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20 - 16 : Quand le Djoker fond sur Federer

20 - 16 : Quand le Djoker fond sur Federer

Le 15/07/2019 à 16:41Mis à jour Le 15/07/2019 à 19:34

WIMBLEDON – Ils n'y pensaient sans doute ni l'un ni l'autre dimanche soir dans le feu de l'action de cette finale au scénario hors normes, mais la victoire sur le fil de Novak Djokovic aux dépens de Roger Federer pourrait avoir des conséquences majeures dans la course au record de titres en Grand Chelem. Le Serbe n'a jamais été aussi près du Suisse.

Melbourne, janvier 2018. Un an et demi à peine. Vainqueur de Marin Cilic en finale, Roger Federer décroche son 20e titre du Grand Chelem. Il semble alors avoir repris ses distances pour de bon. Avec ce troisième sacre en l'espace de douze mois, retour de flamme improbable à son âge, le Suisse repousse Rafael Nadal à quatre unités. L'Espagnol reste toutefois dans la course. Novak Djokovic, au ceux de sa vague, pointe lui à huit longueurs. 20-12. Burn out, blessures, le Djoker cherche à se réinventer. Mais dans cette folle course à l'Histoire, il parait largué pour de bon.

Depuis, en l'espace de douze mois, Djokovic a mis quatre fois dans le mille lors des cinq derniers Majeurs : Wimbledon 2018, US Open 2018, Open d'Australie 2019, Wimbledon 2019. Federer, lui, est toujours scotché à 20 titres. La roue s'est remise à tourner. Et à vitesse grand V. Quatre Majeurs de retard sur Federer, jamais le différentiel n'a été aussi faible entre les deux hommes. Après son titre à Roland-Garros en 2016, qui allait marquer une césure dans sa carrière et le début de deux années délicates, il était à cinq longueurs (12-17).

Novak Djokovic après son 5e titre à Wimbledon

Novak Djokovic après son 5e titre à WimbledonGetty Images

Federer n'a plus d'alliés

Redevenu l'incontestable patron du circuit, le Serbe peut à nouveau envisager devenir, un jour, l'homme le plus titré de tous les temps en Grand Chelem. Un statut que Roger Federer a acquis voilà dix ans et qui semble fragilisé aujourd'hui, non par ses propres limites, mais par le rythme à nouveau effréné de ses deux grands rivaux.

Le problème de Federer dans cette histoire tient au fait qu'il ne compte pas d'alliés de circonstances. S'il ne gagne pas, l'écart se réduit de facto puisque le vainqueur se nomme systématiquement Djokovic ou Nadal. Les trois géants du circuit ont ainsi remporté les onze derniers tournois du Grand Chelem. Il faut remonter à 2016 pour trouver trace d'un lauréat autre. Cette année-là, Andy Murray s'était imposé à Wimbledon et Stan Wawrinka à l'US Open. Mais les problèmes physiques du Britannique et du Suisse les ont écartés, sans doute définitivement pour le premier, au moins provisoirement pour le second.

La génération intermédiaire, incarnée par Dominic Thiem, n'a pas encore mis dans le mille et la NextGen apparait encore trop tendre. Du coup, le Grand Chelem se résume à nouveau à l'infernal trio. Federer est donc condamné à gagner s'il ne veut pas voir son matelas grignoter Majeur après Majeur. A ce titre, les deux balles de match manquées par le Bâlois dimanche pourrait, à l'heure du décompte final, peser particulièrement lourd.

Dimanche soir, Roger Federer a minimisé cette considération. Peut-être est-ce l'âge, mais il entrevoit les choses différemment par rapport au début de sa carrière. Il ressentait davantage de pression dans le rôle du chasseur que celui du gibier. "C'était quelque chose de très important pour moi, quand j'étais tout près du record, explique-t-il. Tu es deux titres derrière, puis tu l'égales, puis te le bats... C'était énorme."

Vidéo - A Djokovic les stats qui marquent, à Federer celles qui tuent

02:16

Federer : "Si quelqu'un bat mes records, c'est très bien pour lui"

Désormais poursuivi par le tandem Nadal-Djokovic, il jure ne pas se préoccuper plus que cela de cette course parallèle aux véritables enjeux. "C'est différent aujourd'hui parce que je suis dans une autre situation, relance le Suisse. Les deux me motivent mais, pour être honnête, si quelqu'un bat mes records, c'est très bien. On ne peut pas protéger quoi que ce soit, de toute façon. Je ne suis pas devenu joueur de tennis pour ça. Aujourd'hui (dimanche), l'enjeu, c'était de gagner Wimbledon. C'est pour ça que je joue."

La course au "GOAT" (greatest player of all time, le plus grand joueur de tous les temps, sur lequel le nombre de Grands Chelems influe fortement) ne serait-elle qu’une affaire de fans ? Novak Djokovic, lui, avait évoqué en amont de la finale son désir de "marquer l'Histoire" de son sport, tout en insistant sur la nécessité de ne pas en faire une obsession. A mesure qu'il se rapproche du record, parviendra-t-il à garder ses distances vis-à-vis de cet enjeu ?

Pour l'heure, il n'envisage cette invraisemblable lutte que comme une façon de s'élever davantage. "On se complète d'une certaine façon, estime le numéro un mondial. On se fait grandir. Ces deux gars sont probablement la principale raison pour laquelle je joue encore à ce niveau. Le fait aussi qu'ils aient écrit l'histoire de ce sport me motive aussi, m'inspire, me pousse à faire comme eux et même encore plus."

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