Le tirage au sort dévoilé, il est l'heure de tirer des plans sur la comète. Dans le tableau masculin, une affiche surpasse toutes les autres au premier tour. Mais au-delà, d'autres se dessinent un peu plus loin. En l'étirant jusqu'aux huitièmes de finale théoriques, la première semaine pourrait donc ne pas manquer de piment. Voici les huit rencontres auxquelles on aimerait assister avant les quarts de finale de cette édition 2014.
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Nadal-Tomic (Premier tour)

Open d'Australie
C'est jeune, c'est frais, c'est talentueux… C'est australien !
19/01/2015 À 16:34
Pourquoi on veut le voir : C'est l'affiche du premier tour. Très au-dessus des 63 autres premières rencontres du tableau masculin. Voilà le match qui va donner le ton de la quinzaine. Nadal est numéro un mondial, Tomic le joueur que toute l'Australie attend. C'était clairement un des garçons à éviter pour les têtes de série. Au moins, Nadal sera tout de suite fixé. Il n'aura pas de round d'observation et pas davantage le droit de démarrer piano. Un premier tour aux allures de huitième ou de quart.
Ce que ça pourrait donner : Sacré test pour l'Espagnol, mais il a l'avantage d'avoir déjà un tournoi entier dans les jambes. Sa présence à Doha prend tout son sens… On l'a vu, Nadal est prêt. Tomic aussi, cela dit. L'Australien est en finale à Sydney, où il affrontera samedi Juan Martin Del Potro. Il constitue une vraie menace. Malgré tout, si on le voit bien accrocher Nadal et lui prendre un set par exemple, c'est une autre histoire de l'imaginer en vainqueur.
Taux de probabilité de voir le match : 100%. C'est l'avantage du premier tour.

Schlägt Tomic in drei Sätzen: Florian Mayer

Crédit: SID

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Nadal-Monfils (Troisième tour)

Pourquoi on veut le voir : Parce que Gaël Monfils fait partie de ces joueurs qui possèdent les armes nécessaires pour lutter avec à peu près n'importe qui n'importe où. Surtout, le dernier duel en date entre les deux hommes, en finale du tournoi de Doha il y a seulement une semaine, n'a pas manqué d'intérêt. Sans jouer son meilleur tennis, loin de là, Monfils a pris un set à Nadal. Le match excitant par excellence.
Ce que ça pourrait donner : Potentiellement, Nadal pourrait donc devoir battre Tomic et Monfils simplement pour rallier les huitièmes de finale. On ne pourra pas dire que le tirage a protégé le Majorquin. Mais il n'y a aucune raison de penser qu'il ne survivra pas à ce menu, certes copieux. Monfils, comme Tomic, peut certainement le contrarier. Il peut même le dominer pendant un set. Mais pas trois. Ou alors on nous aura changé Monfils. Ou Nadal. Ou les deux. En attendant de le voir pour le croire, mieux vaut miser sur Rafa…
Taux de probabilité de voir le match : 80%. Si Gaël Monfils ne fait pas de bêtise face à Harrison au premier tour puis Kamke ou Sock au deuxième, et si Nadal survit au test initial contre Tomic, nous aurons Nadal-Monfils au troisième tour. Il n'y a jamais rien de garanti dans la vie mais cela semble très envisageable.
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Nadal-Hewitt (Huitième de finale)

Pourquoi on veut le voir : Lleyton Hewitt n'en finit plus de forcer l'admiration. A bientôt 33 ans, l'Australien a toujours le même sens du combat et un goût incomparable de la compétition. Il a l'âme d'un champion, à défaut d'en avoir encore le jeu et le physique. C'est toujours un plaisir de le voir se frotter aux meilleurs. Et sa victoire contre Del Potro à Flushing témoigne de ses beaux restes. Devant son public, il avait crânement joué sa chance contre Djokovic sur la Rod Laver Arena, il y a deux ans. Il en ferait de même face à Nadal, qu'il n'a plus croisé depuis 2010.
Ce que ça pourrait donner : Probablement les deux plus grands guerriers du XXIe siècle, dans deux styles différents. Nadal-Hewitt, ou l'assurance d'un engagement permanent à 300%. Reste que, si ce huitième de finale devient réalité, cela voudra dire que Nadal déboulera parfaitement lancé après un début de tournoi plus turbo que diesel en matière d'opposition. Même si Hewitt vient de remporter à Brisbane son premier tournoi depuis… trois ans et demi, on imagine mal le natif d'Adélaïde bouter le numéro un mondial hors du tournoi. Certes, il mène 2-0 contre Rafa à Melbourne. Mais c'était en 2004 et 2005, les deux premières participations de l'Espagnol.
Taux de probabilité de voir le match : 50%. Ce n'est pas gagné mais c'est jouable. Nadal a un début de tournoi coton, on l'a vu. Mais ne pas le voir en huitièmes serait tout de même une grosse sensation. Reste Hewitt. Malgré sa forme et son envie, le vétéran paie son statut de non tête de série. Du coup, il doit se coltiner Seppi dès le premier tour et potentiellement Nishikori (un peu son "mini moi" tennistique) au troisième, qu'il vient de dominer à Brisbane. Rien d'impossible, mais rien de simple non plus.

2008 Lleyton Hewitt Rafael Nadal

Crédit: AFP

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Del Potro-Paire (Troisième tour)

Pourquoi on veut le voir : Benoît Paire a beaucoup progressé en 2013 en intégrant le Top 25. Ce qui manque désormais au Français pour franchir un nouveau cap, ce sont des gros matches contre des gros joueurs dans les gros tournois. En Grand Chelem, il reste encore trop léger. Le voir face à une pointure comme Juan Martin Del Potro au troisième tour à Melbourne permettrait de savoir s'il peut rivaliser et ce qu'il a dans le ventre à l'entame de cette campagne 2014. Un bel examen de passage.
Ce que ça pourrait donner : Souvenez-vous. Il y a un an. A l'Open d'Australie, au troisième tour, Juan Martin Del Potro était déjà opposé à un joueur français: Jérémy Chardy. Le Palois avait signé la perf' de sa carrière en sortant l'Argentin en cinq sets avant d'atteindre les quarts. Le même scénario peut-il se répéter? Il faudrait vraiment un immense Benoît Paire. Del Potro parait encore plus solide qu'il y a douze mois et il a montré à Sydney que sa condition était déjà excellente. Ce serait compliqué pour Paire. Sans doute trop.
Taux de probabilité de voir le match : 65%.C'est le troisième tour logique en tout cas. Benoît Paire affronte un qualifié avant un deuxième tour face à Benjamin Becker ou au grand espoir australien Nick Kyrgios. D'ailleurs, si celui-ci devrait se frayer un chemin jusqu'au troisième tour, son match contre Del Potro prendrait aussitôt place dans cette liste des rencontres à ne pas rater…

Del Potro wurde am Pariser Flughafen bestohlen

Crédit: SID

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Federer-Stakhovsky (Troisième tour)

Pourquoi on veut le voir : Parce que, mine de rien, ce Federer-Stakhovsky de Wimbledon l'an dernier restera comme un match avec sa petite portée historique. C'est là que la sidérante série de 36 quarts de finale consécutifs en Grand Chelem du Suisse a pris fin. A la lumière du choc que fut la défaite de Federer à Londres, les retrouvailles seraient forcément scrutées de très près.
Ce que ça pourrait donner : Si Federer réussit à se faire sortir deux fois en six mois par Stakhovsky en Grand Chelem, l'Ukrainien pourra vraiment se prévaloir d'un statut de bête noire éternelle du Bâlois. Cela parait peu probable. Mais l'était-ce davantage à Wimbledon?
Taux de probabilité de voir le match : 30%. Même s'il est loin de présenter les mêmes garanties que par le passé, on peut penser que Duckworth, Kavcic et Stepanek, les trois hommes qui le séparent du troisième tour, pourraient ne pas lui poser trop de problèmes. Pour Sergiy Stakhovsky, le chemin est un peu plus épineux, avec Gabasvhili et, surtout, sans doute Verdasco. Mais attention: autant son bilan avait été catastrophique jusqu'à fin 2013 après son coup d'éclat contre Federer à Londres, autant il se refait la cerise en ce début de saison. Demi-finaliste à Sydney, il vient de gagner plus de matches en un tournoi que sur les dix précédents sur le circuit principal…

Sergiy Stakhovsky après sa victoire contre Federer

Crédit: Reuters

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Federer-Tsonga (Huitième de finale)

Pourquoi on veut le voir : Gentiment, c'est en train de devenir un mini-classique. Ne hurlez pas. Ce n'est ni Federer-Nadal ni Nadal-Djokovic. Mais avec déjà 13 confrontations, Federer et Tsonga ont une petite histoire commune. Notamment en Grand Chelem. C'est dans ce cadre qu'ont eu lieu leurs deux duels en 2013, à l'Open d'Australie (victoire de Federer en cinq sets) et Roland-Garros (succès de Tsonga en trois). Ils aiment se jouer et on aime les voir se jouer. Le spectacle est souvent de qualité, l'opposition toujours intéressante.
Ce que ça pourrait donner : Difficile de savoir exactement où en est Jo-Wilfried Tsonga. En pleine bourre pendant six mois, il a passé la seconde moitié de 2013 à alterner séjours à l'infirmerie et résultats en dents de scie. Ce qui est certain, c'est qu'un Tsonga en pleine forme a de sérieux atouts à faire valoir sur cette surface face à Federer. A voir leur comportement en première semaine. Sinon, c'est vraiment du 50-50.
Taux de probabilité de voir le match : 70%. S'ils évoluent à peu près à leur niveau, Tsonga et Federer doivent pouvoir surmonter les trois écueils qui les séparent de leur huitième de finale. Attention à quelques pièges néanmoins, comme Brands, Cilic ou pourquoi pas Gilles Simon, en ce qui concerne Tsonga.
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Wawrinka-Gasquet (Huitième de finale)

Pourquoi on veut le voir: Parce que ce sont deux joueurs qu'on ne peut pas ne pas aimer voir jouer. Séparément, déjà. Face à face, c'est encore mieux. Leur duel en huitièmes de finale à Roland-Garros l'an dernier avait offert un spectacle superbe. Un des cinq plus beaux matches de la saison, incontestablement. Ce sont aussi deux joueurs en phase ascendante, qui restent sur la meilleure saison de leur carrière. Et puis il y a aussi, toujours, la régalade des deux plus purs revers à une main du circuit.
Ce que ça pourrait donner : Avec deux joueurs à 100%, difficile de trancher. Malheureusement, Gasquet parait trop diminué pour battre un joueur de la trempe de Wawrinka au meilleur des cinq sets en ce moment. S'il survit jusque-là, ce sera peut-être le match de trop pour le Biterrois.
Taux de probabilité de voir le match : 20%. Ce n'est pas un problème de tableau, qui n'a rien d'insurmontable pour les deux hommes en première semaine malgré quelques pièges, mais de santé. Souffrant d'une lésion intercostale, Gasquet a laissé entendre qu'il ne serait pas en mesure de défendre ses chances à fond. Son discours n'incite pas à l'optimisme. Ce qu'il a montré à Doha non plus. Pas sûr qu'il tienne jusqu'en huitièmes…
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Djokovic-Gulbis (Huitième de finale)

Pourquoi on veut le voir: Il est rare de s'ennuyer avec Ernests Gulbis. Quand il parle et quand il joue. Le Letton est sur une bonne dynamique et il n'a peur de personne. Dans un tableau chiche en difficultés pour Novak Djokovic, un troisième tour contre Gulbis marquerait le temps fort de la première semaine pour le Serbe et un semblant de test. Ces deux-là n'ont plus croisé le fer depuis près de trois ans. Ce serait donc une première depuis les déclarations de Gulbis qui, en mai dernier, avait trouvé le Big Four, dont Djokovic est un éminent représentant, "ennuyeux". Leur match ne le serait probablement pas.
Ce que ça pourrait donner : Une belle baston. Un match intéressant. Gulbis a donné du fil à retordre à Nadal à Doha. Il a le jeu pour rivaliser, au moins par séquences, avec les meilleurs mondiaux. Mais il faudrait qu'il affiche une constance jamais vue chez lui dans un match de ce type en Grand Chelem pour envisager de battre un joueur de la trempe de Novak Djokovic. L'affiche ferait saliver, mais le combat pourrait tourner court.
Taux de probabilité de voir le match : 50%. Très sincèrement, sauf blessure, vous pouvez être à peu près certain que Novak Djokovic sera au rendez-vous. Le Serbe a un début de tournoi pas trop méchant et il reste à la fois sur une fin de saison 2013 éblouissante et sur une formidable série en Grand Chelem (14 demies et 18 quarts consécutifs). Mais Gulbis y sera-t-il, lui? Monaco, Fognini, Querrey ou Nieminen sont sur son chemin. Ce n'est pas un problème de talent, d'adversaires ou de forme du moment. Mais son passé en Grand Chelem s'apparente à un passif : en Australie, il a gagné un match en cinq participations. Et sur ses 20 derniers tournois en Grand Chelem, attention les yeux : un troisième tour, neuf défaites au deuxième tour et dix au premier. Au secours.

novak djokovic, mubadala

Crédit: Reuters

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