Rien de plus cruel pour une victime que de devoir commenter la performance de son bourreau. Mais quand celui-ci prend les traits d’un des plus grands champions de l’histoire du sport, on s’y plie sans broncher. Comme si faire partie de l’affiche était déjà le privilège ultime. C’est peu ou prou ce qu’a dû ressentir Dominic Thiem ce dimanche. Car en conférence de presse, c’est évidemment Nadal, l’homme de la "Undecima", l’empereur de la terre battue, qui était au centre des conversations.

La première question, d’ailleurs, ne portait pas sur sa finale à lui. Mais bel et bien sur sa vision de la légende Nadal à Roland-Garros, une légende qui a débuté en 2005 alors que le jeune Dominic n’avait que douze ans et rêvait juste de devenir un jour professionnel. Alors, que préfère-t-il ? Admirer la naissance d’une légende en tant que gamin ou tenter de la défier en tant que jeune homme ?

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Visiblement, la réponse est claire : "Physiquement, j’ai préféré le regarder depuis mon canapé, a-t-il lâché dans un sourire. Quand il a gagné les quatre ou cinq premières fois, je l’ai toujours regardé. Donc bien sûr, c’est génial d’être arrivé jusque-là et de l’avoir défié en finale mais, honnêtement, je suis déçu".

Déçu car, évidemment, Thiem y croyait. Il s’est même donné les moyens de ses ambitions l’espace d’un set où son pilonnage en règle du revers de Nadal semblait être la stratégie à tenir. Et puis, il a explosé. Au pire moment. Mené 5-4 dans la première manche, il a concédé un jeu blanc sur son service pour laisser l’Espagnol s’envoler.

Pour autant, l’Autrichien ne regrette rien : "C’était un mauvais jeu mais j’ai fait tout ce que je devais faire, j’ai juste raté des balles de peu, a-t-il admis d’entrée à l’évocation de ce qui ressemble quand même au moment clé du match. Mais, à froid, tactiquement, c’était un bon jeu. C’étaient simplement de terribles erreurs". Terribles car définitives.

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Je suis confiant sur le fait que ce n’est pas ma dernière finale de Grand Chelem

Voilà pour le match. Mais c’est davantage le tournoi que l’Autrichien doit garder en tête. A 24 ans, il est parvenu à s’immiscer, enfin, en finale d’un Grand Chelem après deux demi-finales porte d’Auteuil. Sur son chemin, il a notamment écarté le prodige Alexander Zverev et calmé la sensation Marco Cecchinato. Bref, si une finale se gagne, encore faut-il y arriver. Et ne pas paniquer.

"Evidemment, c’était très spécial pour moi de jouer une finale de Grand Chelem, a-t-il admis. Mais, d’un autre côté, j’ai été très calme et je savais qu’il fallait y aller comme si c’était n’importe quel autre match. Je crois que c’était la bonne approche". La bonne approche mais pas le bon résultat.

Qu’à cela ne tienne, ce Roland-Garros cru 2018 lui a ouvert l’appétit. Et des horizons. Au point qu’il en est désormais sûr, ce 10 juin marque le début de quelque chose, pas la fin : "Désormais, je suis confiant sur le fait que ce n’était pas ma dernière finale de Grand Chelem. Mon plus grand objectif maintenant, c’est d’arriver au prochain et de faire mieux qu’aujourd’hui".

A Roland-Garros, là est toute la question. Et c’est finalement Nadal qui a peut-être résumé le mieux la situation au moment de prendre le micro sur le Chatrier. "Bravo Dominic pour ta quinzaine. Dans quelques années, tu seras à ma place" a glissé le patron des lieux. Quelques années...

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