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CHAMPIONS CUP – La Rochelle-Saracens – Le money time rochelais, entre atout maître et aveu de faiblesse
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Publié 06/04/2023 à 00:12 GMT+2
CHAMPIONS CUP – Face à Gloucester samedi dernier (29-26), La Rochelle a transformé en exploit une victoire qui avait tout de l’impossible, en inscrivant un essai à la sirène au bout d’une phase de jeu à rallonge. Un scénario loin d’être étranger qui salue la puissance de frappe des Maritimes autant qu’il illustre leurs difficultés à prendre rapidement le dessus sur leurs adversaires.
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C’est modestement que Teddy Thomas a quitté le terrain, samedi, après avoir marqué l’essai de la délivrance face à Gloucester pour envoyer La Rochelle en quarts de finale de Champions Cup (29-26). "C'est aussi mon job de récompenser mes quatorze partenaires qui ont fait le boulot, et surtout les huit avants qui ont fait une partie extraordinaire, a-t-il glissé à chaud. On ne leur a pas rendu service ce soir, mais c'était les remercier que de marquer cet essai."
Auteur d’un doublé, l’ailier rochelais ne s’est une nouvelle fois pas montré irréprochable défensivement, mais il a le mérite d’avoir su concrétiser les quelques occasions qui sont parvenues jusqu’à lui. Elles n’ont pas été légion. Est-ce qu’il aurait été rassurant que Thomas ne convertisse que deux essais sur cinq occasions franches ? Pas certain. En revanche, on ne se poserait sûrement pas la question de savoir pourquoi La Rochelle a dû puiser autant dans ses réserves qu’elle ne l’a fait face aux Cherries.
L’ancien du Racing le dit, en filigrane : s’il a pu marquer l’essai libérateur, c’est d’abord grâce au travail de sape qu’ont effectué les huit avants rochelais sur la longue phase de jeu qui a précédé sa prise de balle. C’est l’atout maître de La Rochelle, celui qui fonctionne presque à tous les coups. Les Maritimes disposent d’un paquet d’avants surdimensionné et extrêmement mobile pour ses mensurations, porté par ses géants Uini Atonio et Will Skelton et ses percutants Pierre Bourgarit et Levani Botia. Affublé au centre du terrain de Jonathan Danty, auquel il ne manque que les cornes pour qu’on le qualifie de bélier, le pack des Maritimes s’impose comme "le plus costaud du Top 14" selon Anthony Jelonch en juin dernier, auquel on peut se fier en la matière.
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La force du pack rochelais a eu raison de la défense de Gloucester, le 1er avril 2023
Crédit: Getty Images
Un rouleau compresseur, au sens le moins original du terme, qui fatigue l’adversaire, aussi héroïque qu’il soit en défense. Comme l’a été Gloucester, comme l’ont été l’Ulster cet hiver en poules (7-3) ou le Leinster, en finale de Champions Cup l’an passé (24-21). "On n'a pas trop eu le temps d'avoir peur, on est sûrs de nos forces. On a eu plusieurs scénarios similaires cette saison, on commence à être habitués à ces fins de match", rappelait ainsi Grégory Alldritt samedi. Le money time, bien souvent, est une affaire rochelaise et la puissance de son quinze titulaire le justifie sans mal.
Les Saracens, une autre paire de manches
Sauf qu’on ne fait pas de ce genre de victoires une stratégie pérenne. Que la puissance de son paquet d’avants permette à La Rochelle de finir fort constitue un atout sans pareil ; face aux Anglais, ce finish a surtout illustré l’incapacité des locaux à trouver la faille autrement qu’au bout des percussions, pendant 80 minutes au cours desquelles ils ont bafouillé leur rugby. Des en-avants de Jonathan Danty aux ruses malignes mais parfois téléphonées de Tawera Kerr-Barlow, La Rochelle n’est pas parvenue à proprement imposer sa griffe, à la maison, contre le 9e (sur 11 équipes) de Premiership.
"Il y a eu beaucoup trop d'imprécision dans le match, de manque de certitude dans ce qu'on voulait faire, c'était l'inverse de la performance à Bordeaux (victoire 6-36 le 25 mars, ndlr)", soulevait un Ronan O’Gara clairement sur sa faim après la rencontre. Un sursaut dans le jeu s’impose. Car samedi, ce sont les Saracens, leaders de Premiership, qui fouleront le gazon de Marcel-Deflandre. Et à la 80e minute, Teddy Thomas ne sera peut-être plus en mesure de délivrer les siens.
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