Roland-Garros 2026 - "J'ai été moi, du début à la fin" : Gaël Monfils tire sa révérence au bout d'une soirée qui lui ressemble
Par Paul Citron
Mis à jour 26/05/2026 à 08:01 GMT+2
Ce n'était pas complètement le match qu'il souhaitait, mais Gaël Monfils a conclu sa longue histoire avec Roland-Garros sur une défaite en cinq sets contre Hugo Gaston ce lundi au premier tour. Il a jeté toutes ses forces dans la bataille, jusqu'à ne plus pouvoir gagner un jeu. Une dernière fois, il a donné de sa personne à tout le monde ; la soirée lui a plutôt ressemblé, finalement.
"Kouamé-Cilic, c'est le duels de générations par excellence"
Video credit: Eurosport
De sa dernière à Roland-Garros, il faudra retenir qu'il a tout donné puisqu'il n'avait rien, plus rien. Même plus de quoi gagner un jeu. Vingt-et-un ans après sa première apparition dans le tableau principal, quand il avait pris 6-0 dans le dernier set de sa défaite au premier tour contre Guillermo Cañas – on ne se refait pas –, Gaël Monfils s'en est allé dans le bruit, surtout, et les larmes, un peu.
Il aura pris une bulle au cinquième set en guise d'adieu et pourtant, Monfils, qui n'avait plus ses jambes de vingt ans, même plus celles de trente-huit qui lui avaient suffi pour renverser Hugo Dellien l'an passé, s'est battu. Excepté quelques fieffés Toulousains, Hugo Gaston compris, tout le monde sur le Central voulait le voir vivant. "Prouve que tu existes", lui a même intimé France Gall dans les enceintes du stade après la perte du deuxième set. Il a gagné le troisième et le quatrième. Il a fait ce qu'il a pu.
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Gaël Monfils au 1er tour de Roland-Garros 2026.
Crédit: Getty Images
Tu rentres sur le terrain, tu te sens bien mais tu te sens mal
Ce match ne pouvait pas être comme les autres, de toute façon. En plus de son manque de rythme qui a vite sauté aux yeux du Central, "toute la préparation" de ce match était unique pour Monfils, empreinte de sentiments mitigés qu'il ne parvenait pas précisément à identifier même après la rencontre. "Tu rentres sur le terrain, tu te sens bien mais tu te sens mal... C'est hyper dur de l'expliquer. Je suis rentré, et j'étais moins bien que je ne l'étais cinq minutes avant." Même en conférence de presse, il naviguait encore à vue entre les émotions, avouant même ne pas trop vouloir s'y plonger trop profond.
Et pourtant, malgré ce match étrange, un peu décousu, dur à regarder jusqu'au bout, Gaël Monfils a encore réussi à faire plaisir au public. Généreux comme il l'a toujours été, il a offert quelques derniers coups gagnants au Central, pas assez mais c'est ainsi. Après avoir vu défiler quelques légendes du tennis sur l'écran du stade, Nadal, Federer, Djokovic, qui avaient toutes un mot gentil à lui dire, il a surtout offert un hommage magnifique à toutes celles et tous ceux qui étaient venus le voir. Un hommage qu'il avait voulu improviser, pour ne pas le fausser, qu'il a formulé sourcils froncés, l'air sérieux. Pour garder en lui quelques larmes, autant que pour s'appliquer à ne pas en faire trop.
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Escudé : "Mettre Stan sur le Central aurait pu poser problème"
Video credit: Eurosport
Les hommages de Gaël
Cela a commencé par Sylvette et Ruffin, les parents, pour continuer en passant par Richard Warmoes, le premier coach qui a cru en son potentiel, avant de passer par la FFT, tous ses anciens coaches, puis de revenir vers la famille et de saluer le petit frère, Daryl. "On ne s'est pas beaucoup vus, je suis parti très tôt. C'est peut-être le truc qui me fait le plus mal. Tu n'es plus la plus belle chose de ma vie, tu le sais, maintenant c'est Skaï (sa fille), mais tu es la deuxième plus belle chose de ma vie."
Est venu le tour d'Elina Svitolina. "Sans elle, je ne serais peut-être pas là ce soir. Je parle à Elina, la femme, ma femme, qui a toujours su me soutenir en tant qu'homme, pas en tant que tennisman (...), et qui m'a donné le plus beau cadeau au monde : notre fille. Je t'aime." Les amis, ceux d'enfance, ont eu leur mot, avant que ceux du tennis, Jo-Wilfried, Richard et Gilles, les trois retraités qu'il s'apprête à rejoindre, viennent l'embrasser sur le court.
"Toutes les personnes de l'ombre", les ramasseurs de balle, les gens des transports, les juges de ligne, les gardes du corps, ont eu leur place dans le dernier discours de Gaël Monfils, qui a conclu ainsi : "Roland-Garros, je vous aime, je vous dois tout, je vous dis à un de ces jours, et merci pour tout ce que vous m'avez donné."
Il avait déjà beaucoup parlé, mais Monfils avait pourtant encore des choses à dire après tout ça. Il avait d'ailleurs la réponse parfaite à la question qui a nimbé cette soirée parisienne, la seule qui importait finalement : pourquoi était-ce si touchant ? "J'ai été moi, du début à la fin", a-t-il glissé à la fin de sa conférence de presse. C'était ça, évidemment. Ces quelques coups droits, ces poings brandis, cet amour à partager. Gaël Monfils et Roland-Garros, c'est terminé. Et il faudra retenir qu'il a tout donné.
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Gaël Monfils à Roland-Garros, le 25 mai 2026.
Crédit: Getty Images
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