On ne sait pas encore si ce dimanche 22 mai 2022 sera à marquer d'une pierre blanche quand viendra le temps, lointain, de raconter les exploits de Carlos Alcaraz aux plus jeunes. Mais, pas de doute possible, ce dimanche, à Roland-Garros, on n'attendait presque que lui. Ce n'était pourtant pas sa première apparition Porte d'Auteuil. Mais le minot aperçu en 2021 à Roland-Garros, tout juste entré dans le Top 100, n'a plus grand-chose à voir avec le monstre attendu en 2022. Ce monstre, le public du Philippe-Chatrier l'a découvert pour la première fois.
Au moment où Marc Maury, le speaker du court central, a annoncé son nom, ce fut une ovation en règle et des portables dégainés à toute vitesse pour immortaliser la scène. Face à un Central pas complètement plein, l'Espagnol a d'abord apparu hyper tonique, notamment à l'échauffement pour retrouver le rythme après deux semaines d'arrêt. Dans le public, on attendait surtout ses fulgurances. Elles ont tardé à venir.
Wimbledon
Sinner étouffe Alcaraz et s'offre le choc "NextGen"
HIER À 18:42
Parce que si le Central a découvert Alcaraz, c'est surtout Alcaraz qui découvrait le Central. S'il avait parfois minoré la différence d'approche à avoir sur ces matches disputés dans des arènes gigantesques, il a revu sa copie après coup. Le Central est-il vraiment un court comme un autre, comme il avait pu le penser un temps ? "Je me suis rendu compte que non, a-t-il avoué tout sourire à Alex Corretja sur le court après sa victoire contre Juan Ignacio Londero. Il faut s'avoir s'adapter à ce genre de courts. J'ai eu du mal à prendre mes repères avec les distances du court. Mais le match a un peu duré et j'ai eu assez temps pour m'adapter et me mettre en rythme. Merci à vous (le public, NDLR), vous m'avez permis de bien prendre mes marques et bien jouer ce 1er tour".

Selfies et autographes

Face au coriace argentin, Alcaraz fut un diesel. "Honnêtement, au début c'était difficile, a-t-il reconnu en conférence de presse. C'est tellement particulier de jouer dans un si grand stade, un si grand court". Si les dimensions du court ont sans doute pesé dans ce premier set un peu tendu, c'est surtout sa grande rencontre avec le public parisien qui l'a perturbé. "Carlos, je t'aime", a-t-on même entendu au milieu du premier set, comme pour l'aider à se décoincer.
"J'ai été vraiment surpris, a-t-il expliqué à nos confrères espagnols. Quand ils ont annoncé mon nom, tout le monde m'a supporté, il y avait beaucoup de gens. La vérité, c'est que je me suis senti vraiment spécial. J'ai toujours vu les plus grands joueurs jouer sur ce court et pouvoir me voir ici, j'étais vraiment fier".
Fier et redevable de tant d'amour reçu. Une fois sa victoire en poche et ses réponses données à Alex Corretja, Alcaraz a passé de longues minutes sur le court, à signer des autographes et prendre des selfies pour des fans qu'il découvre. Ainsi va la vie du nouveau prince du tennis, accueilli comme un roi à Paris.

Carlos Alcaraz, vainqueur de son premier tour lors de Roland-Garros 2022

Crédit: Getty Images

Incognito au resto… pour l'instant

Samedi, pour son entraînement sur le court numéro 5, les travées étaient bondées. Pour observer le prodige, certains avaient même décidé de se nicher en haut du Philippe Chatrier. Preuve que l'atmosphère autour du gamin vire à l'Alcaraz-mania, ici aussi. "Ça aussi, j'ai été vraiment surpris de voir autant de monde à mon entraînement hier pour me supporter, a-t-il encore expliqué en conférence de presse. Je me sens vraiment chanceux de connaître ces situations, ici à Paris en plus. Petit à petit, ce sont des choses qui deviennent de plus en plus normales mais c'est toujours aussi surprenant".
S'il a avoué avoir un peu de mal à accepter le cordon de sécurité qui s'établit désormais autour de lui à chaque sortie, il a semblé vraiment reconnaissant envers cette relation passionnelle naissante. "Je me sens privilégié d'avoir vécu ça", a-t-il notamment répété à de nombreuses reprises. La réciproque est vraie même s'il faudra des années au gamin pour atteindre le niveau de popularité des monstres sacrés de Paris.
D'ici là, il a promis d'essayer de mieux découvrir une ville qu'il cherche à conquérir. Incognito, ou presque. "Je suis sorti pour dîner, a-t-il avoué à Corretja dans un sourire. Certaines personnes m'ont reconnu, mais ce n'est pas pareil qu'en Espagne". Qu'il en profite, cela risque de ne durer qu'un temps.
https://i.eurosport.com/2022/05/22/3377949.jpg
Wimbledon
Le programme de vendredi : Parry en ouverture sur le Centre Court, avant Djokovic
30/06/2022 À 21:17
Wimbledon
Cette fois, Alcaraz n'a pas traîné
29/06/2022 À 19:12