Juste avant cet US Open, nous avions évoqué à propos de Carlos Alcaraz une "mini-crise de croissance." Depuis son coup d'arrêt en quarts de finale de Roland-Garros contre Alexander Zverev, les résultats du jeune Espagnol restaient plus que corrects, mais pas à la hauteur de sa première moitié de saison. Rien qui ne remette en cause la brillance de son avenir à moyen ou long terme, mais il est arrivé à New York avec moins de vent dans les voiles qu'à Roland-Garros trois mois plus tôt. Paradoxalement, c'est donc là qu'il a mis dans le mille.
A Cincinnati, Alcaraz a touché un point bas, pas tant tennistiquement que psychologiquement. Dans l'Ohio, où il s'est arrêté en quarts de finale contre Cameron Norrie, ce n'est pas cette défaite, au terme d'un match très accroché, qui a incité Juan Carlos Ferrero à tirer le signal d'alarme, mais l'état d'esprit de son poulain. "Après Cincinnati, nous avons parlé et je lui ai dit que je trouvais qu'il avait un peu perdu sa joie de vivre sur le court, explique l'ancien numéro un mondial. Il se préoccupait trop des chiffres, du classement, des tournois, et plus assez de son jeu."

Plus de 3h de lutte et Norrie a eu le dernier mot : le résumé de sa victoire contre Alcaraz

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"C'est vrai, confirme Carlos Alcaraz. A Montréal et Cincinnati, j'avais perdu la notion de plaisir. Je n'arrivais plus à sourire sur le court, ce que je fais normalement à chaque tournoi, à chaque match." Pour quelle raison ? Un phénomène tout bête et bien connu : la pression. Lors de sa conférence de presse d'avant-tournoi à New York, le Murcien s'en était expliqué sans se cacher. "A Cincinnati, c'était la première fois que je n'ai pas réussi à gérer la pression, avait-il admis. J'ai ressenti le fait d'être la deuxième tête de série dans ce tournoi, d'être le N°4 mondial et ça m'a pesé. C'est la première fois que je ressens cette pression et je n'ai pas su faire avec."
C'était la clé, il devait retrouver le plaisir
Avant de se lancer dans la bataille de Flushing, la première mission pour "Carlitos" et son staff était donc de retrouver une forme d'apaisement afin de pouvoir s'exprimer à nouveau pleinement. "Je suis vraiment venu ici pour profiter, poursuit le nouveau prince de New York. Retrouver le sourire, être heureux de jouer au tennis. J'adore jouer au tennis. Je dirais que si je souris, si je m'amuse, alors je peux être à mon meilleur, jouer mon meilleur tennis. Donc je voudrais remercier Juan Carlos et mon équipe pour m'avoir permis de prendre à nouveau du plaisir."

Un passing dos au filet : encore un point venu d'ailleurs signé Alcaraz

Pour aider son protégé à dissiper ses pensées négatives, lors de la semaine qui a précédé le coup d'envoi de l'US Open, Ferrero a transformé ses entraînements récréation ludique : "Quand nous sommes arrivés ici, je lui ai conseillé d'aller au filet sur la moindre balle. Systématiquement. Toute la semaine, on a essayé ça à l'entraînement. C'est comme ça qu'il a commencé à se sentir un peu mieux sur le court. Puis il s'est senti très bien. C'était la clé, il devait retrouver le plaisir."
Il a réussi à bien gérer son stress
De fait, on a retrouvé durant quinze jours le Alcaraz de la fin de l'hiver et du printemps, jusqu'à sa consécration dimanche face à Casper Ruud. Pourtant, ce n'est probablement pas le match où il est apparu le plus épanoui. Souvent frustré et agacé parce qu'il sentait qu'il ne parvenait pas à sortir son meilleur tennis, il a ressemblé parfois au Alcaraz de Cincinnati. L'effet d'une première grande finale majuscule, évidemment. Mais a fini par passer outre.
"Aujourd'hui (Dimanche), l'enjeu était de contrôler ses émotions et ses nerfs, en rentrant sur le court avec les mêmes sensations que pour n'importe quel match. Mais clairement, ce n'était pas le cas au début, relève Juan Carlos Ferrero. Mais finalement, il a réussi à bien gérer son stress." Quand on lui a demandé de résumer en un mot ces deux dernières semaines, Carlos Alcaraz a hésité. Puis : "Je dirais 'Heureux'. Oui, je choisirais ce mot. Si j'ai le trophée, c'est parce que j'étais heureux sur le court." C'est simple, parfois, le tennis.

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