Quel est votre favori pour le prochain Tour de France ?
Alberto Contador : Je dirais que trois coureurs semblent être favoris. Egan Bernal, Primoz Roglic et Tom Dumoulin seront candidats à la victoire finale cette année, même si nous savons tous que tout est possible dans une course comme celle-ci.

Quel coureur pourrait tirer son épingle du jeu cette année ?

A.C. : Je pense que beaucoup de coureurs arrivent au bon moment. Par exemple, Nairo Quintana effectue une très bonne saison tout comme Tadej Pogacar qui peut réaliser de grandes choses sur ce Tour de France. Avec ses qualités, Enric Mas peut aussi être un coureur phare de ce Tour de France, sans oublier Miguel Angel Lopez, bien sûr. Julian Alaphilippe est un autre grand nom qui peut effectuer de belles performances.
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Est-ce que le report du Tour de France à la fin de l'été, à cause de la pandémie de Covid-19, rend la course plus ouverte que d'habitude ?
A.C. : Je ne le pense pas, les équipes ont fait ce qu'elles avaient à faire. Jumbo Visma et INEOS devraient dominer les débats malgré le fait que d'autres grandes équipes aient progressé.
Vous voyez donc Jumbo Visma et Ineos comme les principaux favoris...
A.C. : Tout à fait. Et cela sera le cas pour de nombreuses autres courses cette année.
Une équipe qui aura au moins deux cas positifs au Covid-19 sera exclue. Est-ce cela pourrait perturber la préparation des différentes formations ?

A.C. : Je pense que cette règle ne va rien changer. Le Tour en lui-même sera très minutieux par rapport à tous les protocoles pour minimiser les risques de propagation du virus. Le but sera d'avoir une belle course cette année. S'il y avait un cas positif au Covid-19 au sein d'une équipe, il n'y aurait pas de surprise : il faudrait appliquer le protocole que nous connaissons tous.

Est-ce que les arrivées au sprint vont changer après l'accident qui s'est produit début août lors du Tour de Pologne entre Fabio Jakobsen et Dylan Groenewegen ? Les sprinteurs vont-ils faire plus attention ?
A.C. : Le sprint fait partie de ce sport. C'est une part vraiment importante du cyclisme même si les fans aiment beaucoup les étapes de montagne. Mais l'excitation que vous ressentez lors d'un sprint final est difficile à décrire. Ce sont même des moments qui vous marquent.
INEOS va se passer de Christopher Froome et Geraint Thomas pour cette édition. Est-ce une surprise ?
A.C. : C'est en effet une grosse surprise parce que ces deux coureurs ont déjà remporté le Tour de France. C'est d'autant plus une surprise quand on voit l'équipe que présente Jumbo Visma. Mais d'un autre côté, je peux aussi comprendre leur décision. Compte tenu du fait que Christopher Froome changera d'équipe l'année prochaine, je ne vois pas trop comment il aurait pu travailler pour Egan Bernal. En vérité, nous savons peu de choses par rapport à ce qui se passe en interne dans les équipes.

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Est-ce qu'INEOS a fait une erreur ?

A.C. : L'équipe a sûrement ses raisons pour avoir pris cette décision. L'an dernier, nous avions déjà vu des frictions entre Christopher Froome et Geraint Thomas, si on peut appeler ça comme ça. Je ne sais pas si cela a eu une influence sur la décision prise par INEOS. Cette décision a sûrement été prise pour le “bien-être” de l''équipe, afin qu'il y ait plus d'unité lors de ce Tour de France.

Astana a-t-elle effectué une erreur en ne sélectionnant pas Jakob Fuglsang pour le Tour de France ? Et est-ce que le Tour d'Italie est plus adapté pour le coureur danois ?

A.C. : Certaines équipes optent pour différentes alternatives selon le calendrier. Peut-être que pour Jakob, Astana a un autre objectif, comme se concentrer sur le Giro par exemple. Mais après sa grande performance lors du Criterium du Dauphiné, Miguel Angel Lopez sera à surveiller lors de ce Tour de France.
Que pensez-vous du retour de Bjarne Riis, dans ce Tour, avec sa nouvelle équipe NTT ?

A.C. : Son retour est positif pour tout le monde. C'est un manager qui a beaucoup compté pour moi. J'ai toujours une excellente relation avec lui. Bjarne, je ne peux que le remercier. C'est le genre de personne, qui quand elle rejoint une équipe, change sa mentalité. Il est respecté par tous les coureurs, par rapport à tout ce qu'il a accompli dans ce sport. Il a l'admiration et la reconnaissance de tous.

alberto contador

Crédit: Getty Images

Qu'est-ce qui a changé dans le cyclisme entre la période où vous dominiez le Tour et aujourd'hui ?
A.C. : La principale différence est que le modèle des cyclistes et de leurs équipes sont similaires. Tout comme la préparation et les rencontres de pré-saison. De plus, j'ai remarqué, par exemple lors du Criterium du Dauphiné, que la vitesse était vraiment élevée. C'est de plus en plus souvent le cas. Par ailleurs, la partie économique est plus importante aujourd'hui car les équipes sont en contact direct avec les entreprises et les sponsors. L'obligation de résultat met plus de pression sur les coureurs.
Quels sont vos meilleurs souvenirs lors de ce Tour de France ?
A.C. : Je dirais la victoire au Plateau de Beille (en 2007). Je m'en rappelle encore très bien car c'est à partir de ce moment-là que ma carrière a décollé. Donc oui, ça reste un de mes meilleurs souvenirs, si ce n'est le meilleur.
Qu'est-ce qui rend le Tour de France si spécial ?
A.C. : C'est tout simplement une course unique. Quand les équipes parlent des victoires qui les ont marquées, 80% proviennent du Tour de France. Les autres courses comme le Giro ou la Vuelta sont également très importantes mais le Tour de France est largement au dessus du reste.
Enfin, quel sera l'impact de la pandémie de coronavirus, non seulement sur le Tour, mais aussi sur les équipes professionnelles ?
A.C. : Je pense que les équipes cyclistes seront capables de s'en sortir. Malgré la pandémie de coronavirus, certaines formations décident chaque année de ne pas poursuivre. La crise sanitaire a cependant eu un impact sur les revenus des coureurs ou de leur staff. Mais les équipes qui luttent pour remporter les grandes courses sont moins impactées.
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