a l'"espoir de gagner l'épreuve" mais qui n'a jamais fait mieux que 9e en quatre participations. Plus loin, le duo de vainqueurs en deux roues Toby Price-Sam Sunderland (6e) n'en est qu'à sa première tentative sur quatre roues. Le dernier espoir français pourrait se nommer Mathieu Serradori, qui pilote une Century CR7 officielle et est 7e à une quinzaine de minute d'Al-Attiyah et une vingtaine du leader. Mais sauf incident important pour Nasser Al-Attiyah, il sera difficile de rebattre les cartes. Attention, le Dakar reste un habitué des hécatombes.
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