US Open 2021 : Au centre de la polémique sur les "toilet breaks", Tsitsipas sera particulièrement épié face à Mannarino

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US OPEN 2021 - Deux jours après sa victoire à l'arraché au 1er tour contre Andy Murray (2-6, 7-6, 3-6, 6-3, 6-4) et la polémique sur ses longues pauses aux toilettes, Stefanos Tsitsipas défie Adrian Mannarino dans la nuit de mercredi à jeudi. Face au Français, ses faits et gestes sur le court (et en dehors) seront autant scrutés que sa performance.

NEW YORK, NEW YORK - AUGUST 30: Stefanos Tsitsipas of Greece reacts against Andy Murray of United Kingdom during their men's singles first round match on Day One of the 2021 US Open at the Billie Jean King National Tennis Center on August 30, 2021 in the

Crédit: Getty Images

Restera-t-il calme dans la tempête ? Depuis quelques semaines, Stefanos Tsitsipas ne fait pas l'unanimité, c'est même un euphémisme. D'abord critiqué pour sa position sur la vaccination - le Grec a signifié qu'il ne subirait aucune injection contre le Covid tant que ce n'était pas obligatoire sur le circuit -, il s'est ensuite attiré les foudres de ses adversaires et de la plupart des observateurs pour sa propension à sortir longtemps du court lors de ses pauses (à peu près une dizaine de minutes) en fin de set. Ce fut notamment le cas face à Alexander Zverev à Cincinnati, puis ce lundi lors de son 1er tour victorieux au bout du suspense contre Andy Murray à Flushing Meadows.
Au sens strict du terme, l'intéressé ne contrevient pas au règlement. Il s'est d'ailleurs attaché à le répéter quand le sujet lui a été soumis en conférence de presse. "A ma connaissance, nous avons le droit à deux pauses aux toilettes pour se changer dans un match au meilleur des cinq sets, et à une dans une match au meilleur des trois. J'ai toujours suivi cette ligne de conduite pendant ma carrière. Je n'ai jamais transgressé aucune règle donc je ne vois pas en quoi c'est un problème", a-t-il martelé après le match.

Derrière les apparences, un clan à fleur de peau

Mais ce point de vue n'est pas partagé par ses adversaires qui voient dans ces fameux "toilet breaks" une stratégie de Tsitsipas destinée à leur faire perdre le rythme de la partie. En d'autres termes, le Grec se livrerait à un bras de fer psychologique d'autant plus contraire à l'esprit du jeu que certains le soupçonnent aussi de communiquer directement par SMS durant ces pauses avec son père, l'omniprésent Apostolos, pour ajuster sa tactique à son retour des vestiaires. Pour ne pas le citer, Alexander Zverev estime par exemple que c'est un manque de respect indigne du nouveau numéro 3 mondial.
Officiellement, Tsitsipas semble n'accorder que peu d'intérêt et d'importance à ces soupçons, qu'il a d'ailleurs balayés d'un revers de main devant la presse. Dans la réalité, la tension est plus palpable et le clan se resserre face aux attaques. Son frère Petros a d'ailleurs répondu au tweet ironique d'Andy Murray comparant la durée des pauses toilettes de son bourreau au voyage de Jeff Bezos dans l'espace. "Je ne me serais jamais attendu à ce type de comportement venant d'une prétendue légende du tennis", a-t-il estimé avant d'effacer son retweet.
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Video credit: Eurosport

Les pauses, une manière d'évacuer le traumatisme de Roland ?

Le sujet est donc bien sensible, et ce n'est pas le soutien bienvenu mais isolé de Reilly Opelka qui y changera quelque chose. Si Stefanos Tsitsipas est effectivement coutumier de ces pauses, il a poussé cette habitude à une sorte de paroxysme ces dernières semaines, ce qui accrédite la thèse d'un nouvel élément stratégique. L'ancienne joueuse de tennis britannique Annabel Croft, désormais présentatrice à la télévision notamment pour Sky Sports, en a d'ailleurs touché un mot au clan du Grec.
Il en est ressorti que ce dernier avait été visiblement très marqué par la fameuse pause toilettes de Novak Djokovic en finale de Roland-Garros. Une coupure à la suite de laquelle le Serbe avait totalement renversé la dynamique d'un match mal engagé après la perte des deux premiers sets.
Il s'agirait en quelque sorte d'évacuer un traumatisme. Celui d'avoir vu son rêve lui filer entre les doigts et son élan brisé à une manche de la consécration en Grand Chelem. Mais Tsitsipas ne le sait que trop bien : un champion se distingue par ses performances et son comportement sur et en dehors du court. Après avoir frôlé l'élimination d'entrée face à un Andy Murray survolté, il cherchera avant tout à se rassurer tennistiquement mercredi face à Adrian Mannarino et son style si particulier.
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Video credit: Eurosport

Laisser le tennis parler

Le gaucher français est, lui aussi, un survivant dans ce tournoi, puisqu'il a remonté deux sets de retard pour la première fois de sa carrière face à son compatriote Pierre-Hugues Herbert au 1er tour. Tout l'enjeu pour Mannarino sera d'emmener Tsitsipas dans sa filière longue, faite de trajectoires rasantes, courtes croisées tout autant que de balles cotonneuses. Si le numéro 3 mondial se retrouve embarqué dans ce faux rythme, le combat mental pourrait alors être engagé. Qui sait ce qu'il en sortirait alors : de la fébrilité ? De nouvelles pauses toilettes intempestives ?
Une chose est sûre, pour calmer le jeu et éviter de s'aliéner le public new-yorkais qui l'a sifflé en partie lors de sa première sortie, Tsitsipas a intérêt à mettre rapidement les points sur les i. Pour que ce qui n'aurait jamais dû passer au second plan (surtout vu la qualité du combat contre Murray) retrouve toute sa place : le jeu, rien que le jeu.
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