Masters 1000 Rome - Rafael Nadal, de Terminator à "alternator"

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Dans sa complexe quête du retour au meilleur niveau, Rafael Nadal fait face à une foule de défis. Outre un rythme à retrouver, l'empereur de la terre battue a grand besoin de regagner en constance. Son niveau de jeu reste encore trop sinusoïdal, ce qui est tout sauf illogique. Mais ce n'est qu'à ce prix qu'il pourra redevenir un très gros client sur sa surface fétiche.

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Longtemps, toute sa vie en réalité, Rafael Nadal s'est comporté sur terre battue comme une machine implacable, dont l'intensité et le niveau plancher naviguaient sur des hauteurs inatteignables pour le commun des mortels. Une équation insoluble ou presque avec un goût d'inédit dans l'histoire du tennis. Plus encore que Björn Borg sur terre jadis, que Roger Federer sur gazon ou que Novak Djokovic à peu près partout. Mais rien n'est immuable. Depuis son retour à la compétition après de longs mois d'absence, Nadal apparaît branché sur courant alternatif.
Plus que son âge (il est à moins d'un mois de son 38e anniversaire), l'Espagnol fait face à un défi dont l'issue déterminera sa capacité ou non à redevenir un personnage incontournable sur terre battue : celui de la constance. Sans même viser son niveau de jadis, il lui faudra une régularité suffisante pour faire planer une menace sur la concurrence à Roland-Garros, son véritable objectif.

Nadal veut redevenir prévisible

Nadal, qui se connait par cœur, a bien résumé sa situation jeudi après sa victoire laborieuse contre le Belge Zizou Bergs (4-6, 6-3, 6-4) : "Il y a beaucoup de hauts et de bas". Cette inconstance, qui ne l'a jamais caractérisé, encore moins sur terre, doit être difficile à accepter pour lui, peut-être doit-elle-même l'insupporter de temps à autre, mais elle est tout à fait compréhensible. C'est l'inverse qui ne le serait pas. L'ancien numéro un mondial n'a que très peu joué au tennis depuis maintenant près de deux ans et sa blessure à Wimbledon en juillet 2022. La reconstruction ne pouvait être que longue et complexe, notamment au plan physique, même pour un champion de sa trempe.
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Sur ce point, le temps joue probablement en sa faveur. En admettant bien sûr qu'il ne rechute pas et que son corps lui épargne une nouvelle blessure à court terme. La meilleure nouvelle pour lui, c'est qu'il a réussi à enchaîner les matches ces dernières semaines. Au moins huit désormais, entre Barcelone, Madrid et Rome, en comptant sa prochaine rencontre samedi face à Hubert Hurkacz. Pas une condition suffisante pour envisager un retour proche du niveau requis pour être à nouveau un premier rôle, mais sans aucun doute un préalable indispensable.
Ce n'est qu'en affichant durablement une densité physique digne de ce nom que son jeu pourra redevenir un peu plus "prévisible", selon ses termes. Aujourd'hui, il déplore que son niveau soit, justement, "imprévisible". Ce qu'il entend par là, ce n'est pas un quelconque effet de surprise, mais le fait de ne pas savoir si au prochain set, au prochain jeu, voire d'un point à l'autre, il sera dans l'excellence ou le médiocre. Terminator ou Alternator. Le Nadal que l'on a connu était prévisible car l'adversaire savait ce qui l'attendait : une épreuve de force aussi permanente qu'éreintante. Un mur. Désormais, les brèches, plus ou moins béantes, ouvrent des opportunités, amenuisent la peur et aiguisent l'envie.
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Lutter contre l'inconstance mais l'accepter

Cette alternance du bon et du moyen qui caractérise le Nadal d'aujourd'hui s'exprime d'ailleurs dans pratiquement tous les domaines, qu'il s'agisse de ses déplacements, même s'il y a eu un progrès très notable ces derniers temps, ou des différents compartiments du jeu. Son service par exemple. Peut-être un de ses plus gros chantiers depuis son retour. Comme s'il était sur la réserve. Quand le Majorquin explique qu'il doit se libérer, se défaire de "cette peur" qui l'habite encore au moment de se livrer (là encore, le phénomène est parfaitement compréhensible), c'est tout particulièrement vrai de sa mise en jeu.
"Je dois accepter que mon niveau soit très fluctuant, a admis Nadal jeudi. Ce n'est pas comme avant, où tout pouvait être très stable. J'ai besoin de retrouver cette stabilité." Cela passe par le fait de jouer, de gagner, de s'affranchir de toute retenue et de récupérer les unes après les autres les sensations d'antan. Il l'assure, son ressenti à l'entraînement est bien meilleur que le rendu en match. A ce stade, c'est tout autant une frustration qu'un motif d'espoir. Samedi, contre Hubert Hurkacz, certes pas un terrien d'une immense envergure mais en gros progrès sur la surface, Rafael Nadal aura besoin de regagner en stabilité et en constance. Et ce sera encore plus vrai à Roland-Garros, s'il veut y prétendre à quelque chose.
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Rafael Nadal, Rome 2024

Crédit: Getty Images

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