Antoine Dupont, formidable remplaçant en équipe de France de rugby à sept... y compris aux JO de Paris 2024 ?
Eurosport sur GoogleAntoine Dupont irradie au sein de l'équipe de France de Sevens, avec qui il a remporté deux tournois sur les trois qu'il a disputés cette année. Pour autant, la star de 27 ans a toujours débuté sur le banc, ce week-end à Madrid. Lié à son programme chargé avec Toulouse, son statut de remplaçant présente des avantages. Au point de se pérenniser lors des JO de Paris 2024 ? L'avis de Marie Sempéré.
Parez sur le "monstre" Dupont et la "maturité" des Bleus : "L'équipe de France est splendide"
Video credit: Eurosport
Sans Antoine Dupont, "France 7" n'a rien gagné pendant dix-neuf ans. Avec lui, les Bleus ont remporté deux tournois sur trois cette année. La statistique claque presque autant que son raffut brutal, et déterminant, de samedi face à la Grande-Bretagne. L'habituel capitaine du XV de France a des airs de majestueux déclic… et pourtant, il n'a débuté aucun match ce week-end à Madrid.
"On sait qu'il y avait un deal avec le Stade Toulousain, comme il avait joué 100 minutes le samedi d'avant en finale de la Champions Cup (victoire en prolongation face au Leinster, ndlr)", révèle Marie Sempéré, qui commentera le tournoi olympique pour Eurosport cet été. D'où un Dupont (27 ans) qui a seulement regardé le succès des siens, vendredi face à l'Australie (38-5), et est entré en cours de deuxième période lors de la rencontre suivante.
Mais il n'a pas seulement été question d'un "deal", d'après notre consultante : "Ensuite, je pense que le staff avait de la liberté et a choisi de laisser Antoine sur le banc, pour le faire entrer au moment opportun." Dupont s'est mué en une arme redoutable dans ce rôle, contribuant au sacre de la France dans cette épreuve visant à départager les huit meilleures équipes du circuit mondial.
De la crainte chez l'adversaire
"Avec son talent, il peut faire basculer la rencontre. C'est un joueur sur lequel on peut s'appuyer, qui rassure quand il rentre, qui amène une énergie positive, énumère l'ancienne joueuse des Bleues. Cela suscite aussi de la crainte chez l'adversaire. Tu es potentiellement déjà dominé… et Dupont arrive ! Les coaches ont préféré avoir cette banderille sur la fin du match plutôt que sur le début."
Une décision légèrement paradoxale, à l'aune de l'émulation qui a entouré la star du ballon ovale. "Il y avait une haie d'honneur de la sortie des vestiaires jusqu'au terrain d'échauffement, 60 mètres plus loin. Le samedi, il y avait même deux gardes du corps qui entouraient Antoine. Et il n'y avait pas que des Français. Tout le monde se rapprochait de lui", raconte Marie Sempéré, présente à Madrid.
Parez-Riva, de l'expérience en charnière
Comme à Vancouver (3e place) et Los Angeles (titre), le sélectionneur Jérôme Daret a veillé à ne pas catapulter Antoine Dupont en pierre angulaire d'une équipe qu'il intègre seulement cette année. "Tu ne peux pas te permettre de mettre un joueur en avant et d'éclipser les autres. Ce respect est primordial. C'est là où le staff a réussi son pari, en premier lieu. C'est dans la gestion humaine", salue notre spécialiste.
Ne pas faire de Dupont un titulaire s'entend aussi sportivement. Au poste de n°4, Stephen Parez (déjà là lors des JO 2016) a été désigné meilleur joueur de la finale, dimanche. Au poste de n°5, Paulin Riva est un capitaine qui tient son rang. Tous deux sont des septistes expérimentés, rompus à un enchaînement d'efforts qui reste à appréhender pour le demi de mêlée toulousain, qui a admis samedi avoir souffert, niveau "cardio".
Seulement circonstanciel ?
Son essai sensationnel, primordial dans la qualification pour le dernier carré, a été suivi d'un ballon perdu au contact qui aurait pu annihiler son exploit, en prolongation contre la Grande-Bretagne. Le symbole d'un relatif manque de fraîcheur, qui ne l'a pas empêché de trouver Nelson Epée pour porter l'estocade et que l'on ne peut décorréler de la finale de Champions Cup, disputée une semaine auparavant.
Le Dupont des Jeux (24-27 juillet) sera sans doute encore plus tranchant, après une ultime phase de récupération/préparation athlétique. Pourra-t-il cependant être dans une forme étincelante – alors qu'il espère avoir à disputer la finale du Top 14 le 28 juin – au point d'enchaîner les rencontres dans le sept de départ ? En ce sens, le format sur quatre jours (dont un de repos) du tournoi olympique pourrait lui être favorable.
On ne peut pas affirmer qu'Antoine Dupont est le joker de luxe de l'équipe de France
L'importance d'avoir toujours sur le pré un bon botteur, pour les renvois, et un buteur fiable est à prendre en compte. "Jean-Pascal Barraque et Rayan Rebbadj ont été décisifs sur les transformations", souligne Sempéré, pour qui être "titulaire" ou "remplaçant" est une étiquette mouvante en Sevens. "Mais [Dupont] sera toujours sur la feuille, a priori", s'avance-t-elle, alors que les partants pour les JO seront annoncés "autour du 8 juillet" selon la FFR.
Et notre experte d'insister, sur la fragilité des statuts : "Les coaches sont en adaptation perpétuelle. On ne peut pas affirmer qu'Antoine Dupont est le joker de luxe de l'équipe de France et qu'il le sera pour Paris 2024." Mais ce n'est donc pas exclu. Le staff tricolore a réussi à faire de Dupont un joueur de "France 7" comme les autres, nonobstant sa notoriété et les inspirations dont il peut nous gratifier. Une victoire qui en appelle d'autres.
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