Kitzbühel | Marco Odermatt - Cyprien Sarrazin seuls au monde en vitesse : "Deux gars hors normes au-dessus de la mêlée"

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L'un est le meilleur skieur du monde depuis deux ans. L'autre est devenu, en l'espace de quelques semaines, son grand rival sur les épreuves de vitesse. Marco Odermatt et Cyprien Sarrazin ont brillé à Wengen et continué de se livrer un drôle de duel loin devant le reste de la meute. À Kitzbühel, leur opposition pourrait encore prendre une autre dimension.

Sarrazin, Kitzbühel, Training

Video credit: Eurosport

C'est un échange qui a particulièrement mal vieilli. Jeudi dernier, après la première descente de Wengen, Gauthier de Tessières a recueilli les premières impressions de Cyprien Sarrazin après sa deuxième place, derrière Marco Odermatt mais devant Alexander Aamodt Kilde. "C'est cool d'être avec ces deux monstres, a souri le Français.- Mais vous faites aussi partie des monstres désormais, a rectifié notre consultant.- J'ai encore un petit peu de mal à me le dire mais c'est vrai qu'aujourd'hui, je me le suis prouvé."
La suite de la semaine l'a probablement définitivement conforté, puisqu'il a ensuite remporté le super-G avant de finir une nouvelle fois deuxième lors de la "vraie" descente de Wengen. Celle qui, justement, a envoyé l'un des monstres au tapis, à savoir Kilde, touché à l'épaule et au mollet, et forfait pour le reste de la saison.
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Marco Odermatt et Cyprien Sarrazin ont brillé à Wengen sur les épreuves de vitesse

Crédit: Quentin Guichard

Désormais, Odermatt et Sarrazin sont presque seuls au monde sur les épreuves de vitesse. Et ce n'est pas qu'une formule : lors du super-G et des deux descentes disputées dans la station suisse, les deux hommes n'ont cessé de se renvoyer la balle. "Odi" a battu une première fois le Français de 0"58, avant de s'incliner sur le même écart le lendemain puis de s'imposer, de nouveau, avec 0"59 de marge sur le skieur du Dévoluy.

La concurrence "dégoutée"

Les autres ? Ils n'ont pas été dans le match. Kilde a lâché 0"81 le jeudi, une seconde entière le vendredi et Dominik Paris beaucoup plus (1"92) le samedi. "J'ai essayé de skier vite aujourd'hui mais ce n'était visiblement pas assez vite pour batailler avec les deux gars de devant, a admis l'Italien à notre micro. Ils sont vraiment trop forts en ce moment." Vincent Kriechmayr, cinquième à 2"5, a, lui, fini désabusé : "C'est un écart important. Odermatt et Sarrazin sont brillants en ce moment. Mais deux secondes et demie... Je suis un peu dégoûté."
La concurrence ne peut que s'incliner devant ce duel que pas grand monde n'avait vu venir il y a quelques semaines encore. "Quand on regarde leurs courses, on voit qu'ils ont un engagement total et supérieur aux autres, juge Pierre-Emmanuel Dalcin. À Wengen, c'est devenu encore plus flagrant car plus les conditions sont extrêmes, mieux ils parviennent à exprimer leur technique qui est, je pense, un ou deux tons au-dessus de celle des autres. Tout cela montre qu'ils ont chacun engrangé une grosse confiance."
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"Autorise-toi à gagner" : Sarrazin, le déclic

Video credit: Eurosport

Au classement de la descente, les deux hommes sont séparés de 66 points. Dominik Paris, troisième, a déjà accumulé 147 unités de retard sur le leader suisse. Et l'écart pourrait encore se creuser. "Ce sont deux gars hors normes qui sont au-dessus de la mêlée dans cet exercice, insiste le consultant Eurosport. Ils se tirent la bourre et ça les pousse vers le haut."

Sarrazin a-t-il définitivement rangé son "côté chien fou" ?

À Wengen, ils n'ont cessé de se rendre les coups. Vendredi, après le super-G, Odermatt a confié au Français qu'il avait vite compris qu'il lui serait "difficile de le battre" lorsqu'il a entendu le chrono du descendeur de 29 ans. Les rôles se sont inversés le lendemain. "Juste avant mon départ, il y a eu le bip des cinq secondes et j'ai entendu : '2"5 d'avance pour Odermatt !', a raconté Sarrazin à notre micro. Je me suis dit : 'waouh, le salaud...'".
Odermatt, homme à battre depuis deux ans, a bien identifié la menace. "Il fait définitivement partie des meilleurs du monde, a admis le tenant du gros globe sur Eurosport. C'est un incroyable skieur et un super mec. J'espère que nous aurons encore de belles batailles."
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Comment faire la différence à Kitzbühel ?

Video credit: Eurosport

Ce pourrait être le cas dès ce vendredi, puis samedi, avec les deux descentes de Kitzbühel. Viendront ensuite les super-G de Garmish puis les descentes de Chamonix. Le programme est chargé. Et a déjà mis des cadors sur le flanc. "Il faut espérer que la lourdeur du calendrier ne soit pas l'arbitre de ce duel, analyse Pierre-Emmanuel Dalcin. Car ils flirtent beaucoup avec la limite. Le premier qui se loupe va offrir le globe à l'autre. Et avec l'enchaînement des courses...".
Samedi dernier à Wengen, Sarrazin a déjà admis être passé près de subir le même sort que Kilde sur le bas de parcours. "Finalement, Cyprien est encore un 'jeune' descendeur, rappelle notre consultant. Même s'il a cessé de montrer qu'il avait changé de dimension, qu'il a appris et prouvé qu'il pouvait être régulier sur plusieurs courses d'affilée, il ne faut pas oublier qu'il avait un côté chien fou. On va voir à Kitzbühel où la descente est taillée pour lui." Et si on n’avait encore rien vu ?
(Visuel : Quentin Guichard)
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