Un coin de ciel bleu au coeur d'un océan de grisaille. Voilà ce qu'a trouvé Denis Shapovalov à Dubaï cette semaine. Pas très inspiré dans ce début de saison 2021, le jeune Canadien a retrouvé de belles sensations aux Emirats arabes unis cette semaine : trois matches et trois victoires en deux sets secs, sans avoir perdu le moindre engagement. Jérémy Chardy a été sa dernière victime jeudi, et la preuve que son travail à l'entraînement sur son service ces dernières semaines était en train de porter ses fruits. Mais cette belle dynamique n'efface pas la morosité ambiante sur le circuit, il le sait bien.
Dernier exemple en date : Dominic Thiem qui a erré sur le court tel un spectre en début de semaine et s'est retiré du Masters 1000 de Miami. Les restrictions liées au coronavirus, l'isolement et les tests incessants pèsent sur le moral des troupes, Shapovalov le confirme. "Je joue parce que j'aime ça et je trouve d'autres sources de motivation. Cette année, je suis venu à Doha et Dubaï, des tournois que je n'avais jamais joués, et cette nouveauté a apporté son lot d'enthousiasme. Mais j'essaie de ne pas jouer beaucoup, de rester le plus possible en dehors des 'bulles', parce que c'est épuisant mentalement. Vous vous sentez comme dans un aquarium. Je l'ai vraiment senti en fin de saison dernière, c'était déprimant."
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Ce n'est pas très motivant de jouer toutes les semaines , parce qu'il n'y a pas beaucoup à gagner pour nous
Thiem n'est pas le seul à avoir déclaré forfait à Miami. Depuis quelques jours, les retraits se multiplient à cause du contexte qui rend par ailleurs les longs voyages plus complexes. Et pour ne rien arranger, la baisse des dotations des tournois - celle du Masters 1000 floridien a été divisée par 5 - contribue à démotiver les meilleurs. "Beaucoup de joueuses et de joueurs ne joueront pas parce que le prize money est bas. D'une certaine façon, ce n'est pas très motivant de jouer toutes les semaines, car il n'y a pas beaucoup à gagner pour nous, sauf dans les Grands Chelems", considère par ailleurs Shapovalov, emboîtant ainsi le pas à Elina Svitolina qui avait tenu des propos similaires récemment.
Le Canadien espère que l'ATP trouvera rapidement une solution pour ramener les dotations à leur niveau d'avant la pandémie. Ce souhait n'est pas sans rappeler celui de John Isner qui s'était insurgé contre la réduction du prize money à Miami voici quelques semaines. Il correspond à un mouvement qui prend de l'ampleur chez les joueurs, surtout ceux qui ont adhéré à la nouvelle association créée l'été dernier par Novak Djokovic et Vasek Pospisil, la PTPA. Ces derniers reprochent à l'ATP de ne pas assez se soucier de leur intérêt.

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Un blues généralisé

Le sujet est évidemment complexe et la crise a mis aussi en difficulté les tournois qui, privés de billetterie pour la plupart, sont privés de rentrées financières majeures qu'ils répercutent sur leur prize money. Mais l'argent est aussi le nerf de la guerre pour les joueurs. "Nous avons des obligations liées aux sponsors, des contrats qui nous obligent à jouer aussi, et c'est bien sûr une des raisons pour lesquelles beaucoup de joueurs continuent, parce que sinon beaucoup ne joueraient plus du tout", insiste Shapovalov.
Si l'attitude de Benoît Paire interpelle depuis quelques semaines, par son jusqu'au-boutisme notamment, elle correspond donc bel et bien à une réalité sur le circuit. Non, le blues n'est pas qu'une spécificité française.
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