US Open 2026 | Simple messieurs : Le maître, Carlos Alcaraz, face aux Américains Ben Shelton, Frances Tiafoe et Alex Michelsen

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Redevenu le grand favori d'un tournoi qu'il avait pourtant abordé sans repère, Carlos Alcaraz va devoir, pour conserver son titre, se défaire d'une partie basse de tableau dans laquelle il se retrouve cerné par les joueurs américains. Premier (gros) test ce mardi en quarts face à Ben Shelton, avant une potentielle demie contre le vainqueur du duel entre Frances Tiafoe et Alex Michelsen.

Ben Shelton et Carlos Alcaraz lors d'un entraînement partagé avec le coup d'envoi de l'US Open 2026.

Crédit: Getty Images

Petit quiz pour se mettre en forme au moment d'aborder cette dernière ligne droite de l'US Open 2026 : combien de fois Carlos Alcaraz a-t-il perdu contre un joueur américain en Grand Chelem ? Si l'on vous pose la question, vous vous doutez probablement de la réponse : zéro. Ça n'est jamais arrivé. Exécuté par l'Espagnol dimanche en huitièmes de finale, Tommy Paul est devenu la 13e victime plus ou moins expiatoire du génie de Murcie en Grand Chelem, qui a lui-même concédé, dans sa carrière, un total de 13 défaites dans un tournoi majeur (tableau principal). Mais aucune, donc, contre un représentant de l'Oncle Sam.
C'est dire l'ampleur du défi qui attend Ben Shelton, Frances Tiafoe et/ou Alex Michelsen, lesquels se retrouvent à ceinturer le tenant du titre dans la partie basse du tableau, en quart de finale. Soit-dit en passant, cette présence massive à ce stade des joueurs US, qui se sentait venir à l'aube du tournoi, est une vraie performance. C'est d'ailleurs la première fois depuis 1995 que les Américains se retrouvaient à cinq – avec aussi Tommy Paul et Learner Tien – en deuxième semaine de leur tournoi du Grand Chelem. Une vraie prouesse, révélatrice du dynamisme retrouvé du tennis outre-Atlantique, d'autant que les Américaines étaient tout aussi nombreuses (Coco Gauff, Jessica Pegula, Iva Jovic, Emma Navarro et Taylor Townsend).
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Un triomphe à sens unique pour Shelton face à Tsitispas - les temps forts en vidéo

Video credit: Eurosport

Seulement voilà : c'est beau, mais ce n'est pas (encore) suffisant. L'Amérique a trop gagné dans son histoire pour se contenter de la médaille du nombre, d'autant que celle-ci n'est pas complètement nouvelle. En 2023, il y avait déjà trois Américains en quarts de finale (ces mêmes Shelton et Tiafoe, plus Taylor Fritz). Et en 2024, Fritz avait remporté face à Tiafoe la première demi-finale 100 % US à New York depuis 2005. Mais il avait ensuite été surclassé en finale par Jannik Sinner.
À ce jour, les États-Unis cherchent donc toujours un successeur à Andy Roddick, dernier joueur américain vainqueur d'un titre du Grand Chelem, ici même en 2003. Plus l'attente se prolonge, plus elle se rapproche de la fin, et l'on sent bien, avec cette multiplication des performances, que le tennis US n'est pas loin de (re)toucher au but. Mais s'il veut y parvenir dès cette année, il lui faudra donc relever ce qui ressemble au défi ultime : passer sur le corps de Carlos Alcaraz, redevenu en un claquement de doigts le monstre qu'il était avant sa blessure au poignet, il y a quatre mois et demi.
Aujourd'hui, je sers mieux et je retourne beaucoup mieux. Ma tolérance aux rallyes ainsi que mon déplacement se sont améliorés.
Le premier à s'y coller sera donc Ben Shelton, ce mardi en quart de finale. Bon courage. Le gaucher d'Atlanta a perdu ses deux duels qui l'ont opposé dans le passé à l'Espagnol (trois même si l'on compte un match en Laver Cup), le dernier en date à Roland-Garros, l'an dernier, en huitièmes. Mais il avait livré un bon match, prenant même un set au futur vainqueur du tournoi, sur une surface pourtant censée être totalement à l'avantage d'Alcaraz.
Depuis, Ben Shelton a pris de l'épaisseur. Il a notamment remporté ses deux premiers titres en Masters 1000, les deux au Canada, à Toronto en 2025 et à Montréal en 2026. Surtout, il a le sentiment, probablement justifié, d'être un meilleur joueur aujourd'hui. "J'avais joué un bon match à Paris, mais je crois qu'aujourd'hui, je sers mieux et je retourne beaucoup mieux, a-t-il estimé dimanche après son succès expéditif en huitièmes contre Stefanos Tsitsipas. Ma tolérance aux rallyes de fond de court, ainsi que mon déplacement, se sont nettement améliorés. Ici, ce sera un match complètement différent."
Certes. On connaît la capacité de Shelton à se sublimer dans les gros rendez-vous, spécialement chez lui, à l'US Open. Plus qu'un gros match, ce quart de finale s'annonce même comme un véritable blockbuster. Un temps fort du tournoi, assurément. Alcaraz n'est pas du genre à se laisser aller face à la pression du public, si écrasant soit celui du stadium Arthur-Ashe. Mais s'il veut définitivement prouver qu'il est de retour à son meilleur niveau, voilà bien le test ultime, face à un Shelton qui vient de jouer contre Tsitsipas son meilleur match du tournoi.
"Par rapport à mes matches précédents, j'étais tout simplement plus concentré, plus stable aussi sur le plan émotionnel, s'est-il réjoui. C'est très important pour moi d'être capable de me mettre dans ma bulle sans me laisser distraire par ce qui se passe autour de moi. Ce n'était pas mon meilleur tennis. Tout n'était pas parfait, loin de là. Mais pour la première fois du tournoi, j'ai livré une prestation solide et maîtrisée."
Si Alcaraz venait à ramener le Géorgien à la raison, il devrait ensuite endiguer le deuxième effet kiss-cool venu de Frances Tiafoe, chaud bouillant sur cet US Open, ou d'Alex Michelsen. Des trois Américains en présence, Tiafoe est le seul à l'avoir déjà battu, à Barcelone, en 2021. Un autre temps. Quant à Michelsen, il a une excuse : il ne l'a jamais affronté.
Premier joueur né en 2004 à atteindre les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem (au nez et à la barbe d'Arthur Fils, le seul de sa promotion mieux classé que lui), le Californien n'aurait, au moins, pas grand-chose à perdre, ni aucun complexe à faire. Ce n'est de toute façon pas le genre de la maison. Ce n'est, surtout, pas le moment, face à un Alcaraz qui rêve de renvoyer toute l'Amérique à la maison.
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