Il estimait être victime d’une chasse aux sorcières voici quelques semaines. Et Novak Djokovic le pense toujours. Dans le très respecté et largement diffusé New York Times jeudi, le numéro 1 mondial a répété ce qu’il avait déjà confié aux médias serbes : si c’était à refaire, il referait l’Adria Tour. Pourtant en juin dernier, la tournée dans les Balkans promue par le Serbe pour aider au développement du tennis dans la région (récolter des fonds pour ses joueurs professionnels mal classés) a viré au fiasco et a été brutalement arrêtée après sa deuxième étape à Zadar (Croatie) où plusieurs de ses participants dont Djokovic ont été testés positifs au coronavirus.

Le non-respect de la distanciation sociale, la quasi-absence du port du masque ou les embrassades entre joueurs avaient alors déclenché un certain nombre de critiques à l’égard du numéro 1 mondial dont l’irresponsabilité voire l’inconscience avaient été pointées du doigt. Djokovic avait d’ailleurs présenté ses excuses aux personnes exposées au risque de contamination dans la foulée. Et il concède toujours avoir commis des erreurs.

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Djokovic regrette tout de même l'épisode de la boîte de nuit

"Oui, il y a des choses qui auraient pu être faites différemment, notamment l’épisode dans la boîte de nuit (les joueurs de la tournée avaient fait la fête à Belgrade lors de la première étape en Serbie, NDLR). Les sponsors de l’événement ont organisé la soirée, ils ont invité les joueurs. Tout le monde se sentait à l’aise et vraiment heureux", a-t-il recontextualisé. Avec le recul et ce qui se passait au même moment aux Etats-Unis, le numéro 1 mondial dit ainsi "comprendre" que cela ait pu choquer.

Mais en s’appuyant sur le respect des directives gouvernementales alors en vigueur en Serbie et en Croatie où le nombre de cas de COVID-19 était limité, le "Djoker" considère toujours que le jeu en valait la chandelle et que la cause justifiait la prise de risques. "Est-ce que je vais être tenu responsable pour toujours pour une erreur ? A vous de juger si c’est juste. Mais je sais que les intentions étaient bonnes, et si j’avais l’opportunité de faire à nouveau l’Adria Tour, je le referais."

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"Comment peut-on tenir responsable de tout une seule personne ?"

Et le Serbe d’aller plus loin encore. "Je ne pense pas avoir fait quoi que ce soit de mal pour être honnête. Oui, je suis désolé pour les personnes qui ont été infectées. Mais est-ce que je me sens responsable pour toutes les contaminations qui ont eu lieu depuis ce moment-là en Serbie, en Croatie et dans la région ? Bien sûr que non. Comment peut-on tenir responsable de tout une seule personne ?", s’est-il insurgé.

Infecté lui-même lors de l’Adria Tour, Djokovic n’a souffert que de symptômes légers pendant 4 à 5 jours : pas de fièvre, mais de la fatigue et une légère perte du goût et de l’odorat. A la reprise de l’entraînement, son endurance en a été affectée aussi. Depuis, tout va mieux. Mais si un vaccin était développé et son administration généralisée pour protéger les joueurs d’une éventuelle infection, se plierait-il à la règle ? Sa position sur le sujet, jugée hostile à la vaccination, avait aussi fait polémique, alors le numéro 1 mondial a tenu à la réexposer et à la préciser.

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Pas "contre la vaccination" mais son obligation

Tout en confirmant ses craintes, il a nié une hostilité à l’acte médical même. "Mon problème avec les vaccins, c’est que quelqu’un me force à mettre quelque chose dans mon corps que je ne veux pas. Pour moi, c’est inacceptable. Je ne suis pas contre la vaccination en général, parce que qui suis-je pour en parler quand il y a des spécialistes du sujet qui sauvent des vies dans le monde ? Je suis sûr qu’il y a des vaccins avec peu d’effets secondaires qui ont aidé des gens et qui ont aidé à arrêter la propagation de certaines infections", a-t-il noté, évoquant un malentendu sur le sujet.

En attendant un éventuel vaccin, Djokovic va donc reprendre la compétition en simple et en double (avec Filip Krajinovic) lors du Masters 1000 de Cincinnati. Et cette fois, tous ses tests sont à jour. Le Serbe, qui fait partie des 8 joueurs à avoir loué des maisons individuelles à leurs frais, s’est mis dans les conditions les plus favorables pour laisser sa raquette parler, quitter le terrain de la polémique et s’exprimer sur un court. Un domaine où incontestablement, il excelle.

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