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Roland-Garros 2022 - Pourquoi la night-session affaiblit Rafael Nadal et avantage Novak Djokovic
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Publié 31/05/2022 à 00:08 GMT+2
ROLAND-GARROS 2022 – Le choc tant attendu entre Novak Djokovic et Rafael Nadal en quart de finale se jouera donc en night-session ce mardi (à partir de 20h45). Si la programmation a fait parler d'un point de vue médiatique, sportivement, les conséquences sont réelles pour les deux joueurs. Et, dans l'affaire, c'est bien Rafael Nadal qui semble le plus désavantagé. Explications.
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Video credit: Eurosport
Leur dernier affrontement s'est déroulé au crépuscule, dans une ambiance irréelle et éternelle tant les circonstances étaient à part. Le prochain sera aussi de nuit, dans un stade Philippe-Chatrier sans doute électrique avant leur 59e duel, record de l'ère Open. Ce mardi, c'est donc en night-session que Novak Djokovic et Rafael Nadal vont se retrouver, un an après leur demi-finale légendaire terminée au bout de la nuit devant un stade plein qui n'aurait pas dû l'être.
Ce mardi, tout sera plus légitime. Mais malgré tout presque perturbant. Parce que la donne a changé. "Oh mon Dieu ! On va devoir parler des conditions maintenant", a réagi notre consultant Alex Corretja à l'annonce de la programmation. Manière de faire comprendre que c'est surtout Rafael Nadal qui risque de pâtir de la décision.
Humidité et lift limité
"Le jeu de Rafa n'est pas aussi efficace de nuit car il utilise normalement beaucoup d'effets, beaucoup de lift qui font que la balle rebondit très haut, poursuit notre consultant. Mais, de nuit, la balle risque de rebondir un peu plus bas, ce qui est bien mieux pour le jeu de Novak. Certes, les conditions sont les mêmes pour chacun mais ces variations ont plus d'importance en fonction de votre jeu. Pour celui de Rafa, c'est toujours mieux quand il y a du soleil".
Mardi, le soleil devrait rapidement disparaître, laissant place à un air plus humide et plus froid. Un changement fondamental selon Mats Wilander, qui estime au passage que la night-session à Paris a bien plus d'influence sur le jeu que celles en place à New York ou Melbourne. "Est-ce que ça varie plus que dans les autres Grands Chelem ? Sans aucun doute, oui, avance notre consultant. Le terrain devient un peu plus lourd, plus humide. La balle de tennis récupère cette humidité, devient plus lourde et donc bien plus compliquée à lifter. A l'US Open, les conditions changent surtout vis-à-vis de la température mais le court reste le même. Ici, ça change bien plus et ce sont des vrais pièges pour les joueurs".
Depuis le début de la quinzaine, ils sont nombreux à avoir noté ces caractéristiques nouvelles. Novak Djokovic, qui avait ouvert le bal des night-sessions, avait expliqué les principales différences à jouer au crépuscule. "Les conditions sont vraiment très lentes, avait expliqué le numéro 1 mondial. La balle ne rebondissait presque pas et c'est très dur de la traverser".
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Nadal et Djokovic lors de leur duel en demi-finale à Roland-Garros en 2021
Crédit: AFP
Balle lente et amorties nécessaires ?
Une description qui colle parfaitement à celle faite par Alexander Zverev dimanche lorsqu'il fut interrogé sur l'hypothèse de le voir défier Carlos Alcaraz de nuit. "Je n'ai aucun souci avec les sessions de nuit quand il fait 30 degrés dehors vous savez, a-t-il expliqué. Mais quand il fait 14°, comme ce dimanche, et qu'il fera peut-être 8 ou 9° mardi, ça devient difficile. Pour mon jeu en tout cas parce que mon service sera plus lent, mon coup droit sera plus lent…". Pour ce mardi, les estimations tablent plutôt sur une température un peu plus chaude, autour des 18° au début des hostilités.
Et Rafa dans tout ça ? Ces night-sessions ne sont pas sa tasse de thé... "Je n’aime pas jouer sur terre battue la nuit, car l’humidité est plus élevée, la balle est plus lente et les conditions peuvent être très lourdes, surtout quand il fait froid, avait-il expliqué après son 3e tour. Je pense que cela fait une grande différence sur la façon de jouer au tennis sur terre battue".
Moins d'effets, moins de puissance et une balle plus lourde : alors comment faut-il jouer dans ces conditions ? Un peu comme Novak Djokovic, avec un jeu tout en variations, en timing, avec un jeu de jambes irréprochable, surtout avec ces rebonds bas. En 2020, lorsque le tournoi avait été disputé en octobre, le Serbe avait adapté sa façon de jouer, en surexploitant l'amortie pour abréger les échanges.
Souviens-toi 2020
"Sur terre battue, la tendance naturelle est de reculer derrière sa ligne pour se donner plus de temps à cause du rebond qui est plus haut, analysait-il. Mais, avec ces conditions de jeu, le rebond est bien plus bas. Tactiquement, c'est important de maîtriser ce coup et de l'utiliser à bon escient. Cela rend le jeu plus incertain pour votre adversaire". "Un conseil, vu les conditions : vous devez faire beaucoup d’amorties", a confirmé Corretja en se projetant sur le match.
Voilà pour l'aspect technique auquel il faut ajouter une lumière artificielle qui peut aussi gêner les acteurs, peut-être même plus Novak Djokovic, jamais très à l'aise à l'heure de jouer en levant les yeux vers le ciel. Il faudra aussi compter sur une ambiance électrique, acquise très probablement à Nadal, histoire de compléter le panorama de ce match de gala.
Alors, faut-il s'inquiéter pour le maître des lieux ? Sans doute un peu puisqu'il sera le plus gêné par les conditions ce mardi. Mais il n'est pas le "King of Clay", titre honorifique qu'il a refusé dimanche en conférence de presse, pour rien. En 2020, les mêmes craintes étaient nées avant leur duel final. Résultat : une gifle comme rarement Djokovic en avait reçu en Grand Chelem (6-0, 6-2, 7-5). Peut-il le refaire en 2022 ?
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Novak Djokovic et Rafael Nadal avant la finale de Roland-Garros 2020
Crédit: Getty Images
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