US Open - La défaite de Raducanu n'est pas une surprise, la victoire de Cornet non plus

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US OPEN - Si vous n'avez pas pu ou pas voulu veiller cette nuit, pas de souci. Le "Good Morning Flushing" est là pour vous raconter tout ce que vous avez manqué. Cette deuxième journée a été marquée par l'élimination de la tenante du titre chez les dames, Emma Raducanu. La Britannique est tombée sur un os nommé Alizé Cornet. Rafael Nadal, lui, est passé. Pas Naomi Osaka.

Good morning Flushing - Jour 2.

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L'histoire du jour

New York retiendra peut-être que cette deuxième session nocturne a été marquée par une sensation avec l'élimination d'Emma Raducanu. La défaite de la Britannique dès le premier tour, de par son statut de tenante du titre, est sans conteste un événement. Mais ce n'est en rien une surprise. Parce qu'elle n'a plus le visage de la sa triomphale insouciance qui l'avait installée sur son nuage l'an dernier, et peut-être plus encore en raison de l'identité de celle qui l'a envoyée au tapis sur le court Louis-Armstrong.
Alizé Cornet est une spécialiste. Habituée à couper les têtes, et pas les plus petites (allez, au hasard, Serena Williams et Iga Swiatek à Wimbledon ou encore Simona Halep à l'Open d'Australie), la Française vit la meilleure saison de sa carrière en Grand Chelem. Au regard du niveau des deux joueuses cette année, l'issue du duel de cette nuit relève simplement de la logique sportive du moment. La meilleure a gagné. Point.
La manière dont Alizé Cornet s'est épanouie ces derniers mois a quelque chose d'épatant. Peut-être est-ce la perspective de se rapprocher de la fin du chemin, puisqu'elle a laissé entendre à plusieurs reprises que 2022 pourrait être sa dernière année. On la sent sereine, apaisée. Même quand tout ne tourne pas rond. Face à Raducanu, elle a connu un début de deuxième set délicat, notamment ce jeu à trois doubles fautes qui lui ont coûté un break. Mais pas de drame ni de larmes. Juste du calme. Elle est revenue, et elle a vaincu.
En rentrant sur le court mardi, la Niçoise avait déjà écrit l'histoire : cette 63e participation consécutive à un tournoi du Grand Chelem lui permet d'établir un nouveau record dans l'histoire du tennis féminin. Ce ne sont pas les 23 titres majeurs de Serena Williams, non, mais ce n'est pas un accomplissement anodin. On en vient presque à regretter qu'elle n'ait pas eu plus tôt cette forme de tranquillité qui lui va si bien. Le privilège de l'âge, sans doute. "Mieux vaut tard que jamais", a d'ailleurs résumé Alizé.
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Infatigable, Cornet a poussé Raducanu à une ultime faute : revivez la balle de match

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On a aimé

L'exploit de Clara Burel. Battre la gagnante du dernier Grand Chelem en date, ce n'est pas rien. Surtout quand on est 131e mondiale, qu'on a 21 ans et qu'on a arraché sa place dans le grand tableau en sortant des qualifications. Pour Clara Burel, cette victoire sur Elena Rybakina (6-4, 6-4), fraîchement auréolée de son titre à Wimbledon, peut marquer le début de quelque chose, même si cela appellera forcément confirmation.
Entre le retour au premier plan de Caroline Garcia, le coup d'éclat de Burel, la progression de Diane Parry sans oublier l'exemplaire Alizé Cornet, cette saison 2022 marque de jolis signes de frémissements pour le tennis féminin français.
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Burel : "C'est ma plus grande victoire"

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La fin de matchentre Lorenzo Musetti et David Goffin. Complètement folle, sous les projecteurs du petit mais incandescent court N°12 (celui-là même où Clara Burel avait scalpé Rybakina). On tient là d'ores et déjà un des cinquièmes sets les plus dingues de la quinzaine. Jugez plutôt : Musetti a été mené 5-2, double break contre lui. Puis il a recollé à 5-5... pour perdre à nouveau sa mise en jeu. David Goffin a donc servi une troisième fois pour le match. En vain. Dans le super tie-break décisif, le Belge a encore pris les devants : 4-1, puis 7-4. Mais une fois de plus, l'Italien, accrocheur en diable, n'a rien voulu savoir. Il s'est finalement imposé 11-9 à sa deuxième balle de match avant de s'écrouler au sol.
Le culot de Rinky Hijikata. Il n'a pas signé l'exploit du siècle contre Rafael Nadal, mais parvenir à prendre un set face à un tel champion, pour un premier match en Grand Chelem, et en prime sur le court Arthur-Ashe en night session, ce n'était pas gagné. Hijikata a épaté par son jeu, son abnégation jusqu'au dernier point et plus encore par son absence de déférence envers son illustre adversaire. C'est la clé, ou au moins l'indispensable préalable pour ne pas prendre trois petits sets. Il a rendu ce match plaisant et intéressant. Merci (et bravo) à lui.
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Grosse course vers l'avant et smash au filet : comment Hijikata a breaké Nadal

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On n'a pas aimé

Le "stop" pris par Mannarino. Titré à Winston Salem samedi, Adrian Mannarino arrivait lancé à New York et avec, en prime, un bon coup à jouer lors de son premier tour contre un qualifié, le Néerlandais Gijs Brouwer (181e). Sans énergie, il a pourtant pris trois sets (6-3, 6-4, 6-4). Mais c'est un grand classique. Briller dans un tournoi précédant un Grand Chelem constitue souvent une chausse-trappe difficile à éviter. Mannarino n'est pas le premier à se prendre les pieds dedans. Il ne sera pas le dernier non plus.
La sortie de Naomi Osaka. Ce n'est pas tant la défaite. Perdre contre Danielle Collins, membre du Top 20, n'est pas honteux, même si elle avait toujours battu l'Américaine en trois confrontations. Le plus dur, c'est de voir Osaka sans véritable émotion. Elle joue, frappe des coups, mais ne paraît pas impliquée. Elle est là sans être là. Battue en deux sets (7-6, 6-3), la Japonaise s'en va déjà. Triste de voir cette formidable joueuse un peu perdue. Surtout ici, à Flushing, où elle s'est imposée deux fois. Qui plus est dans une forme d'indifférence, puisque le court Arthur-Ashe s'était largement dépeuplé.

Juste pour savoir

Sur les cinq Bleus encore en lice dans le tableau masculin, combien de survivants au troisième tour ? On ne veut pas saper le moral des troupes mais avec des adversaires nommés Medvedev, Kyrgios, Berrettini, voire Kecmanovic et Van de Zandschulp, il faudra osciller entre la perf', l'exploit et le miracle pour aller plus loin.
Reverra-t-on un jour la "vraie" Naomi Osaka ?
Reverra-t-on un jour l'Emma Raducanu de l'US Open 2021 ?
Malgré tout, et si c'était une bonne nouvelle pour Emma Raducanu ? C'est, au minimum, la fin de douze mois sous haute pression pour la Britannique. Elle a 19 ans, tout le temps devant elle, et va retrouver un peu de sa tranquillité perdue. Le revers de la médaille de l'US Open 2021 va peut-être s'effacer. Enfin.
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Emma Răducanu

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La décla : Emma Raducanu

"C'est décevant, je suis triste de partir, c'est mon tournoi préféré. Mais d'une certaine manière, je suis contente. Je vais descendre au classement. Je remonterai. La cible que j'avais dans le dos va s'éloigner. (…) Oui, c'est un peu une libération. C'est bien aussi de prendre un nouveau départ. Et je ne fais pas une si mauvaise année. J'ai 19 ans. Être dans le Top 100, si vous m'aviez dit ça il y a un an, j'aurais signé."

Trois stats à retenir

2. Le nombre de points perdus par Grigor Dimitrov sur sa première balle de service lors de son expéditive victoire face à Steve Johnson (6-3, 6-2, 6-2 en 1h34). Avec ce 36 sur 38, soit 95% de réussite, le Bulgare a fait un festival. S'il garde ce rythme, qui sait, peut-être pourra-t-il rêver à un parcours du même type que celui de l'édition 2019, quand il avait atteint les demi-finales.
74. Emma Raducanu remettait en jeu 74% de ses points dans ce premier tour contre Alizé Cornet. Son élimination dès le premier tour va lui coûter 2040 de ses 2756 unités à la WTA (soit sa victoire plus les points des qualifications de l'US Open 2021). Elle va reculer aux alentours de la 80e place après le tournoi.
198. Encore une sacrée statistique dénichée par la Serena Williams de la stat', notre camarade Constance de Jeu, Set et Maths : Rafael Nadal a perdu le premier set face à Rinky Hijikata. L'Australien, 198e à l'ATP, est le joueur le plus mal classé à prendre une manche à l'Espagnol en Grand Chelem depuis plus de seize ans ! C'était Robert Kendrick, à Wimbledon, en 2006. L'Américain pointait alors à la 237e place.

Le match à ne pas rater mercredi : Kontaveit - Williams

Pas de surprise dans la programmation. Serena Williams jouera sur le court Arthur-Ashe et en "night session" mercredi, comme ce fut déjà le cas lundi pour son premier tour. Et aussi longtemps que la légende américaine sera en vie dans ce tournoi, elle aura droit au double honneur du central et de la session nocturne. Aucun doute là-dessus. Reste à savoir si les organisateurs, qui avaient lors de son premier match mis les petits plats dans les grands pour ce qui ressemblait à une cérémonie... d'adieu, remettront le couvert, au cas où.
Car le défi qui attend Serena Williams dans ce deuxième tour est, sur le papier en tout cas, d'une autre difficulté. Face à elle, Anett Kontaveit, numéro 2 mondiale. Mais comment l'Estonienne gèrera le contexte si particulier qui s'impose à toutes les adversaires de la reine aux 23 titres du Grand Chelem ? C'est une vraie question, d'autant que Kontaveit et les tournois majeurs, ça fait deux (au moins). Malgré son statut de dauphine d'Iga Swiatek au classement WTA, sa campagne 2022 en Grand Chelem est catastrophique : 2e tour à Melbourne et Wimbledon, 1er tour à Roland-Garros.
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Williams : "D'autres chapitres vont s'ouvrir, ce sera Serena 2.0"

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