Par Maxime BATTISTELLA, Rémi BOURRIERES et Laurent VERGNE

Open d'Australie
Monfils à l'aveugle, Kyrgios showman, Medvedev en feu : Le Top 10 des plus beaux points
HIER À 17:44

40. John Isner - David Nalbandian

Edition : 2012
2e tour
Vainqueur : John Isner (Etats-Unis)
Adversaire : David Nalbandian (Argentine)
Score : 4-6, 6-3, 2-6, 7-6(5), 10-8

John Isner, on le sait, aime les matches longs. David Nalbandian, lui, n'a jamais été contre l'idée de mettre un peu de "drama" dans les siens. Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. Chose faite lors de ce choc du 2e tour particulièrement épicé, marqué par un scénario haletant et un incident d'arbitrage qui a complètement fait dégoupiller le génial mais bouillant Argentin.

A la décharge de ce dernier, on peut comprendre sa frustration. Longtemps, dans cette partie, c'est lui qui a les cartes en mains. Il mène 2 sets à 1, passe à deux points du match dans le jeu décisif du 4e set, et même après avoir frôlé une disqualification "à la Djokovic" au terme de ce tie-break, c'est encore lui qui a le plus d'occasions au 5e set. Mais Isner tient, cahin-caha, par la force de son immense service et de sa bravoure qui ne l'est pas moins, surtout à mesure que les crampes le gagnent.

Arrive alors ce dramatique 17e jeu, à 8-8. David y a deux nouvelles balles de break, qu'il gâche en ratant deux revers "faciles", dont un alors que le décalage était fait. La troisième est encore plus rageante. Isner sort un ace annoncé faute mais overrulé (à tort) par l'arbitre français Kader Nouni. Ce que, dans le brouhaha ambiant de la Margaret Court Arena, ne semble pas entendre Nalbandian qui met du temps à réclamer le challenge vidéo. Lorsqu’il le fait, il se heurte au refus de l'officiel, au nom de la règle (tacite) selon laquelle un challenge demandé par un relanceur doit se faire dans la continuité de la première balle, afin de ne pas casser le rythme du serveur.

Une appréciation toujours délicate, sans doute mal jaugée en effet sur ce coup-là. Malgré sa fureur et l’intervention du superviseur, Nalbandian ne s'en remettra pas. Isner sauve son service et conclut derrière sans coup férir.

39. Roger Federer - Janko Tipsarevic

Edition : 2008
3e tour Vainqueur : Roger Federer (Suisse)
Adversaire : Janko Tipsarevic (Serbie)
Score : 6-7(5), 7-6(1), 5-7, 6-1, 10-8

C'est l'histoire d’un presque-exploit des plus inattendus. Dans le sillage d’un 2e Petit Chelem d'affilée en 2007, son 3e en carrière, Roger Federer aborde l'Open d’Australie 2008 avec le statut de double tenant du titre et d’ultra-favori à sa propre succession. Cela fait désormais quasiment 4 ans qu’il est numéro 1 mondial sans discontinuer et il reste sur 10 finales consécutives (dont 8 titres) en Grand Chelem. Une série folle qui en dit long sur l’ampleur de sa domination et l’insignifiance d’un 3e tour en Majeur à son échelle.

Les deux premiers tours ont d’ailleurs plus que comblé les attentes : le "Maestro" n’a laissé que 6 jeux en route. Et ce n’est pas Janko Tipsarevic, alors 49e à l’ATP qu’il avait aisément battu en Coupe Davis deux ans plus tôt, qui devrait lui causer du tracas. Mais rien n’est écrit dans le sport et l’improbable se produit : Federer évolue un ton en dessous de ses standards – il révèlera plus tard être atteint d’une mononucléose –, manque une kyrielle d’occasions (16 balles de break sur 21) et Tipsarevic voit souvent son agressivité récompensée du fond où il a le dessus.

Résultat : après avoir servi pour le 1er set, le Bâlois le perd au tie-break, puis se retrouve mené deux manches à une. Avant un 5e acte irrespirable, le plus long jamais joué alors par le Suisse. Il finit toutefois par s’en sortir au terme d’une bataille de 4h25, ce qui décalera totalement la programmation et aura d’autres conséquences historiques pour le tournoi, nous en reparlerons.

"Ce n’est pas tant le soulagement que le bonheur qui prédomine. Je suis heureux d’avoir gagné un thriller en 5 sets. Ça ne m’arrive pas si souvent que ça, sauf contre Nadal à Wimbledon", estimera le numéro 1 mondial pour donner le change. Mais le "monstre", comme il se décrira lui-même, a laissé entrevoir une faiblesse que Novak Djokovic exploitera en demi-finale. Les prémices de la fin d’un règne sans partage.

38. Pete Sampras - Tim Mayotte

Edition : 1990
1er tour
Vainqueur : Pete Sampras (Etats-Unis)
Adversaire : Tim Mayotte (Etats-Unis)
Score : 7-6, 6-7, 4-6, 7-5, 12-10

Un match à la fois historique à l'époque et annonciateur de ce qui attendait le tennis masculin dans les mois et les années suivantes. Pete Sampras a 18 ans et, si ses temps de passage sont moins élevés que ceux de ses camarades Andre Agassi (d'un an son ainé) ou Michael Chang (d'un an son cadet), il commence à montrer gentiment les crocs. A l'US Open, en septembre 1989, il a signé son premier exploit en battant le tenant du titre, Mats Wilander (il est vrai loin d'être à son sommet) en cinq sets avant d'atteindre les huitièmes de finale.

A Melbourne, il se voit proposer d'entrée un gros morceau avec son compatriote Tim Mayotte. Celui-ci est encore aux portes du Top 10 et il a de l'expérience. Mais Sampras grandit vite. Le duel entre les deux Américains est superbe, tous les sets sont accrochés et ce match va même entrer dans l'histoire en devenant tout simplement le plus long de toute l'histoire du tournoi à l'époque : quatre heures et cinquante-neuf minutes, même si ce record ne tiendra pas longtemps (il sera éclipsé dès l'année suivante).

La victoire de Sampras n'est pourtant qu'une demi-surprise : juste avant l'Open d'Australie, il a déjà dominé Mayotte en deux sets à Sydney. Mais là, c'est un Grand Chelem, sur la distance des cinq manches. Cette victoire, outre ses qualités tennistiques qui commencent à devenir une évidence, montre à nouveau que le jeune Sampras a des nerfs. En fin de 4e manche, alors qu'il était au pied du mur, et tout au long du dernier acte, il a tenu "comme un grand".

Comme à Flushing, il atteindra les huitièmes de finale, où il sera battu par Yannick Noah. Mais son heure va arriver, et vite : il remportera en septembre 1990 son premier tournoi du Grand Chelem, à l'US Open, avant de finir l'année à la 5e place mondiale.

37. Ivo Karlovic - Horacio Zeballos

Edition : 2017
1er tour
Vainqueur : Ivo Karlovic (Croatie)
Adversaire : Horacio Zeballos (Argentine)
Score : 6-7(6), 3-6, 7-5, 6-2, 22-20

Par nature, c'est un match qui a marqué parce qu'il a pris sa place dans les livres d'histoire. Depuis l'introduction du tie-break en 1971, c'est le plus long match jamais disputé à l'Open d'Australie en termes de jeux (84), surpassant le mythique Roddick-El Aynaoui de 2003, dont on devrait reparler.

Le 5e set, qui à lui seul s'est étiré sur 42 jeux, est par ailleurs devenu le set le plus long jamais joué à Melbourne. Enfin, en termes de durée, ce match de 5h14 (dont 2h41 pour le 5e) est devenu le deuxième plus long de l'histoire du tournoi derrière la finale 2012 entre Nadal et Djokovic, sur laquelle on devrait également revenir.

Dans le 5e set, les deux hommes sont héroïques de résistance mentale et physique, qui plus est sous la fournaise (37 degrés). Ils n'ont qu'une balle de break chacun à sauver, à 2-3 pour le gaucher argentin, qui a mené 2 sets à rien, et à 11-11 pour le géant croate qui a l'avantage de servir en premier. Jusqu'au dernier jeu, donc, où Karlovic met un petit coup de pression supplémentaire et obtient une balle de match transformée d'une chandelle de revers qui lobe son adversaire et le pousse à "boiser" en coup droit.

"A la fin, je pensais au record d'Isner-Mahut, j'aurais bien aimé que l'on continue encore un peu pour tenter le record", plaisantera ensuite à moitié le vainqueur. Il se consolera avec, également, le record du plus grand nombre d'aces jamais frappés à l'Open d'Australie (75), largement devant les 51 réussis par Joachim Johansson face à Agassi en 2005. Pas un record personnel toutefois pour Ivo, qui en avait passé 78 lors d'un match de coupe Davis face à Radek Stepanek en 2009.

36. Marat Safin - Pete Sampras

Edition : 2002
Huitième de finale
Vainqueur : Marat Safin (Russie)
Adversaire : Pete Sampras (Etats-Unis)
Score : 6-2, 6-4, 6-7(5), 7-6(8)

L'édition 2002 de l'Open d'Australie est une édition particulière, marquée par le forfait du double tenant du titre Andre Agassi, une cascade de surprises et la victoire pour le moins inattendue de Thomas Johansson. Mais elle est aussi traversée par quelques éclairs, à l'instar de ce huitième entre Marat Safin et Pete Sampras qui s'affrontent pour la 4e fois en Grand Chelem, la première hors US Open.

Face à un adversaire déclinant depuis quelques mois à l'amorce de ce qui sera – mais on ne le sait pas encore - sa dernière saison, le Russe domine totalement le début de match. Bruyamment encouragé par son clan composé de trois jolies blondes (les fameuses "Safinettes"), il se détache 2 sets à rien, break au début du 3e. Mais Sampras, vainqueur au tour précédent d'un marathon face à Nicolas Escudé, a encore des restes. Il le prouve en revenant à 4-4 dans le 3e set et c'est à partir de là que le match bascule dans une autre dimension.

Face à un Safin de plus en plus agacé, le trentenaire américain arrache le 3e set au jeu décisif et provoque une ovation monstre dans la nuit australienne. Mais c'est plus encore au 4e set que la rencontre atteint des sommets. Le double vainqueur du tournoi (1994, 1997) tient encore le choc jusqu'à un nouveau jeu décisif dans lequel il obtient deux balles de set, à 6-5 et 8-7. Safin s'en sort en costaud grâce à deux accélérations de revers, avant de conclure d'un fantastique passing de coup droit en bout de course.

Avec l'élimination de Sampras, l'Open d'Australie est déjà assuré d'avoir un nouveau vainqueur. Ce ne sera pas celui que l'on croit...

35. Novak Djokovic - Andy Murray

Edition : 2012
Demi-finale
Vainqueur : Novak Djokovic (Serbie)
Adversaire : Andy Murray (Grande-Bretagne)
Score : 6-3, 3-6, 6-7(4), 6-1, 7-5

Jamais Andy Murray n’aura été si près de faire tomber Novak Djokovic à Melbourne. Et aussi difficile soit-elle à encaisser après quasiment 5 heures (4h50 précisément) d’un combat homérique, cette défaite est de celles qui font office de déclic. Bien qu’inclus par les observateurs dans le fameux "Big Four" du tennis mondial depuis un an, l’Ecossais, toujours sevré de titres en Grand Chelem malgré 3 finales, a bien conscience alors qu’il évolue un cran en dessous des trois autres. Surtout après la saison 2011 cosmique de son rival serbe.

Pour changer de statut, Murray s’est donc adjoint les services d’Ivan Lendl comme coach consultant lors de l’intersaison. Et si l’attelage surprend, voire en rend sceptiques certains, cette demi-finale à Melbourne va changer bien des avis. L’année précédente, le numéro 4 mondial n’avait pas existé en finale, mais cette fois, malgré un départ timide, il est à la hauteur de l’événement. Et si l’opposition entre deux joueurs aux styles quasi-similaires ne déchaîne habituellement pas les passions, l’intensité exceptionnelle de la partie tient en émoi la Rod Laver Arena.

Après un effort extraordinaire, Murray prend même les rênes, deux manches à une. Avant de le payer en 25 minutes seulement dans le 4e set. Plus frais physiquement, Djokovic pousse son avantage à 5-2 dans l’ultime acte. L’affaire est pliée… Mais non, l'Ecossais refuse de déposer les armes : il revient à 5-5 et obtient même 3 balles de break pour porter le coup de grâce. Sur un fil, le Djoker s’en sort grâce à sa suprême confiance et rallie une 3e finale de Grand Chelem d’affilée face à Rafael Nadal. Perdant magnifique, Murray a pris rendez-vous et s’offrira une revanche éclatante en finale de l'US Open quelques mois plus tard, toujours en 5 sets. Bienvenue dans l’ère des mutants.

34. Lleyton Hewitt - Juan Ignacio Chela

Edition : 2005
3e tour
Vainqueur : Lleyton Hewitt (Australie)
Adversaire : Juan Ignacio Chela (Argentine)
Score : 6-2, 4-6, 6-1, 6-4

Une de ces soirées bien chaudes, au sens propre comme souvent à Melbourne, mais plus encore dans son acceptation figurative. Lleyton Hewitt a parfois pu avoir un comportement "borderline" sur le court. Outre son palmarès, il a légué à la postérité ses fameux "Come on !", ou, plus précisément "COME OOOOOOOOOOOON !!!!!!", lâchés à tout bout de champ. Parfois jusqu'à l'overdose pour ses adversaires.

Dans cet Open d'Australie 2005, Hewitt, remonté à la 3e place mondiale, a activé le surmode "Come on". Au 2e tour, James Blake s'est déjà bien agacé. En 16es de finale, Juan Ignacio Chela, lui, va dégoupiller. Nous sommes dans la 4e manche, Hewitt mène deux sets à un. Deux jeux partout. A 0-30 sur son service, l'Argentin manque une volée haute de coup droit. Une faute grossière évidemment accompagnée d'un "Come on !!!" de Hewitt.

Chela, regard noir, se tourne vers l'Australien. Puis, sur sa première balle, à 0-40, il vise sciemment Hewitt, en beuglant à son tour au moment de la frappe un bon gros "Come on!" Mal lui en prend. Sur son second service, Hewitt l'agresse puis dépose sa volée de revers pour valider son break. Qu'hurle-t-il alors ? Cherchez bien. Oui, il laisse échapper un 857e "Come ooooon!" Chela, à ce stade, a la cocotte-minute en ébullition. Elle va exploser. En regagnant sa chaise, il crache carrément sur son adversaire. Hewitt hallucine un peu, mais préfère en sourire.

"Oui, j'ai craché, mais je ne lui ai pas craché dessus, jurera après le match, qu'il perd en quatre sets, Juan Ignacio Chela. Mais il a cru que c'était sur lui que je crachais, alors je m'en excuse." L'organisation du tournoi sera moyennement convaincue et Chela écopera d'une amende de 2000 dollars pour "comportement antisportif."

Il faudra la toute suisse neutralité de Roger Federer pour apaiser les débats : "Je comprends que Juan Ignacio puisse être agacé, mais on ne doit pas en arriver à de telles extrêmes en se crachant dessus", estime le Bâlois, avant de brosser Hewitt dans le sens du poil : "Il est chez lui, toute l'Australie est derrière lui. Il veut gagner ce tournoi et il le monte. Je n'ai pas de souci avec ça."

Lleyton Hewitt atteindra la finale, qu'il perdre contre Marat Safin. Il reste, quand même, le seul finaliste australien au cours de ces trente dernières années...

33. Mark Edmondson - John Newcombe

Edition : 1976
Finale
Vainqueur : Mark Edmondson (Australie)
Adversaire : John Newcombe (Australie)
Score : 6-7, 6-3, 7-6, 6-1

La faiblesse du plateau de l'Open d'Australie dans la seconde moitié des années 70 et au tout début des années 80 a donné lieu à quelques incongruités au palmarès. Entre 1976 et 1982, plusieurs joueurs en ont profité pour remporter un, voire deux titres du Grand Chelem qu'ils n'auraient jamais conquis ailleurs.

On pense à Brian Teacher, au doublé de Johann Kriek, au succès de Vitas Gerulatis. Mais aucun ne fut plus improbable que celui de Mark Edmondson, sacré lors de l'édition 1976, alors qu'il occupait la 212e place mondiale. Il était à l'époque, il reste aujourd'hui, et le restera sans doute pour longtemps le joueur le plus mal classé à avoir gagné un titre majeur.

Sauf que la victoire d'Edmondson est loin d'être sans mérite. Il va sortir quatre têtes de série, et surtout prendre le dessus sur deux légendes, même vieillissants, en demie et en finale : Ken Rosewall, puis John Newcombe. Cette finale contre Newcombe reste connue comme "The battle of the moustaches", les deux hommes arborant un look bien d'époque.

Par une chaleur terrible, Newcombe prend le 1er set au tie-break, mais la jeunesse et l'extraordinaire qualité de son service d'Edmondson vont finir par faire la différence dans cette finale marquée par un énorme coup de vent au milieu du 3e set. Les chaises volent et il faut interrompre le match pendant près d'une demi-heure. Après la perte du 3e set au tie-break, Newcombe rend les armes. Et Edmondson tient son casse du siècle. On l'ignore alors, mais c'est la fin d'une époque. Newcombe ne jouera plus jamais de finale majeure. Et 45 ans après, l'Australie attend un nouveau vainqueur. L'improbable Edmondson n'a toujours pas de successeur. Sa victoire demeure donc historique à plus d'un titre.

32. Philipp Kohlschreiber - Andy Roddick

Edition : 2008
3e tour
Vainqueur : Philipp Kohlschreiber (Allemagne)
Adversaire : Andy Roddick (Etats-Unis)
Score : 6-4, 3-6, 7-6(9), 6-7(3), 8-6

Pas d'enjeu démesuré autour de cette rencontre. Pas de quelconque record non plus. Mais tout simplement un match fantastique qui a généré 183 coups gagnants (dont 104 pour le vainqueur !), un suspense énorme, beaucoup de rebondissements et un climat électrique qui s'est prolongé jusqu'à 2h03 du matin

Avec aussi à la clé, quand même, une petite surprise. C'est l'une des trois seules fois de sa carrière où l'Américain, alors tête de série n°6, n'a pas atteint la deuxième semaine à Melbourne. La faute à une combinaison de trois facteurs :

. Son manque d'opportunisme au tie-break 3e set qui le voit manquer trois balles de set (dont deux d'affilée), brillamment sauvées il est vrai par son adversaire d'autant de coups gagnants.

. Une certaine nervosité illustrée notamment par sa fameuse prise de bec dans le 4e set avec l'arbitre français Emmanuel Joseph, qu'il traite inélégamment d'idiot avant d'avoir cette tirade à haute voix : "Allez à l'école, les enfants, ou vous finirez arbitre !"

. Enfin et surtout, la prestation extraordinaire de l'Allemand qui produit peut-être ce soir-là le meilleur tennis de sa vie, notamment côté revers.

Roddick sauve pourtant quatre balles de match à 5-4 dans le 5e set, dont trois aces sur les 42 qu'il frappera au total (son record à l'époque). Mais cinq jeux plus tard, le poulain de Jimmy Connors finit par capituler, saoulé de passings. Encore un peu agacé en conférence de presse, il ne décevra pas lors de celle-ci : "Dans ce métier, il faut accepter les haut et les bas émotionnels. Si vous préférez être relax, allez plutôt servir des margaritas à la plage."

31. Stefan Edberg - Ivan Lendl

Edition : 1985
Demi-finale
Vainqueur : Stefan Edberg (Suède)
Adversaire : Ivan Lendl (Tchécoslovaquie)
Score : 6-7(3), 7-5, 6-1, 4-6, 9-7

Du premier sacre en Grand Chelem de Stefan Edberg à 19 ans lors de cette édition 1985, personne n'a vraiment retenu sa finale expéditive (un lundi) face à son compatriote et ami Mats Wilander, double tenant du titre.

Non, on se souvient plutôt de tout le reste de son parcours : ses cinq balles (d'affilée) de 2e set sauvées au 3e tour face à l'Américain Anger. Ses deux balles de match écartées en huitièmes face à l'Australien Masur. Et surtout cette demi-finale épique remportée face au n°1 mondial Ivan Lendl, pour la première confrontation en Grand Chelem entre les deux hommes.

Entamée le samedi et vite interrompue au bout de trois jeux pour finalement se finir le dimanche, cette demi-finale se joue en plusieurs actes. Au bout de deux sets très disputés, on croit bien qu'elle est terminée lorsque Lendl laisse filer le 3e set et se fait masser la jambe gauche.

Au début du 4e, il semble que le Tchécoslovaque ne puisse plus bouger. Mais, assez miraculeusement, il tient le choc avant d'être sauvé par une nouvelle interruption pluvieuse d'1h42 à 4-4. A son retour, c'est un autre homme. Il breake d'entrée au terme d'un jeu magnifique et égalise ainsi très vite à 2 manches partout.

Le 5e set est indécis de bout en bout. Edberg, qui sert le premier, est breaké rapidement mais il revient de suite, obtient deux balles de match (consécutives) à 5-4, frôle la catastrophe à 7-7... Avant de finalement porter l'estocade après 3h24.

Si, en cette fin de saison 1985, Lendl croyait s'être débarrassé de son rival John McEnroe et de son harassant service-volée, c'est raté. Stefan Edberg sera là désormais pour l'agresser en permanence. Et ce pour quelques années encore...

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