Le tennis a-t-il besoin d'un coup de fouet ? A en croire certains, même parmi les acteurs principaux de la petite balle jaune, la réponse est indubitablement positive. Alors que les hostilités devraient reprendre dans un mois aux Etats-Unis, de nombreux joueurs participent à des exhibitions depuis plusieurs semaines pour se remettre dans le rythme de la compétition. Parmi eux, Dominic Thiem est certainement le plus actif et il semble avoir été inspiré par les formats expérimentés durant cette période. Actuellement sur le gazon de Berlin, le numéro 3 mondial en a profité pour dire ce qu'il pensait des éventuelles nouveautés à apporter sur le circuit ATP.

Comme la plupart des participants, l'Autrichien a été plutôt emballé par l'Ultimate Tennis Showdown de Patrick Mouratoglou. De là à reprendre le principe des matches de quatre quart-temps de dix minutes ? Tout de même pas. "L’expérience de l’UTS a été positive, mais je préfère toujours le format dit classique", a-t-il ainsi tempéré.

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Un format déjà utilisé en double et... en Laver Cup

Mais il propose de dynamiser les matches traditionnels en les raccourcissant tout de même. "Je pense qu'il faudrait peut-être réfléchir à l'idée d'introduire de temps en temps un super tie-break dans le circuit, notamment sur les premiers tours d'un tournoi", a-t-il ajouté. C'est d'ailleurs sur ce format que se jouent cette semaine les parties sur le gazon de Berlin.

La formule aurait peut-être l'avantage de réduire la marge des meilleurs sur les autres, car plus un match dure, plus les données physiques et mentales entrent en ligne de compte. Si le super tie-break n'a pas encore été introduit dans les tableaux de simple des tournois traditionnels du circuit, c'est déjà le cas pour le double en revanche. La Laver Cup, dont le statut est ambigu (entre compétition et exhibition car elle n'offre pas de points) mais fait désormais partie du calendrier ATP, s'est aussi appropriée ce format pour permettre à ses stars d'enchaîner plusieurs matches durant trois jours.

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Gasquet : "Je ne peux plus regarder 4 ou 5 sets, même pour un Federer - Nadal"

Cette prise de position de Thiem fait également écho à celle de Richard Gasquet. Dans un entretien accordé à L'Equipe en début de semaine, le Biterrois avait également estimé que la longueur des matches était un problème désormais. "Je ne sais pas s'il y a quelqu'un qui aime plus le tennis que moi, mais je ne peux plus regarder Roland-Garros, je ne peux pas regarder quatre ou cinq sets, même pour un Federer - Nadal. Quand ça fait 1h20 que tu regardes, que ça fait 7-6, et 0-1 avec le mec qui se fait breaker au début du deuxième, je suis cuit. C'est fatigant. Je ne vous dis pas qu'il ne faut faire que des formats extrêmes, mais il y a peut-être un truc à trouver", a-t-il ainsi confié.

Le Français rejoignait ainsi le discours de Patrick Mouratoglou sur les nouvelles normes de consommation dans l'industrie du divertissement et l'incapacité des téléspectateurs ou internautes à suivre un match de tennis dans son intégralité. Reste à savoir si ces considérations marketing et financières doivent dicter l'évolution d'un sport. Voici quelques mois, Gilles Simon considérait, lui, que c'était prendre le problème à l'envers.

Selon lui, l'obsession actuelle pour le raccourcissement des formats constituait une sorte de fuite en avant devant une évolution considérée comme inéluctable sans avoir essayé d'"éduquer le public". Si Thiem et Gasquet dressent des constats intéressants, proposent-ils pour autant les solutions adéquates ? Ne risque-t-on pas à terme de dénaturer le tennis à force de vouloir le condenser ? Le débat est ouvert.

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