Rien de mieux qu'une bonne tournée américaine pour repartir du bon pied. C'est ce que doit se dire Novak Djokovic au soir de célébrer un doublé Indian Wells-Miami que peu de personnes auraient pu prédire il y a encore un mois. Arrivé fébrile et sans le moindre titre en Californie, il quitte la Floride avec deux nouveaux Masters 1000 et un mental regonflé à bloc. Dimanche, le Serbe a même fait très forte impression en finale de Miami face à Rafael Nadal signant la victoire la plus aboutie de sa saison.

"J'ai beaucoup aimé jouer cette finale, a reconnu non sans mal le Djoker pas peu fier de son coup de force. Je me suis senti bien pendant tout le match. Contre "Rafa", je sais toujours à quoi m'attendre... on n'a plus aucun secret l'un pour l'autre." C'était donc cela : pour lancer sa saison avant le mois de mars, le Serbe aurait dû croiser la route de l'Espagnol plus tôt ! D'accord, il y a bien eu cette victoire à Indian Wells face à Roger Federer qui restait sur un succès en demi-finale de Dubai deux semaines plus tôt. Ou encore celle remportée face à Andy Murray il y a quelques jours en quarts de finale. Mais ces deux éclaircies dans sa saison étaient beaucoup moins lumineuses que celle aperçue face à Nadal.

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Tweet de la victoire

J'ai fait mon meilleur match le jour le plus important contre le meilleur adversaire

Entre Indian Wells 2011 et l'Open d'Australie 2012, Djokovic avait dominé l'Espagnol sept fois de rang en finale. Et mine de rien, le Serbe poursuit une nouvelle série avec une troisième victoire consécutive face au Majorquin, après des victoires en finales de Pékin (6-3, 6-4) et de Masters Cup (6-3, 6-4). Et le score quasiment similaire avec celle de Miami (6-3, 6-3) démontre que cela ne doit rien au hasard. Concentré du début à la fin, le protégé de Boris Becker et Marian Vajda, qui était seul avec Djokovic durant la tournée aux USA, n'a pas eu ces moments d'absence qui lui ont coûté deux victoires inestimables en demi-finales de Roland-Garros et en finale de l'US Open l'an passé face au même homme.

Avec maîtrise et engagement, le numéro deux mondial a de nouveau laissé parler la bête qui sommeillait en lui. "Il faut être au sommet de sa forme et ne pas lui laisser de répit, a analysé un Djokovic également au sommet du pragmatisme. Je me suis très bien préparé pour cette finale. Gagner Indian Wells était spécial, cela m'a donné beaucoup de confiance. J'ai eu plusieurs matches où j'ai dû retourner la situation en ma faveur... Mais à Miami, le tournoi s'est déroulé pour moi parfaitement du début à la fin".

Tweet Djoko court sur la plage

Il est vrai qu'avec deux forfaits qui lui ont permis de ne jouer ni de troisième tour ni de demi-finale, son temps de récupération a été également un élément important de sa victoire finale. Et en quatre matches joués en Floride,, il n'a pas concédé le moindre set en ayant Chardy, Robredo, Murray et Nadal sur sa route. J'ai réussi à élever mon niveau de jeu au fur et à mesure que j'avançais dans le tournoi. J'ai fait mon meilleur match le jour le plus important contre le meilleuradversaire".

On ne peut pas dire que j'ai un blocage mental

Une chose est sûre : la facilité avec laquelle il a balayé le numéro un mondial a aussi marqué le principal intéressé. "Il a été meilleur que moi dans tous les compartiments du jeu, c'est aussi simple que cela. Je ne me suis pas aussi bien déplacé que d'habitude alors que lui, il était toujours où il fallait. Il a bien joué, mais l'ai le sentiment qu'il n'a pas eu à faire de grands coups..." A bien regarder ses trois finales perdues face à Djokovic, Nadal pourra même constater qu'à chaque fois, il a été beaucoup moins efficace que son adversaire au service, au point d'avoir perdu sept fois son service sur l'ensemble des trois rencontres, contre une seule pour le Serbe.

Tweet Nadal/Tsonga, même combat

"Mon bilan est tout de même positif, affirme un Nadal loin d'être alarmiste, car ce qui s'est passé à l'Open d'Australie (blessure au dos en finale face à Wawrinka, NDLR) a changé la donne. Je suis arrivé à Indian Wells sans être à 100% parce que je n'avais pas servi pendant plusieurs semaines. J'ai quand même gagné deux tournois (Doha et Rio), disputé une finale d'un tournoi majeur et d'un Masters 1000. Je vais aborder la saison sur terre battue en étant au top." Même avec Djokovic de retour au premier plan ? "Je suis sur le circuit depuis si longtemps, j'ai gagné 26 Masters 1000 (un record, NDLR), on ne peut pas dire que j'ai un blocage mental sur ce genre de tournois". Sans doute qu'il ne lui manque qu'une bonne tournée sur terre battue pour repartir du bon pied.

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