Open d'Australie : Pourquoi Novak Djokovic était-il si nerveux lors de sa demi-finale ?

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OPEN D'AUSTRALIE - Encore en balade vendredi sur la Rod Laver Arena lors de sa demi-finale contre Tommy Paul (7-5, 6-1, 6-2), Novak Djokovic a tout de même connu un vrai moment de flottement dans le premier set. Très volubile notamment contre son clan, il s'en est expliqué en conférence de presse, concédant que l'enjeu d'un possible 22e titre en Grand Chelem était parfois difficile à gérer.

Novak Djokovic à l'Open d'Australie en 2023

Crédit: Getty Images

C'est presque trop facile. L'impression laissée sur la Rod Laver Arena par Novak Djokovic depuis le début de la seconde semaine est celle d'une totale maîtrise des événements, d'une marge gigantesque sur la concurrence. Parlez-en à ses trois dernières victimes Alex de Minaur, Andrey Rublev et Tommy Paul aussi impuissants qu'admiratifs du niveau de leur bourreau. A ce stade, seul Djokovic lui-même semble éventuellement en mesure d'empêcher son propre sacre dimanche à Melbourne.
Comment ? En laissant l'enjeu prendre le pas sur le jeu. Vendredi, Djokovic a débuté son match beaucoup plus tendu qu'en huitième et en quart de finale. Si cela ne s'est d'abord pas traduit au score, le Serbe a semblé un temps se laisser submerger par autre chose que la qualité de tennis de son adversaire. Au point de commettre 24 fautes directes dans la manche inaugurale, soit plus que lors de son match précédent (21) contre Rublev.
"Dans le premier set, à 5-1, j'ai servi pour la manche avec une balle de set, et puis les choses ont vite changé et j'étais vraiment tendu sur le court. Il est revenu à 5 partout. J'avais aussi des soucis sur les plans physique et émotionnel. J'imagine que dans ce type de matches particuliers, à un stade avancé en Grand Chelem, on peut s'attendre à traverser une, deux ou trois crises. Le mieux, c'est d'en affronter le moins possible, mais c'est ce qui m'est arrivé", a-t-il avoué en conférence de presse.
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Djokovic : "15 ans après ma première finale, je n'aurais pas pu imaginer où j'en suis aujourd'hui"

Video credit: Eurosport

Très vite vindicatif à l'égard de son clan, il a su retrouver finalement assez rapidement son sang-froid et surmonter cette crise. Mais pourquoi cette tension dans un rendez-vous si familier pour lui - c'était sa 10e demi-finale à l'Open d'Australie - face à un novice dans le dernier carré comme Tommy Paul ? "A ce stade de ma carrière quand je suis en fin de quinzaine, je sais que chaque Grand Chelem est une opportunité en or d'aller chercher un autre trophée. Je ne sais pas combien d'opportunités j'aurai encore. Bien sûr que je ressens la pression et le stress, comme n'importe quel autre joueur. Je ressens de la nervosité, de l'enthousiasme. Il y a beaucoup d'émotions qui me traversent", a-t-il expliqué.
Même si sa marge et son endurance physique ne le montrent pas, Djokovic sait qu'à 35 ans, le temps finira aussi par jouer contre lui. Or, il ne l'a jamais caché, le record du nombre de titres en Grand Chelem est le grand objectif de sa fin de carrière. La Rod Laver Arena étant son jardin - il n'y a jamais perdu une fois les quarts franchis -, le Serbe est bien conscient qu'il s'agit d'une occasion rêvée d'égaler les 22 couronnes en Majeurs de Rafael Nadal. Il se sent donc en quelque sorte obligé de gagner, d'autant plus face à un joueur du calibre de Tommy Paul, avec tout le respect qui lui est dû.

Des moments de vulnérabilité fugaces

Ajoutez à cela une blessure à la cuisse gauche qui a longtemps ressemblé à une épée de Damoclès au-dessus de sa tête ou encore les derniers événements autour de son père Srdjan, et la coupe peut rapidement se remplir. "Ce n'est pas idéal de devoir gérer ces éléments extérieurs qui ne sont pas vraiment nécessaires pendant un événement important. Mais ça fait partie de ma vie, et malheureusement encore plus ces dernières années. J'essaie juste d'être plus résilient, plus fort. Je pense qu'avec l'expérience, je suis assez fort pour savoir ce dont j'ai besoin. Je suis capable de déconnecter quand c'est nécessaire", a-t-il encore considéré.
Sa réaction à partir de 5-5 dans le premier set en atteste d'ailleurs. Djokovic est capable de se remettre dans sa bulle aussi vite qu'il en était sorti. Et c'est bien le problème pour ses adversaires : ces phases de déconcentration ne durent jamais très longtemps et il faut en profiter au maximum avant que la machine ne se réenclenche. S'il veut avoir une chance de renverser l'ogre serbe dimanche, Stefanos Tsitsipas devra vraisemblablement beaucoup mieux exploiter ces moments que Tommy Paul.
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