US Open 2026 | Simples messieurs – Frances Tiafoe, les larmes et puis la rage après sa défaite contre Ben Shelton : "J'espère qu'un jour, ça passera"
Par Rémi Bourrieres
Mis à jour 12/09/2026 à 22:25 GMT+2
Très déçu après avoir été battu pour la troisième fois en demi-finale de l'US Open, la nuit dernière au terme d'un gros match face à son compatriote Ben Shelton, Frances avait déjà rebondi face aux micros. L'Américain voulait surtout très vite se mobiliser pour crever enfin un jour son plafond de verre. Avec déjà, en ligne de mire, une première qualification en vue pour le Masters.
On a vécu le dernier jeu de la demi-finale à côté de Bryan, le père de Ben Shelton
Video credit: Eurosport
Il était effondré, Tiafoe, après avoir perdu ce vendredi le nouveau bras de fer qui l'opposait à Ben Shelton en demi-finale de l'US Open. Il y en a même qui disent qu'ils l'ont vu pleurer, la tête enfouie dans sa serviette, à sa sortie du stadium-Arthur-Ahse, où il venait donc de concéder la "belle" face à ce diable de compatriote qu'il avait déjà affronté à New York en 2023 (défaite en quart de finale) et en 2024 (victoire au troisième tour).
On peut comprendre la déception. L'Américain a perdu sa troisième demi-finale de l'US Open, "son" Grand Chelem à tous les sens du terme, celui qui expose le mieux ses forces mais aussi, sans doute, met le plus à nu ses faiblesses. Nulle part ailleurs qu'à New York ne s'exprime mieux son charisme de dingue, son tennis électrique et la grandeur de son âme. Mais nulle part ailleurs qu'à New York n'a-t-il dû encaisser de plein fouet la force d'une désillusion, et la dureté de son métier.
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Shelton prend rendez-vous avec Zverev : les temps forts de sa demie face à Tiafoe
Video credit: Eurosport
Trois demi-finales à l'US Open, ça n'est pas rien. Avant lui, Andre Agassi était d'ailleurs le seul autre joueur américain à y être parvenu au cours de ce siècle. Mais trois défaites en demi-finales de Grand Chelem, dont deux en cinq sets (Carlos Alcaraz en 2022 puis Taylor Fritz en 2024) et deux face à des compatriotes, ça dessine aussi l'esquisse d'une limite, d'un certain plafond de verre.
Mais Tiafoe, et comme on le comprend, refusait toutefois l'ombre d'une fatalité. Quelques minutes après sa défaite, face aux micros, il avait retrouvé sa combativité et son mordant. "Evidemment, c'est une défaite difficile, a-t-il concédé en conférence de presse. C'était un gros match, et Ben a très bien joué, très bien servi notamment, ce qui n'a pas été mon cas. Je voulais vraiment cette finale. On ne peut jamais être sûr d'avoir à nouveau l'occasion de revenir en finale de Grand Chelem. Mais j'ai confiance. Je suis heureux, globalement, de la manière dont j'ai joué tout l'été. Heureux de la manière dont j'ai joué ce soir. Mais au bout du compte, je veux le faire un jour. Je veux devenir un vainqueur de Grand Chelem, je vais tout faire pour cela. Et j'espère qu'un jour, ça passera."
L'Américain n'a de toute façon pas le temps de se laisser gagner par le blues. Sa saison a, en effet, globalement été superbe jusque-là. La plus belle de sa carrière, ponctuée par un total de 42 victoires (record personnel) et marquée notamment, outre cette demi-finale new-yorkaise, par un titre à Halle ainsi que des finales à Acapulco et récemment à Cincinnati, battu par Arthur Fils. Au bout d'un été marqué par une opération mineure pour soigner un kyste au poignet juste après un abandon à Montréal, et des petites douleurs (semble-t-il) au dos lors de cette finale à Cincinnati, atteindre le dernier carré ici à New York est une vraie performance, qui lui ouvre la voie vers une fin de saison excitante.
Lundi, Frances Tiafoe fera son retour dans le top 10 (auquel il avait brièvement goûté en 2023) où il occupera la 8e place, son meilleur classement. La 6e à la Race. Autant dire, un boulevard possible vers une première qualification pour les ATP Finals de fin d'année, à Turin. Un bel os à ronger pour lui désormais, et une belle manière de se projeter vers autre chose, pour mieux oublier.
Je vais probablement ressentir la déception pendant quelques jours mais après ça, je vais me bouger le c… pour aller à Turin.
"Je suis un amoureux du travail, donc je vais m'y remettre, a-t-il lâché, de plus en plus (re)mobilisé au fil des questions. Je vais probablement ressentir la déception pendant quelques jours mais après ça, je vais me bouger le c… pour aller à Turin. Je veux vraiment y être. C'est la preuve que vous avez bien joué toute l'année, du début à la fin, et c'est quelque chose d'importante pour moi. C'était l'un des gros objectifs que j'avais inscrit sur mon tableau de marche pour cette saison."
On n'y est pas encore, mais presque. Frances Tiafoe, c'est "Monsieur presque". Il n'a pas gagné de Masters 1 000, mais "presque" (deux finales à Cincinnati). Il n'a pas fait de finale en Grand Chelem, mais "presque" (trois demi-finales à l'US Open). Il n'a encore jamais joué le Masters, mais "pr…". Sauf que non, pas cette fois. L'Américain ne veut plus entendre le mot. Le showman exalté et le champion aimé de tous voudrait, enfin, passer dans un autre monde. A force de tourner autour du pot, il finira bien par tomber dedans.
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