US Open 2024 | Battu en finale, Taylor Fritz s'est déçu : "J'ai le sentiment d'avoir laissé tomber beaucoup de monde"

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Battu nettement par Jannik Sinner (6-3, 6-4, 7-5) en finale de l'US Open dimanche, Taylor Fritz n'a caché sa déception ni lors de la remise des trophées ni en conférence de presse. Au-delà de la défaite, le premier Américain à disputer une finale de Grand Chelem depuis 15 ans a regretté de ne pas avoir joué son meilleur tennis. Mais il a refusé de mettre cela sur le compte de la nervosité.

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Il a dû s'interrompre en plein discours, saisi par l'émotion. Taylor Fritz en avait gros sur le cœur au moment de s'adresser au public new-yorkais qui l'avait tant soutenu quelques minutes auparavant en finale de l'US Open ce dimanche. A Flushing Meadows, il était le premier Américain à participer à un tel match depuis Andy Roddick en 2006. Le même "A-Rod" qui reste à ce jour le dernier représentant de la bannière étoilée à avoir soulevé un trophée en Grand Chelem, toujours à New York en 2003.
Car Fritz a donc échoué à prendre sa succession et il en a eu le cœur brisé. Pas tant parce qu'il s'est incliné contre le numéro 1 mondial Jannik Sinner, mais parce qu'il n'est pas parvenu à donner sa pleine mesure. "C'était un match vraiment dur pour moi. J'avais un plan de ce que je voulais faire. J'ai réussi à l'appliquer un petit peu, mais pas dans l'ensemble. Je n'ai vraiment pas frappé la balle aussi bien que je l'espérais, a-t-il indiqué en conférence de presse. Et c'était important si je voulais tenir à l'échange face à lui, parce que c'est un frappeur fantastique."
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Et Fritz de rendre hommage à son bourreau italien : "C'est le meilleur joueur du monde en ce moment. D'habitude quand mon plan A ne fonctionne pas, je me repose sur mon plan B qui est de jouer avec un peu plus de sécurité, de mettre tout dans le court et de me battre. Contre beaucoup de joueurs avec mon service, ça marche, mais contre lui non. Si j'essaie de jouer comme ça, il va juste me malmener un petit peu trop."
Fritz a été particulièrement frustré par son début de match. Dans le premier set, le Californien n'a ainsi servi que 38 % de premières balles. Comment expliquer un tel déchet sur une de ses armes favorites ? Du point de vue des observateurs, la thèse de la tension du début de match pourrait tenir la corde. D'autant qu'il ne faut pas oublier que Fritz disputait là sa toute première finale de Grand Chelem, ce qui n'a rien d'anodin.
Mais l'intéressé a tenu le même discours qu'après sa victoire sur Frances Tiafoe, estimant que la tension d'avoir affronté son compatriote face auquel il était favori était supérieure. "Mentalement, honnêtement, je ne me suis vraiment pas senti aussi nerveux qu'en demi-finale en abordant ce match. Emotionnellement, bien sûr que c'est une finale de l'US Open, que je veux la gagner et que c'est vraiment un grand moment. J'ai marché sur le court, j'ai entendu le public devenir dingue et je me suis juste imprégné du moment : jouer une finale de l'US Open sur le Ashe, c'est ce dont j'ai rêvé toute ma vie. J'ai presque été pris par les émotions, mais j'étais vraiment heureux et prêt à profiter du moment. Je m'attendais à mieux jouer dès le début", a-t-il assuré.
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Fritz n'a pas surjoué à Flushing, ce qui le rassure pour la suite

Fritz n'a donc pas voulu se trouver d'excuse, quitte à être très (trop ?) dur avec lui-même. Après tout, avant cette quinzaine new-yorkaise, il n'avait jamais dépassé les quarts de finale en Grand Chelem. Un plafond de verre qu'il a éclaté. "Quand j'aurai pris du temps pour redescendre, je serai heureux d'avoir atteint la finale. Mais en ce moment, je suis juste déçu de la manière dont j'ai joué, dont j'ai exécuté certains coups. Ça craint. (…) Les fans américains attendent un champion depuis longtemps, et je suis assez affecté par la manière dont j'ai joué. J'ai l'impression presque d'avoir laissé tomber beaucoup de gens", a-t-il asséné.
Il n'empêche, l'Américain a déjà trop d'expérience sur le circuit pour ne pas voir qu'il a fait un pas en avant majeur dans sa carrière. Ce lundi, il sera de retour dans le Top 10 mondial (à la 7e place) le plus logiquement du monde. Surtout, il s'est prouvé des choses, s'offrant par exemple pour la deuxième fois consécutive en Grand Chelem un joueur de la trempe d'Alexander Zverev, le nouveau dauphin de Sinner à l'occasion. Il n'y a évidemment aucune assurance de jouer à nouveau une finale de Majeur, mais vu sa progression et la fin de l'ère du "Big 3", il y croit dur comme fer.
"J'ai joué un tennis solide cette semaine, mais dans mes cordes. Je ne pense m'être dit à aucun moment : 'Wow, mon niveau est incroyable.' C'est extrêmement rassurant d'avoir été capable d'aller aussi loin juste en jouant un tennis solide. Je sais qu'il y a encore beaucoup de marge pour progresser. Et comme je l'ai dit toute ma carrière, une fois que j'ai fait quelque chose, je suis beaucoup plus confiant dans ma capacité à le refaire", a-t-il conclu. De quoi retenter sa chance plus déterminé que jamais en 2025.
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