Elle est peut-être actuellement au sommet de son art. Si Caroline Garcia a connu des périodes fastes dans sa carrière, avec notamment 7 titres glanés avant cette saison, et une place de numéro 4 mondiale (2018), la Française de 28 ans réalise un exercice 2022 de haute volée. A Varsovie, Garcia a non seulement ravi le titre mais elle a sorti dès les quarts de finale la numéro 1 mondiale et locale de l’épreuve, Iga Swiatek. Une dynamique très positive qui ne demande qu'à être convertie durant le WTA 1000 de Toronto, à partir de lundi, avant de penser à l’US Open.
Pour comprendre cette renaissance de la part de Caroline Garcia, il faut remonter à fin juin. La Tricolore avait alors remporté le tournoi de Bad Homburg, son premier titre depuis juin 2019, soit près de trois ans. Et de là s’est lancée une dynamique enivrante la portant jusqu’à sa semaine de rêve en terres polonaises. "Si on considère ses tout récent résultats et la manière dont elle les obtient, elle n'est pas loin de jouer aussi bien que quand elle était dans les 10 meilleures mondiales", juge notre consultant Jean-Paul Loth.
En s’adjugeant un deuxième trophée cette saison, la native de Saint-Germain-en-Laye a effectué un saut au classement WTA. Encore 75e joueuse mondiale avant de disputer sa finale à Bad Hombourg, il y a deux mois, Caroline Garcia est redevenue numéro 1 française en remontant à la 32e place du classement WTA, très proche du niveau qu’elle avait atteint en 2019, lors de son titre en Angleterre (28e).
US Open
Garcia, sans une Ons d'espoir
09/09/2022 À 00:25

De la continuité et de la vigilance

Mais à Varsovie, un nouveau palier a été franchi. Comme sa compatriote Alizé Cornet à Wimbledon, Caroline Garcia a fait chuter Iga Swiatek au summum de sa carrière. Jamais auparavant, Garcia n’avait vaincu une numéro 1 mondiale. Elle a choisi de le faire devant le public de la Polonaise et sur sa surface de prédilection, la terre battue. "Avant de rencontrer Swiatek, Caroline Garcia avait déjà battu d'autres joueuses et gagné un tournoi. Donc elle arrive contre Swiatek avec un potentiel de confiance dans son jeu qui lui fait penser que 'pourquoi pas'. En plus, Swiatek fait partie des joueuses qui conviennent à son jeu : elle n'a pas une énorme qualité de service, elle a une frappe de balle relativement franche comme Caroline. Tout ça peut aller loin, est persuadé Jean-Paul Loth. Il faut qu'elle continue tout en restant vigilante et en ne pensant pas que ces résultats sont seulement basés sur un bon retour de service en sa faveur le jour où elle est en forme. Mais battre Swiatek ne peut que la conforter. Tout est ouvert."
En termes de confiance, difficile de faire mieux donc. "Deux titres dans la saison, et encore, elle n'est pas finie, c'est beau. Je suis ravi pour elle, abonde son entraîneur en Billie Jean King Cup Julien Benneteau, dans une interview à L’Equipe. Ravi qu'elle ait réussi à dépasser ses pépins physiques, qu'elle ait réussi à se construire une identité de jeu claire, comme elle le désirait. Il n'y a pas de secret, elle s'est bien entourée. L'an dernier, elle a cherché des solutions. Elle a pris un coach, Bertrand Perret, qui est au quotidien avec elle, tant sur les tournois que sur les périodes d'entraînement, pour la faire progresser."
Jean-Paul Loth complète : "Elle a une structure autour d'elle avec un entraîneur, un préparateur physique, qui la suivent, qui représentent une assise mentale et morale importante pour elle. Quand elle était simplement accrochée à son père, elle avait des émotions qu'elle subissait qui n'étaient pas facilement rectifiables par une personne, surtout quelqu'un de la famille."

De belles promesses avant l’US Open

Lancée sur de parfaits rails avant la tournée nord-américaine qui la portera vers l’US Open, Caroline Garcia peut nourrir de réelles ambitions. "On peut tout espérer !", avance l’ancien capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. Il prévient néanmoins : "Avec un hiatus… Pas forcément à Toronto, mais quand on vient d'obtenir le résultat qu'elle vient d'obtenir, on peut encore se préparer mentalement à perdre un match. Cela sera moins évident sur l'US Open car on va vraiment l'attendre. Pour que son US Open soit un tournoi accompli, il vaudrait mieux qu'elle ne perde pas au premier tour des Masters 1000 qui vont arriver."
Julien Benneteau est davantage serein sur les capacités de sa joueuse : "Son jeu marche bien sur gazon, il a bien fonctionné sur terre battue et je ne vois aucune raison pour que ça ne fonctionne pas sur dur lors de la tournée américaine. Et avec son nouveau classement (32e), elle a de bonnes chances d'être tête de série à l'US Open, donc tout s'enchaîne bien".

Caroline Garcia soulève le trophée du WTA 250 de Varsovie, son 9e titre en carrière

Crédit: Imago

Quoiqu’il arrive, Caroline Garcia aura des choses à prouver à Flushing Meadows. Jusqu’ici, la Française n’a jamais réussi à passer le cap des 16es de finale lors du Grand Chelem américain. "A l'US, elle va avoir envie de ne pas se louper, de prouver qu'elle est revenue, qu'elle a de quoi être dans les meilleures joueuses du monde. Elle a atteint un degré de sérénité il me semble. Et si c'est une réalité, ça va beaucoup l'aider", assure Jean-Paul Loth. Elle affrontera Alizé Cornet pour son entrée en lice à Toronto, ce lundi.
Dans tous les cas, l’âge de raison arrive pour la protégée de Bertrand Perret. A l’image de Stan Wawrinka, qui a remporté son premier tournoi du Grand Chelem à 29 ans, Caroline Garcia peut encore écrire les plus belles pages de sa carrière. "Elle a 28 ans, c'est le moment où une joueuse sait qu'elle peut encore accomplir de très grandes choses mais sait aussi que ce n'est pas la fin du monde si elle n'y arrive pas, atteste l’ancien joueur. Wawrinka se disait 'maintenant tout ce que je peux faire est du plus', donc il avait moins de pression et ça a marché. Ça peut très bien se passer de la même manière pour Caroline." Neuf ans après, Marion Bartoli attend encore une successeure.
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