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Roland-Garros 2024 | Carlos Alcaraz titré : "Si vous n'êtes pas fort dans la tête, vous ne gagnerez pas de Grand Chelem"
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Publié 10/06/2024 à 00:35 GMT+2
Extatique après avoir remporté pour la première fois Roland-Garros, son 3e titre en Grand Chelem, face à Alexander Zverev (6-3, 2-6, 5-7, 6-1, 6-2) dimanche, Carlos Alcaraz est revenu sur le match chaotique dont il est sorti vainqueur. Satisfait avant tout de sa capacité à tenir le choc mentalement, il a savouré son parcours malgré une préparation tronquée sur terre battue.
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Video credit: Eurosport
Contre vents et marées, il y est arrivé. Carlos Alcaraz n'a pas tout bien fait, il n'a même pas maîtrisé grand-chose par séquences ce dimanche en finale de Roland-Garros. Mais il a bien conquis pour la première fois la Coupe des Mousquetaires dont il rêvait depuis son enfance. Léger favori sur le papier, il a pourtant été bien malmené par Alexander Zverev, plus solide et supérieur du fond du court pendant deux manches. L'Allemand a d'ailleurs logiquement viré en tête, deux sets à un, et à ce moment-là, le prodige murcien n'en menait pas large.
"Honnêtement, à la fin du troisième set, je doutais beaucoup, je ne vais pas mentir, parce j'avais l'impression que me coups ne faisaient pas mal à Sascha. Il dominait le match avec son service et le poids de ses balles en lift. C'était difficile pour moi. Je ne sais pas si c'est parce que j'étais nerveux", a-t-il d'ailleurs confié au micro d'Eurosport après son triomphe. Mais mentalement, il n'est jamais sorti de sa finale.
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Carlos Alcaraz dans le 3e set de la finale de Roland-Garros en 2024
Crédit: Getty Images
Même en difficulté, il n'a jamais cessé de chercher des solutions
En conférence de presse, face à nos confrères espagnols, il a même expliqué que le fait d'avoir échoué lorsqu'il a lui-même servi pour mener deux sets à un à 5-3 ne l'avait pas plus perturbé que cela. Car plus que le score, c'était la dynamique du match et le rapport de force qui le préoccupaient. Il sentait bien que son avance au tableau d'affichage ne représentait pas fidèlement ce qui se passait. Et paradoxalement, c'est sur le jeu qui l'a vu perdre ce troisième acte qu'il a commencé à reprendre la main, en changeant de rythme avec des revers en cloche pour ensuite réaccélérer.
"Je n'ai pas joué mon meilleur tennis dans ce set, mais on jouait une finale de Grand Chelem, c'était le moment de tout donner. C'était le moment de trouver des solutions, et commencer le quatrième en menant 40/0 sur mon service m'a beaucoup soulagé. Dans le cinquième, j'ai joué mon style, mon tennis, c'était le moment de donner tout ce que j'avais dans le ventre, a-t-il encore expliqué sur Eurosport. C'était difficile. Sascha jouait du super tennis, il a mis beaucoup de pression avec ses retours. J'ai sauvé beaucoup de balles de break dans le cinquième set (5, NDLR). Ça a fait 6-2, mais j'aurais pu le perdre honnêtement. C'était vraiment, vraiment serré."
Ce qui est peut-être le plus effrayant pour ses adversaires à l'avenir, c'est que Carlos Alcaraz est loin d'avoir donné la meilleure version de lui-même en demie comme en finale. Pourtant, il a donc remporté son troisième Grand Chelem sur trois surfaces différentes, devenant à un peu plus de 21 ans le plus jeune joueur à réaliser pareil exploit. Et il y est parvenu parce qu'il n'a jamais perdu son objectif des yeux, ce qui lui a permis de surmonter tous les obstacles, y compris sa propre frustration.
"La leçon que j'ai retenue de ce tournoi, c'est que la force mentale vous fait gagner des matches. Il ne suffit pas de jouer brillamment, de pratiquer son meilleur tennis, si je veux gagner. Si vous n'êtes pas fort dans la tête, vous ne gagnerez pas de Grand Chelem, peu importe votre niveau. Si vous êtes physiquement parfait, que vous jouez le tennis de votre vie, mais que vous n'êtes pas fort dans la tête, vous n'y arriverez pas", a-t-il insisté devant la presse, en espagnol dans le texte.
Dans sa jeune carrière, Alcaraz a déjà beaucoup accompli, bien plus que l'immense majorité des joueurs du circuit. En 2022, il avait subjugué à l'US Open au cœur de night sessions électriques pour devenir le plus jeune numéro 1 mondial de l'Histoire. Un an plus tard, il avait réalisé ce que beaucoup considéraient comme impossible en venant à bout de Novak Djokovic dans son jardin du Centre Court au bout des cinq sets et d'un dernier jeu à l'audace ahurissante. Mais cette victoire à Roland a un goût spécial pour l'intéressé, et ce n'est pas seulement parce qu'elle est toute fraîche dans son esprit.
"Cette victoire est probablement celle qui me rend le plus fier, à cause de tout ce que j'ai fait lors du dernier mois avec mon équipe seulement pour être prêt à jouer ce tournoi (il était blessé à l'avant-bras droit et a porté un manchon pendant toute la quinzaine, NDLR). J'ai beaucoup parlé avec eux. Savoir si je pouvais m'entraîner ou pas, ça a été très difficile." En plus de l'adversité dont il est venu à bout sur le court, Alcaraz a aussi remporté un combat contre lui-même à Roland-Garros. De ceux qui rendent encore plus fort pour les défis futurs.
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