24h du Mans - Première participation pour Théo Pourchaire : "Peugeot m'a sauvé d'une fin de carrière"
Par Tanguy Mantovani
Publié 12/06/2025 à 14:48 GMT+2
Deux ans et demi après son titre de champion de Formule 2, le Français Théo Pourchaire va disputer ses premières 24 Heures du Mans. En attendant de débuter avec Peugeot en Hypercar, dont il est pour l'instant le pilote de réserve, il découvre l'épreuve en LMP2 avec l'écurie portugaise APR. Le début d’un nouveau chapitre pour sa carrière, à moins que ce ne soit qu'une étape.
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Video credit: Eurosport
Vous allez disputer vos premières 24 Heures du Mans, comment est-ce que vous l'appréhendez ?
Théo Pourchaire : C'est un gros enjeu ! Les 24 Heures du Mans, c'est l'une des plus grandes courses au monde donc j'ai très hâte de prendre la piste, de découvrir ce circuit mythique sur lequel je n'ai toujours jamais roulé. Ça va être beaucoup de choses à apprendre, à découvrir pendant ces 24 Heures du Mans. Mais j'ai très hâte.
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Parmi tout cela, qu'est-ce que vous avez le plus hâte de découvrir ?
T.P. : Il y a deux choses : la qualification déjà, rouler sur ce circuit à fond et ne pas avoir l'appréhension de ruiner la course si je fais une erreur. C'est un circuit sur lequel on n'a pas beaucoup l'occasion de rouler : cette année je participe aux 24 Heures du Mans mais je ne sais pas si ce sera le cas dans les années futures, donc je vais profiter de chaque moment. Et puis, pour la course, j'appréhende pas mal de moments, mais en même temps j'ai très très envie de rouler dans ces moments-là. Que ce soit la nuit, ou même sous la pluie s'il pleut - ce que je n'espère pas trop, pas trop de pluie quand même - mais ça ne me fait pas non plus peur, j'ai juste hâte d'y être.
Et ça vous permet aussi de gagner en expérience avant de passer en Hypercar avec Peugeot…
T.P. : Ça serait bien, c'est sûr, si je peux gagner en LMP2 d'abord, et puis aller avec Peugeot et gagner cette fois le général, ça serait le top.
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Théo Pourchaire dans le baquet de l'Oreca-Gibson 07 de Algarve Pro Racing lors des 4h du Castellet en ELMS, le 2 mai 2025
Crédit: Imago
Ce nouveau rôle avec de pilote de réserve avec Peugeot, comment cela s'est fait ? Depuis quand ils vous surveillaient ?
T.P. : Ça s'est fait l'an dernier. Quand je suis parti de l'Indycar, malheureusement je n'avais plus rien, et mon manager est rentré en contact avec Peugeot. Ça s'est fait naturellement ensuite et ils m'ont proposé de participer aux Rookies Test. C'était une superbe expérience et de là on s'est mis d'accord pour que je sois pilote de test cette année, que je fasse de l'ELMS en LMP2 avec les 24 Heures du Mans et pas mal de simulateur. C'est un rôle qui me plaît, et je sais que ça peut m'ouvrir des portes pour le futur, et pourquoi pas être pilote titulaire l'an prochain.
Vous avez donc ces deux rôles, fait des premiers tests en Formule E avec Maserati et vous avez contacté Simon Pagenaud pour manager vos intérêts aux Etats-Unis. Vous préférez vous garder des portes ouvertes ?
T.P. : Il faut toujours avoir des plans B. Dans le sport automobile on n'est jamais sûr de rien, donc je préfère avoir trop d'opportunités que pas du tout. L'an dernier je me suis retrouvé sans rien pour la première fois de ma carrière, et ce n'est vraiment pas drôle. J'ai galéré, passé des moments compliqués. Simon (Pagenaud) c'est une personne que j'apprécie énormément. Je l'ai rencontré l'an dernier quand j'étais aux Etats-Unis pour l'Indycar pour la première fois. On a bien parlé, et je l'ai recontacté parce que c'est un Français qui a une carrière exceptionnelle et qui connaît énormément de monde aux Etats-Unis. Il peut m'introduire un peu pour le futur là-bas. Il a aussi roulé pour Peugeot en Endurance, il a fait le podium aux 24 Heures du Mans. Il va pouvoir aussi m'aider sur cet aspect-là : que ce soit la préparation physique, mentale, comment agir dans certaines situations. Lui il les a toutes vécues, et si je peux éviter les erreurs qu'il a pu potentiellement faire - et il serait très heureux que je les évite - et que j'ai une carrière semblable à la sienne, ou mieux j'espère, ça serait encore mieux.
Entre Endurance et Indycar, même si on se doute de la réponse au vu du contexte, qu'est-ce que vous préférez pour l'instant ?
T.P. : Je suis très heureux avec Peugeot. Comme je l'ai dit plusieurs fois, Peugeot et le groupe Stellantis m'ont sauvé de peut-être une fin de ma carrière. Honnêtement, l'an dernier, je n'avais vraiment rien du tout et c'est très facile de se faire oublier dans ce monde. J'ai la chance d'avoir cette opportunité et j'en suis très reconnaissant. Mais je ne sais pas de quoi l'avenir est fait. Je donne tout avec Peugeot, je donne tout en LMP2, même lors de mes opportunités en Formule E avec le groupe Stellantis. Le WEC c'est un très beau championnat, ça devient incroyable. J'ai tellement apprécié la dernière course à Spa, il y a des bagarres tout le temps. Ça annonce des 24 Heures du Mans incroyables, peut-être les plus serrées de l'Histoire.
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Théo Pourchaire lors d'une course d'Indycar avec McLaren à Detroit, le 31 mai 2025
Crédit: Getty Images
Avec un tel CV, comme cela a pu être possible de se retrouver sans même une seule opportunité ?
T.P. : Déjà ce n'est pas le top ce qui s'est passé avec McLaren en Indycar malheureusement (il avait été remercié après 5 courses, NDLR). Il y a des circonstances que je comprends totalement, ils m'avaient donné une superbe opportunité et j'ai eu l'occasion de me montrer en Indycar grâce à eux. J'en suis reconnaissant. Mais aux yeux du monde du sport automobile, aux yeux des gens, ça ne donne pas une bonne image de moi. Même si je sais que ce n'est pas à cause de mes performances, et peut-être que dans le futur je viendrai à retravailler avec eux. Le fait de ne pas avoir eu d'opportunité, c'est vrai que pendant plusieurs mois, on rentre un peu dans un cercle vicieux et on se fait oublier. Ce n'est pas simple du tout, mais bon, j'ai eu cette chance avec Peugeot, et c'est une très belle opportunité donc je n'ai pas à rougir.
Vous allez rouler au Mans, la suite pourrait donc être les 500 miles d'Indianapolis, pour compléter votre petite triple couronne, il ne manquera plus que la F1 à Monaco. Et il parait justement que vous regardez avec attention le parcours de Franco Colapinto qui a aussi roulé avec APR en ELMS…
T.P. : C'est vrai qu'il a eu un parcours assez particulier. Il a roulé dans mon équipe en LMP2 et après il est allé en Formule 3, Formule 2. Il a aussi eu beaucoup de soutiens financiers pour arriver en Formule 1 aujourd'hui, donc ce n'est pas un parcours classique. Le parcours classique, pour aller en Formule 1, je l'avais fait. C'est la pyramide F4, F3, F2, où j'ai bien performé mais malheureusement je n'ai pas eu d'opportunité en F1. C'est comme ça. Je ne ferme pas la porte non plus, tout peut se passer. Mais je ne suis pas focus sur ça. Dans ma tête, ma triple couronne je peux la réussir : j'ai déjà gagné à Monaco en Formule 2, je peux gagner en Le Mans et Indianapolis. Et là je l'aurai ma triple couronne.
Franco Colapinto, c'est un pilote qui a le même âge que vous, un moins bon palmarès en formule de promotion et il a déjà eu deux opportunités différentes en Formule 1. Qu'est-ce que vous vous dites en voyant son parcours ?
T.P. : Je me dis que c'est comme ça. Les opportunités, il y en a qui arrivent à les avoir et d'autres non. De mon côté, je n'ai rien à regretter : aujourd'hui j'ai Peugeot qui a voulu m'avoir en tant que pilote de test. Je travaille avec l'équipe, je fais des essais, je fais du simulateur, c'est un constructeur qui compte beaucoup, c'est une équipe française. La Formule 1, c'est comme ça honnêtement on verra dans le futur.
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